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Les SHA, toxiques chez les enfants ?
Les ventes de solutés hydroalcooliques ont connu un boom sans précédent. Du coup, des voix commencent à s’élever, du côté même des fabricants, pour mettre en garde contre une toxicité éventuelle chez les enfants.
Des bleus, des roses, des parfumés… Utiles et inoffensifs les SHA (solutés hydroalcooliques) ? Pas tant que cela, à en croire ce qui s’est dit – par les fabricants eux-mêmes ! – au cours de la conférence d’introduction au colloque Pandémie du 22 octobre dernier à Paris. Ainsi, le passage transcutané et respiratoire de l’alcool contenu dans les SHA pourrait poser problème. Certes, comme l’a rappelé Jacques Criquelion, directeur scientifique au laboratoire Anios, un des fabricants de SHA, ces derniers « ont prouvé en 2000, d’après une étude parue dans le » Lancet « , leur rôle dans la lutte contre les infections nosocomiales et leur efficacité sur les bactéries, les levures, les moisissures et les virus ».
Une toxicité modérée mais pas inexistante
Certes, les SHA évitent également la déshydratation progressive de la peau communément observée avec le tandem savon et eau. Mais, c’est bien connu, toute médaille a son revers. Olivier Cottron, le pharmacien responsable de Phagogène, autre fabricant de gels pour la désinfection des mains, a évoqué la toxicité de ces produits, encore relative mais déjà douteuse. Des travaux ont commencé depuis un peu moins d’un an au CHU de Nancy afin de mieux mesurer la toxicité potentielle par voie transcutanée et respiratoire. Une étude clinique datant de 2007 a déjà mesuré le passage transcutané des SHA, d’une part chez les professionnels de santé qui cumulent 30 à 80 utilisations quotidiennes, d’autre part chez le commun des mortels qui ne se « tartine » les mains que 5 à 10 fois par jour. Dans tous les cas, le passage de l’alcool dans le sang reste modéré. Modéré, mais pas inexistant. C’est peut-être là que le bât blesse : Olivier Cottron a déclaré que l’utilisation des SHA devait être évitée pendant la grossesse, racontant d’ailleurs que, dans certains hôpitaux, on demandait aux collaboratrices enceintes de changer de service ou de passer au savon et à l’eau… « Nos produits sont également déconseillés chez le nourrisson et même, en Allemagne, chez les moins de 12 ans ! » Une pédiatre présente dans la salle s’est d’ailleurs inquiétée des risques d’utilisation des SHA comme drogue (sniff) chez les adolescents…
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