« Mesoigner.fr automatise ce qui n’a pas de valeur ajoutée »

Réservé aux abonnés
Publié le 23 mai 2020
Par Matthieu Vandendriessche
Mettre en favori

Mesoigner.fr propose un outil de prise en main des entretiens pharmaceutiques et des bilans de médication. Avec ses limites et ses développements. Explications d’Amaury de Chalain, cofondateur de la start-up.

Pour relancer les bilans partagés de médication, l’une des solutions identifiées est d’intégrer les plateformes de suivi, comme la vôtre, aux logiciels métier des officines. Où en est-on de cette intégration ?

Ce n’est pas très avancé car il est difficile de convaincre les éditeurs de logiciels de jouer la carte de la complémentarité. Faudrait-il les y contraindre ? Les pharmaciens demandent cette évolution. A ce stade, les fonctionnalités des logiciels métier concernant les bilans et entretiens pharmaceutiques se limitent à une extraction des patients éligibles et à une relance des entretiens. Notre solution va plus loin en facilitant la prise en main de ces entretiens et en automatisant ce qui n’a pas de valeur ajoutée. Le système étant relié aux agendas personnels des patients, ils peuvent, par exemple, sélectionner le type de suivi et le collaborateur de l’officine avec lequel ils souhaitent prendre rendez-vous. Pour chaque patient, un code QR est édité et fixé sur la carte Vitale. En le flashant au comptoir, tous les types de suivi menés par l’officine apparaissent. Chaque membre de l’équipe est ainsi informé des actions en cours. Nos atouts sont donc l’organisation, l’aide au recrutement des patients, le gain de temps, la personnalisation des outils ainsi que la flexibilité au regard de l’évolution de ces suivis. De plus, nous sommes implantés dans environ 900 officines en direct et 2 000 par le biais de leurs groupements.

Quels sont alors vos axes de développement ?

Nous avons finalisé l’intégration de notre plateforme au dossier médical partagé (DMP). La procédure d’homologation, qui a pris plus d’un an, a nécessité de construire un logiciel spécifique. C’est un préalable au partage d’informations liées aux différents entretiens pharmaceutiques que nous développons. Notre homologation permet de créer un DMP, d’y ajouter des informations et de le consulter. En pratique, le patient remplit un questionnaire préalable à l’entretien. Un algorithme permet de pointer des problématiques récurrentes et de prérédiger une synthèse qui sera approfondie par le pharmacien. Cette synthèse est transmise via le DMP au patient et au médecin. Par nature, le bilan de médication tient compte du vécu du patient. Si le plan de prise et le courrier au prescripteur sont standardisés, certaines données non-automatisées pourront aussi enrichir le DMP.

Quels autres entretiens proposez-vous ?

D’ici un an, nous serons en mesure de proposer a minima tous les entretiens pris en charge. A ce jour, nous venons d’achever la mise en place d’un suivi diététique à la demande de clients pharmaciens. La porte d’entrée pour recruter, c’est le calcul de l’indice de masse corporelle. A partir de réponses à certaines questions, l’algorithme génère des éléments de conseil, un schéma d’analyse pour le pharmacien et une proposition de produits. Le suivi est automatisé. La personne reçoit tous les jours un lien de l’officine pour savoir comment mieux se nourrir. Pour la suite à donner à cette démarche, tout va dépendre de l’implication du pharmacien, qui peut aller plus loin s’il a une formation en nutrition, et de la personne suivie, qui peut choisir de bénéficier de un à cinq rendez-vous. Le suivi peut se faire à distance selon que la personne veuille ou non se déplacer.

Publicité