Les génériques des antiépileptiques créent à nouveau la polémique

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Publié le 23 février 2008
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Les génériques des antiépileptiques sont à nouveau sur la sellette. Ils ont été suspectés d’avoir entraîné le décès de deux patients peu de temps après l’abandon du traitement habituel pour un générique. Interrogé sur France Info, Arnaud Birabain, neurologue (hôpital Pontchaillou, Rennes), explique que les médecins avaient l’habitude, par principe, d’utiliser la dose la plus faible pour équilibrer un patient et que, de ce fait, une petite variation de dose peut influer sur la récidive des crises. Il a aussi rapporté les résultats d’une enquête auprès de 1 000 neurologues selon lesquels un tiers des 350 répondants ont constaté la survenue de crises supplémentaires lors du passage au générique.

Une enquête a été ouverte. Pour l’un des deux décès, le générique est d’ores et déjà hors de cause puisque, selon des précisions de l’Afssaps, le malade n’est pas mort d’une crise d’épilepsie liée à un déséquilibre du traitement mais des suites d’une complication respiratoire.

Pas de différence alarmante

De son côté, le Gemme s’émeut, dans un communiqué de presse, de la campagne de désinformation et des rumeurs non fondées scientifiquement qu’elle fait circuler à propos des génériques dans le traitement de l’épilepsie. La polémique devrait bientôt prendre fin. L’Afssaps doit en effet rendre ses conclusions en mars, à la lumière de l’enquête de pharmacovigilance lancée en fin d’année qui analyse l’ensemble des données scientifiques et des cas de pharmacovigilance répertoriés. D’après les premiers éléments dévoilés, cette enquête, qui compare les données de pharmacovigilance des princeps et de leurs génériques entre 2000 et 2007, ne fait apparaître aucune différence préoccupante pour les patients épileptiques. En attendant, attention à ne pas passer outre les mentions « NS » sur les prescriptions d’antiépileptiques !

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