Comment peut s’expliquer l’hypersexualisation des jeunes enfants ?

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Publié le 5 septembre 2015
Par Myriem Lahidely
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Nous vivons dans un environnement envahi de perturbateurs endocriniens. Nous les ingérons, nous les buvons, les respirons de manière chronique… Or leur activité œstrogénomimétique est clairement établie. Chez les garçons, ces perturbateurs, antiandrogènes, s’opposent à la production des hormones mâles. Chez les filles, ils accélèrent le phénomène d’œstrogénisation et de féminisation. On voit ainsi augmenter considérablementla fréquence des précocités pubertaires, notamment chez des petites filles de 6 à 8 ans. Près de dix fois plus qu’il y a vingt ans. Cette hyperœstrogénisation a un impact énorme, particulièrement sur les troubles du comportement, car ces filles dans un corps de femme avec une tête d’enfant gèrent parfois mal le décalage. Plusieurs études américaines ont montré qu’elles s’exposent à des risques importants : par exemple l’usage de drogues de plus en plus tôt lié à un trouble de l’image corporelle, l’entrée en sexualité précoce ou encore les grossesses à l’adolescence. Nous sommes devant un problème de société très important, à la fois médical, psychologique et de santé publique. Cette entrée précoce en puberté compte beaucoup dans les facteurs de risque du cancer du sein chez les femmes de 40 ans notamment. Une glande stimulée trop tôt et trop fort favorise ce cancer, dont la prévalence chez les quadragénaires a augmenté de 100 % en une quinzaine d’années.

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