Réduire la fièvre en cas de grippe augmente-t-il l’ampleur de l’épidémie ?

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Publié le 22 février 2014
Par Yolande Gauthier et Nathalie Belin
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La fièvre est-elle utile ou nuisible au malade grippé ? C’est une question aussi ancienne que la médecine. Des mathématiciens canadiens ont eu l’idée d’élargir le problème en évaluant l’incidence possible de la baisse de la température sur l’ensemble de la population. Ils sont partis des faits suivants :

– chez les furets infectés par la grippe, cette baisse augmente l’excrétion virale dans l’air qu’ils expirent ;

– chez des humains infectés par du rhinovirus, l’excrétion virale est augmentée après prise d’antipyrétiques ;

– chez les enfants atteints par la varicelle, la période contagieuse dure plus longtemps en cas de prise de salicylés ;

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– certaines cytokines thermosensibles diminuent la dissémination virale ; en faisant baisser la température, on freine probablement leur action.

Les chercheurs ont calculé l’incidence possible de la consommation d’antipyrétiques sur la charge virale des patients infectés, puis leur contagiosité et la propagation épidémique.

Cette série d’estimations intéressantes, bien que très hypothétiques, aboutit à une (modeste) augmentation de 1 % à 5 % du nombre des cas de grippe en cas de consommation massive d’antipyrétiques. Ce travail repose sur une cascade de suppositions.

Purement spéculatif, il ne constitue bien sûr en rien une preuve, mais une piste de réflexion.