- Accueil ›
- Conseils ›
- Pathologies ›
- Diabète : bien accompagner le patient à l’officine
© Getty Images
Diabète : bien accompagner le patient à l’officine
L’autosurveillance glycémique (ASG) s’inscrit dans une démarche d’éducation thérapeutique pour repérer une dérive glycémique – épisodes répétés d’hypo- ou d’hyperglycémies – et adapter en conséquence le traitement.
Elle complète mais ne remplace pas les mesures en laboratoire : la mesure de l’hémoglobine glyquée (HbA1c), qui reflète l’équilibre moyen des glycémies, est recommandée au moins tous les 3 mois. Une mesure de la glycémie dans le plasma veineux peut être indiquée ponctuellement pour contrôler la qualité des mesures à domicile.
Diabète : l’accompagnement, pour qui et à quel rythme ?
L’ASG n’a d’intérêt que si elle est susceptible d’entrainer une adaptation du traitement. Elle est systématique et pluriquotidienne en cas de diabète de type 1 ou de diabète gestationnel (voir encadré).
Dans le diabète de type 2, son recours est ciblé : 2 à 4 mesures par jour quand une insulinothérapie est en cours ou prévue ; 2 fois par semaine à 2 fois par jour pour les patients sous insulinosécréteurs (sulfamides, glinides) lorsque des hypoglycémies sont soupçonnées, ou pour ceux chez qui les objectifs glycémiques ne sont pas atteints
En pratique : l’ASG accompagne les mesures diététiques et d’activité physique adaptées.
Deux méthodes de contrôle du diabète
La mesure de la glycémie capillaire nécessite de recueillir une goutte de sang au bout du doigt via un autopiqueur et une lancette. Le sang est déposé sur une bandelette couplée au lecteur qui donne le résultat en mg/dL ou mmol/dL. Les lecteurs proposent diverses fonctionnalités : Accu-Chek Mobile embarque un autopiqueur et une cassette de 50 mesures, Freestyle Papillon Vision ou MyLife Aveo sont simples d’utilisation avec de grands caractères, Contour Next positionne les résultats par rapport à l’intervalle cible individuel, One Touch Verio Reflect a une fonction Coach de glycémie, le lecteur Autosense Voice est « parlant »… La majorité permettent le transfert des données vers une application mobile.
En pratique : masser le doigt avant, piquer sur le bord, changer de doigt à chaque mesure.
La mesure en continu du glucose (MCG) au niveau du liquide interstitiel est de plus en plus plébiscitée : un capteur cutané mesure le glucose par réaction électro-enzymatique et le transmet à intervalle régulier au récepteur (lecteur, smartphone, pompe à insuline…). Les applications mobiles permettent d’intégrer les mesures à des courbes de suivi, de détecter précocement une dérive glycémique et d’en alerter le patient. Parmi les dispositifs disponibles : systèmes flash Freestyle Libre 2 et 2 Plus, Freestyle Libre 3 (capteur plus petit et sans scan), Dexcom G6 ou Dexcom One+ (avec différents types de fonction d’alerte aidant à la gestion des hyperglycémies), Medtronic Guardian 4… Dernier venu, le Freestyle Libre Select a une durée de port de 15 jours, une portée du capteur à 10 mètres et ne nécessite pas de scan.
En pratique : le couplage capteur/transmetteur, étanche, se place sur le bras, l’abdomen ou le haut des fesses pendant 7 jours à 15 jours selon modèles. Les capteurs usagés doivent être collectés dans une boite de déchets d’activité de soins à risques infectieux électroniques (e-DASRI), hormis les capteurs Freestyle Libre, récupérés par le laboratoire.
Quelle prise en charge ?
Un lecteur de glycémie capillaire est remboursé tous les 4 ans chez l’adulte, 2 chez les moins de 18 ans. Chez le patient diabétique de type 2 traité par insuline : limitation à 200 par an.
Les dispositifs de MCG, selon modèles, sont pris en charge sous conditions d’âge, de thérapeutique et/ou d’équilibre glycémique. La prescription initiale peut être réservée à un spécialiste et le nombre de capteurs pris en charge annuellement est limité.
Zoom sur le diabète gestationnel
Liée à une insulino-résistance non compensée par la sécrétion d’insuline, le diabète gestationnel concerne plus de 16 % des femmes enceintes.
- Quels risques ?
- Pour la mère : prééclampsie, accouchement par césarienne.
- Pour l’enfant : poids excessif, détresse respiratoire, dystocie des épaules, hypoglycémie natale, prématurité, risque de diabète de type 2 plus tard.
- Quelle prise en charge ? En première intention, mesures diététiques et activité physique en parallèle de l’ASG. Si c’est insuffisant, une insulinothérapie est indiquée.
- Quelles précautions ? Sur peau propre, peu exposée aux frottements, sèche et sans cosmétiques. Il est possible si besoin d’optimiser la fixation par un sparadrap ou une protection spécifique (ex : marque Capteur Protect).
- Quelle ASG ? Au moins 4 mesures quotidiennes avec un objectif de glycémie < 95 mg/dL à jeun et < 120 mg/dL en post-prandial. L’ASG est maintenue durant toute la grossesse, en post-partum immédiat puis la glycémie est surveillée régulièrement (risque de diabète de type 2 jusqu’à 7 fois supérieur2).
Sources : Fédération française des diabétiques, ameli.fr.
- Comptoir officinal : optimiser l’espace sans sacrifier la relation patient
- Reishi, shiitaké, maitaké : la poussée des champignons médicinaux
- Budget de la sécu 2026 : quelles mesures concernent les pharmaciens ?
- Cancers féminins : des voies de traitements prometteuses
- Vitamine A Blache 15 000 UI/g : un remplaçant pour Vitamine A Dulcis