Voyageurs : qui a besoin d’une chimioprophylaxie antipaludique ?

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Voyageurs : qui a besoin d’une chimioprophylaxie antipaludique ?

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Publié le 25 juillet 2023
Par Marianne Maugez
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Période estivale oblige, nous vous proposons un rendez-vous journalier autour des recommandations sanitaires pour les voyageurs. Focus sur les moyens de prévention à mettre en place pour limiter les risques d’infection par Plasmodium falciparum.

Le plasmodium, parasite responsable du paludisme, se transmet par piqûre d’un moustique femelle du genre Anophèle, lui-même infecté après avoir piqué une personne malade. La prévention du paludisme, pour tous les voyageurs se rendant dans une zone endémique (Afrique subsaharienne principalement, zones humides d’Amérique latine et d’Asie dans une moindre mesure) repose en grande partie sur la protection contre les insectes piqueurs ou protection personnelle antivectorielle (PPAV). La chimioprophylaxie antipaludique est une mesure complémentaire indispensable dans les situations à risque modéré ou élevé de paludisme. La mesure du risque prend en compte plusieurs facteurs tels que le profil des voyageurs, la destination (le continent visité, l’altitude du lieu de résidence), la durée du séjour, la saison (le risque de paludisme est plus élevé en saison des pluies) et la nature de l’hébergement (zone rurale ou urbaine).

Ainsi, selon le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) :

– la chimioprophylaxie par atovaquone-proguanil ou doxycycline est recommandée pour tous les voyageurs se rendant dans un pays d’Afrique subsaharienne;

– la chimioprophylaxie n’est pas recommandée pour les voyageurs touristiques et professionnels « conventionnels » (séjours de moins d’un mois dans des hébergements favorables sans nuitée en zone rurale) en Asie et en Amérique tropicale, à condition d’appliquer les mesures de protection antivectorielle individuelle ;

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– la prise d’un traitement prophylactique pour les séjours « non conventionnels » (séjour long, randonneurs, professionnels exposés en zone rurale, militaires, etc.) dans ces mêmes destinations reste soumise à l’appréciation d’un d’expert.

Le HCSP rappelle que le respect de ces recommandations ne garantit pas une protection absolue et que pour cette raison  toute fièvre survenant au cours ou dans les 3 mois suivant le retour de zone endémique palustre, quels que soit les symptômes associés, doit être considérée a priori comme pouvant être un paludisme et nécessite une consultation en urgence.

Dans notre prochain rendez-vous, nous démêlerons le vrai du faux parmi les informations qui circulent sur une plante à laquelle on prête des vertus antipaludiques, l’Artemisia.