Pris en grippe

Réservé aux abonnés
Publié le 2 novembre 2019 | modifié le 8 septembre 2025
Par Laurent Lefort
Mettre en favori

On prend les mêmes (classes) et on recommence. « Combien d’effets indésirables « graves » et de décès va-t-on devoir attendre avant de prendre la vraie décision qui s’impose : la prescription médicale obligatoire ? », s’interroge le service de pharmacologie clinique du CHU de Toulouse à propos des vasoconstricteurs décongestionnants par voie orale indiqués dans le traitement du rhume. Dans leur dernier Bulletin d’informations de pharmacologie d’Occitanie (Bip 31), les pharmacologues se sont en effet livrés à une « énième » analyse de la base nationale de pharmacovigilance entre 2012 et 2018 concernant les voies orale et nasale. Et ont retrouvé 258 cas graves d’effets indésirables parmi lesquels, excusez du peu, 4 décès. Etude après étude, il semble qu’il ne faille plus s’acharner à réserver à la pseudoéphédrine une place de choix dans les rayons du conseil. Ni à s’attacher à cette molécule d’ailleurs. Remplacer les formules vasoconstrictrices par les dispositifs médicaux à base d’huiles essentielles ? Ce n’est pas pour autant la garantie d’une tolérance et d’une sécurité optimales. Alors, en attendant un hypothétique avis tranché des autorités (les premières alertes de pharmacovigilance remontent tout de même à 2001), il reste au pharmacien que vous êtes à faire ce que justement vous savez le mieux faire : demeurer en toutes circonstances le spécialiste du médicament. En luttant contre le mésusage (pas de prise au-delà de 5 jours), en traquant les associations de 2 vasoconstricteurs, en disant non en cas d’hypertension artérielle, de maladies coronariennes ou de facteurs de risque cardiovasculaire. Bref, mieux vaut avoir du nez.

Publicité