Des nanoparticules contre le cancer

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Publié le 9 mai 2015
Par Myriem Lahidely
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Des chercheurs du CNRS de Montpellier sont parvenus à faire régresser des tumeurs xénogreffes* chez des souris nude (sans poils du fait d’une mutation génétique) grâce aux nanoparticules. « Leur structure en nid-d’abeilles permet de recevoir beaucoup de choses, notamment des médicaments pour une chimio », explique la chercheuse Magali Gary-Bobo. Le laboratoire installé à l’institut des biomolécules Max-Mousseron de la faculté de pharmacie a été en 2011 le premier, en collaboration avec deux instituts, à obtenir une réduction de 70 % des tumeurs par une seule injection de nanoparticules en solution dans du sérum physiologique. « Ces particules ultrafines sont enrobées d’une molécule qui cible exactement la tumeur. Elles sont irradiées au laser plusieurs minutes, générant des radicaux libres toxiques qui entraînent la mort des cellules cancéreuses » précise la scientifique. Leur découverte, brevetée et publiée, traiterait des cancers solides de petite taille, du sein ou de la prostate par exemple, mais pas les cancers diffus. Les nanoparticules utilisées « sont constituées de silice, biocompatible et biodégradable en quelques heures », assure la chercheuse. « Fin octobre, Google X, qui dévoilait son projet de pilules aux nanoparticules pour détecter les cancers, parlait de révolution et de science-fiction. Pour nous qui y travaillons depuis 2007, c’est une réalité depuis trois ans. » Le laboratoire qui a déjà les preuves de concept sur les souris, cherche les fonds pour les études précliniques, espérant une phase clinique en 2020. « Le projet de Google sera peut-être le moyen pour les laboratoires encore frileux en matière de nanoparticules de changer d’avis. »

* La tumeur est générée par des cellules cancéreuses humaines injectées aux souris.

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