Les pharmaciens plus fautifs que les vétérinaires

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Publié le 19 février 2011
Par Francois Pouzaud
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Un rapport d’enquête de la DGCCRF et de la DGAL* est accablant pour la pharmacie : 77 officines (sur 88 contrôlées) et 4 cabinets vétérinaires (sur 22) ont été épinglés pour avoir délivré du Ventipulmin (clenbutérol), un médicament vétérinaire dont l’usage est détourné dans certains milieux du culturisme et par certains adolescents pour perdre du poids. Les pharmaciens fautifs l’ont délivré en toute connaissance de cause, sur la base de prescriptions frauduleuses ou d’« ordonnances-alibis » émanant de vétérinaires fictifs ou étrangers mal ou non identifiés, ou encore de professionnels de santé non habilités à prescrire. Les contrôleurs ont aussi constaté de nombreux défauts d’enregistrement à l’ordonnancier.

Une molécule pourtant très peu délivrée

Les pharmaciens fraudeurs étaient incapables de prouver que les acquéreurs avaient une ordonnance rédigée par un vétérinaire, et leur niveau de connaissance des médicaments vétérinaires laissait à désirer. Plusieurs n’ont pu citer spontanément le principe actif de cette spécialité équine classée comme dopant, ou encore ont reconnu l’ignorer. En comparaison, les infractions commises par les vétérinaires sont beaucoup plus légères : ils délivraient ce médicament sans rédiger d’ordonnance ou sans examen de l’animal, mais aucun détournement d’usage n’a été démontré.

* Direction générale de l’alimentation

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