Mirena : effets indésirables et médecins pointés du doigt

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Publié le 19 mai 2017
Par Anne Drouadaine
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L’affaire Mirena a émergé sur les réseaux sociaux il y a plusieurs mois, avec deux groupes Facebook qui rassemblent désormais plus de 10 000 plaignantes. La survenue d’effets indésirables très gênants avec le dispositif intra-utérin Mirena y est dénoncée : migraines intenses, absence de libido, crises d’angoisse, vertiges importants… Au-delà de ces effets, c’est le manque d’informations et d’empathie de la part des gynécologues qui est décrié.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a constaté ces derniers jours une augmentation des déclarations d’effets indésirables susceptibles d’être liés au stérilet Mirena.

Contacté, le laboratoire Bayer a indiqué que « la sécurité des patientes était sa première priorité », et a rappelé que le profil bénéfice/risque favorable du dispositif avait été confirmé en 2015 par l’Agence européenne du médicament. De nouveaux effets indésirables (anxiété, vertiges, fatigue, irritabilité) ont été rapportés au niveau européen et sont en cours d’évaluation.

Interrogé par l’APM, le Pr Bernard Hédon (CHU de Montpellier), président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) de 2013 à 2016, a souligné qu’il n’y avait pas « d’effet de surprise » dans cette affaire. Il évoque plutôt une « polémique récurrente sur le manque d’informations, l’accueil d’une plainte que le gynécologue ne comprend pas. Des médecins font leur travail, d’autres non. Ce n’est pas spécifique à Mirena ». Le CNGOF a également réagi dans un communiqué : « Les réseaux sociaux se sont faits une spécialité de dénigrer et d’accuser assez systématiquement notre profession. Regrettons-le, mais soyons vigilants avec nos patientes en privilégiant l’écoute, l’empathie et la compréhension ». Il invite les gynécologues à remplir de façon systématique, en cas de signalement, une fiche de pharmacovigilance afin de quantifier la fréquence des effets éventuels.

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Au comptoir, une suspicion d’effet indésirable lié à un médicament (Mirena ou autre) doit toujours être prise en compte et faire l’objet d’une déclaration.§