Le diabète gestationnel

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Publié le 16 mai 2015
Par Nathalie Belin
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La prévalence du diabète gestationnel, estimé à 3-4 %, tend à augmenter. Son dépistage et sa prise en charge sont bien codifiés.

De quoi s’agit-il ?

Le diabète gestationnel est défini par l’OMS comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie, débutant ou diagnostiqué pour la première fois au cours de la grossesse.

Peuvent être dépistés :

– un diabète patent, de type 2, préexistant mais méconnu et qui persistera après l’accouchement ;

– une anomalie de la tolérance glucidique apparaissant généralement en deuxième partie de grossesse et disparaissant en post-partum. C’est un diabète gestationnel à proprement parler.

Quelles sont les conséquences ?

• Pour la mère : risque accru de prééclampsie et de césarienne corrélé au degré de l’hyperglycémie initiale ; risque augmenté (persiste au moins vingt-cinq ans) de développer un diabète gestationnel lors d’une prochaine grossesse et un diabète de type 2.

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• Pour l’enfant : macrosomie et hypoglycémie néonatale par augmentation de la sécrétion insulinique fœtale suite au déséquilibre glycémique maternel. À long terme, risque modéré de complications métaboliques.

Qui et comment dépister ?

• Le dépistage, ciblé, est recommandé en présence de facteurs de risque (voir schéma).

• En préconceptionnel ou au 1er trimestre de la grossesse : réalisation d’une glycémie veineuse à jeun permettant de dépister un diabète de type 2 méconnu ou un diabète gestationnel. Chez les femmes non dépistées ou chez celles dont la glycémie était normale : réalisation d’un test d’hyperglycémie provoqué (ingestion de 75 g de glucose par voie orale) entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée (SA).

Quelle est la prise en charge ?

• Mesures hygiénodiététiques : restriction calorique si obésité sans être inférieure à 1 600 kcal/jour et activité physique régulière en l’absence de contre-indication (30 mn, 3 à 5 fois par semaine) associées à l’autosurveillance glycémique (au moins une fois à jeun et 2 heures après les repas).

• Insulinothérapie : indiquée après 7 à 10 jours de mesures hygiénodiététiques si les objectifs ne sont pas atteints. Sont principalement utilisées des insulines analogues rapides (asparte et lispro). Si une insuline d’action lente est nécessaire, l’insuline NPH est privilégiée mais les analogues lents peuvent être utilisés.

Quel est le suivi ?

• Grossesse et accouchement : suivi identique à une grossesse classique si le diabète est bien équilibré, sans retentissement fœtal. Sinon, suivi rapproché et accouchement provoqué. Si découverte d’un diabète de type 2 : surveillance fœtale renforcée à partir de la 32 SA.

• Post-partum : vérification de la normalisation de la glycémie en post-partum, contraception adaptée (microprogestatifs, DIU) si autres facteurs de risque cardiovasculaire associés, dépistage d’un diabète de type 2 tous les 1 à 3 ans pendant au moins vingt-cinq ans et avant une nouvelle grossesse.

Sources : « Le diabète gestationnel », recommandations pour la pratique clinique CNGOF 2010 ; Stratégie médicamenteuse du contrôle glycémique du diabète de type 2, HAS, janvier 2013.

À DIRE AUX PATIENTES

• Le diabète gestationnel n’expose pas à un risque de complications particulier au cours de la grossesse si les objectifs glycémiques sont atteints.

• Il disparaît après l’accouchement mais peut récidiver lors d’une prochaine grossesse. Il expose à un risque de diabète de type 2 au long cours ce qui nécessite une surveillance régulière.