Les photoprotecteurs externes

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Publié le 19 mai 2012
Par Nathalie Belin
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Qu’est-ce que c’est ?

• Les photoprotecteurs entrent dans la composition des produits de protection solaire. La liste de ceux autorisés et leur concentration est régie par une directive européenne. Leur nombre est de 27 : 26 filtres organiques et 1 écran minéral.

• La photoprotection est utile à la prévention du vieillissement cutané, des coups de soleil et des cancers cutanés. Toutefois l’effet préventif des photoprotecteurs externes n’a pas été démontré pour tous les cancers cutanés, notamment pour le mélanome.

• La meilleure protection contre le soleil reste la protection vestimentaire.

Comment agissent-ils ?

• Les filtres organiques (ou filtres chimiques) sont des molécules réactives qui absorbent les UV. Ils se distinguent par leur spectre d’action : anti-UVA, anti-UVB ou couvrant en partie les UVA et UVB. Le Tinosorb-M est classé à part : cette molécule photostable possède un poids moléculaire élevé et ne pénètre pas à travers la peau.

• Les écrans minéraux sont des molécules inertes qui réfléchissent les UV : le dioxyde de titane (titanium dioxide) est le seul écran minéral reconnu photoprotecteur. L’oxyde de zinc n’est pas inscrit sur la liste des photoprotecteurs autorisés.

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Pourquoi les associer ?

• Pour satisfaire à des critères de spectre d’action (couverture UVB et UVA dans des proportions définies) et de facteur de protection solaire (SPF).

• Certains photoprotecteurs sont aussi utilisés pour stabiliser les autres.

Quels sont leurs inconvénients ?

• Réactions allergiques

– Les filtres chimiques (hormis le Tinosorb-M qui bénéficie d’une bonne tolérance) peuvent être responsables de réactions allergiques. Aucun cas n’a été rapporté avec les filtres minéraux. Beaucoup de photoprotecteurs ont ainsi été retirés du marché, dont le PABA (acide para-aminobenzoïque) en 2009.

– L’oxybenzone (ou benzophénone 3) et l’octocrylène peuvent être à l’origine d’eczémas ou de réactions à type d’urticaires photoaggravées ou photodéclenchées par le soleil. Des allergies croisées sont possibles entre l’oxybenzone et le kétoprofène (noyau benzophénone commun). Chez les adultes photoallergiques à l’octocrylène, les antécédents de photoallergie au kétoprofène sont fréquents.

– Les autres filtres le plus souvent impliqués dans des réactions allergiques sont le butylméthoxydibenzoyl-méthane (Avobenzone ou Parsol 1789), l’octocrylène (Uvinul N 539) et, moins souvent, les cinnamates.

• Perturbations endocriniennes : certains filtres chimiques, dont l’oxybenzone, sont suspectés d’être perturbateurs endocriniens. L’ANSM (ex-Afssaps) recommande aux fabricants de limiter la concentration de l’oxybenzone dans les produits solaires.

• Nanoparticules : les filtres minéraux sont utilisés le plus souvent sous forme de nanoparticules (pour éviter le film blanc lié à leur fort pouvoir couvrant) qui pourraient éventuellement traverser la peau du fait de leur petite taille. L’ANSM recommande de ne pas appliquer ces produits sur une peau lésée ou à la suite d’érythèmes solaires. Elle recommande de ne pas vaporiser sur le visage et/ou dans une pièce fermée ces formules conditionnées en spray aérosol.

• Législation : la mention « contient de l’oxybenzone » doit figurer en clair sur l’emballage du produit solaire qui en contient. A partir de 2013, les fabricants auront en plus l’obligation d’indiquer la présence de nanoparticules.

CE QU’IL FAUT RETENIR

• Les patients ayant un antécédent d’intolérance à un gel de kétoprofène doivent éviter les solaires renfermant de l’oxybenzone ou de l’octocrylène.

• Les écrans minéraux sont à l’heure actuelle considérés comme les plus adaptés pour les enfants, les femmes enceintes, les peaux réactives ou intolérantes aux filtres chimiques, les peaux pathologiques en général.

• Faute de données, ceux renfermant des nanoparticules sont à éviter sur une peau lésée ou en pulvérisation à proximité du visage.

Sources : Martine Avenel-Audran, « Produits de protection solaire : quel risque allergique ? », Nouv. Dermatol., vol 30, n° 6 du 6.1.2011 ; Martine Avenel-Audran, « Les filtres solaires, toxiques ou bénéfiques ? », Nouv. Dermatol., vol 29, n° 4 du 1.4.2010 ; J.-P. Marty, « Les photoprotecteurs externes, une classe d’actifs en constante innovation », Nouv. Dermatol., 2008 ; 27 : 1-12 ; « Recommandations relatives à l’utilisation des nanoparticules de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc en tant que filtres ultraviolets dans les produits cosmétiques », Afssaps, 14.6.2011 ; « Avis relatif à l’utilisation de la benzophénone 3 dans les produits cosmétiques de protection solaire », Afssaps, 8.7.2011.