Itinéraire d’un dispositif gâté

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Publié le 11 septembre 2021
Par Laurent Lefort
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Je teste, tu testes, il teste… testerons-nous demain ? Le déremboursement des tests antigéniques Covid-19 ne faisant pas l’objet d’une prescription médicale interviendra le 15 octobre. A priori, cela devrait générer des économies. Cela pourrait aussi décourager des patients cas contact ou symptomatiques de se faire tester, avec à la clé une nouvelle flambée de foyers infectieux. Un risque que n’écarte pas le ministère de la Santé, lequel s’apprête à fixer une nouvelle règle du jeu. Oui mais laquelle ? Une prescription médicale sera-t-elle exclusivement requise pour obtenir la prise en charge ? Vraisemblablement pas. Argument officiel : il ne faut pas emboliser les cabinets médicaux. Interprétation officieuse : cela ne générerait aucun gain financier pour l’Assurance maladie conduite à rembourser la consultation et le test. Les pharmaciens deviendront-ils prescripteurs ? Si tel est le cas, il leur faudra être intransigeants sur les causes d’un refus de dépistage ou de prise en charge, enfiler un imperméable par-dessus leur blouse pour se transformer en détective traquant les faux symptômes. Et pour les malades imaginaires qui seraient malgré tout tentés, le ministère pourrait se montrer pragmatique. Si le patient est vacciné et symptomatique, le test destiné à lever (ou pas) le doute sur sa contamination sera remboursé. Si ce patient est symptomatique et non vacciné ? Il aura bien son test à l’œil, mais avec le QR Code édité, les sorties lui passeront sous le nez. Moralité : s’il est négatif, pour sortir il lui faudra bel et bien les sortir, ses sous.

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