Cyb ère

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Publié le 8 novembre 2019
Par Laurent Lefort
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Ils veulent nous soigner. A tout prix. Google a réussi à mettre la bague au doigt au spécialiste des bracelets connectés Fitbit. La dot de mariage avait de quoi faire fondre : 1,9 milliard d’euros. Facebook lance une appli santé de prévention avec une orientation vers tel ou tel examen biologique ou radiologique. Pourquoi les Gafam font-ils preuve de tant d’altruisme ? Le diagnostic est somme toute aisé : le cabinet de consultants Frost & Sullivan a estimé à 234,5 milliards de dollars la valeur du marché mondial de la santé numérique d’ici 2023, soit une hausse de près de 160 % par rapport à 2019. Cette hausse est notamment portée par le développement du suivi médical à distance et des objets connectés de santé. Et les digital therapeutics, c’est-à-dire les outils numériques délivrés sur ordonnance, pourraient connaître un taux de croissance annuelle moyen de 30,7 % d’ici 2023. Le secteur médical a bien compris qu’il aura à faire face au défi de la cybersécurité. Le sujet n’est plus conceptuel. Un dossier médical s’échange à 350 € sur le marché noir. La somme peut paraître faible mais elle est près de 3 fois plus élevée que pour n’importe quel autre document selon les experts. Le sujet a dépassé depuis longtemps le stade de l’anecdote : le monde hospitalier subit 1 à 2 attaques par semaine. Jusqu’en 2017, c’était 1 à 2 par mois. Cette description pourrait n’être qu’anxiogène, sauf à y voir une opportunité contraire. « La sécurité passe par l’humain », prône Bertrand Trastour, responsable des activités BtoB (business to business) de l’éditeur de logiciels antivirus Kaspersky. Ce qui signifie que, là comme ailleurs, le professionnel suffisamment sensibilisé et correctement formé gardera le pouvoir.

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