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Le slim, un jeu dangereux !
Le slim (prononcer slaïme) envahit les cours d’école et les réseaux sociaux depuis plus d’un an. Cette pâte gluante dont la manipulation aurait des vertus déstressantes, offre surtout l’occasion de jouer au petit chimiste avec des ingrédients simples et peu coûteux. Mais pas sans risque. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et la DGCCRF ont alerté le public sur les dangers de ce produit.
La recette de base est simple. Elle associe de la colle composée d’alcool polyvinylique (PVA) et de l’acide borique qui permet la création des liaisons entre les chaînes de carbone. Le réseau réticulé ainsi formé possède des propriétés élastiques. De nombreux ingrédients peuvent ensuite entrer dans la composition : lessive, mousse à raser, solution d’entretien pour lentilles de contact, paillettes, colorants… offrant une panoplie de couleurs et de consistances au slim qui est ensuite malaxé à mains nues pendant des heures.
Sauf que les produits chimiques utilisés peuvent s’avérer dangereux. Parmi eux, l’acide borique et le borax proviennent notamment de solutions pour lavage ophtalmique (Dacudoses, Dacryosérum, Stéridose…) disponibles en officine. Ils exposent à un risque reprotoxique (atteinte testiculaire, diminution de la fertilité et effet tératogène) mis en évidence chez l’animal. L’Agence nationale de sécurité sanitaire du médicament (ANSM) avait déjà mis en garde sur cette toxicité dès 2008 dans un bulletin de pharmacovigilance, puis en 2013. Si les spécialités pharmaceutiques contiennent des concentrations en acide borique inférieures au seuil pour lequel ce risque a été identifié (0,2 mg équivalent bore/kg/j), la manipulation répétée de ces produits à des quantités plus importantes que dans l’usage recommandé incite à la prudence. L’Anses pointe également la toxicité des solvants responsables d’irritations des yeux, des voies respiratoires et neurotoxiques, et des conservateurs allergisants. Le slim vendu en coffret expose aux mêmes risques que les « faits maison ». Plusieurs dizaines de cas d’atteintes de la peau (brûlures, érythèmes, eczéma, prurit…) ont ainsi été rapportées à l’Anses en 2017. L’Anses incite le public et les professionnels de santé « à effectuer, quelle que soit la gravité de l’atteinte, un signalement auprès des centres antipoison (centres-antipoison.net) ou sur le site signalement-sante.gouv.fr dans le cadre de la toxicovigilance ». §
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