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  • ?J’ai vendu une boîte d’Alli à une jeune fille. Sa mère est revenue le lendemain, furieuse, en disant que sa fille était mineure et que nous n’aurions jamais dû lui vendre Alli. Avais-je l’obligation de demander une pièce d’identité à cette patiente ?

?J’ai vendu une boîte d’Alli à une jeune fille. Sa mère est revenue le lendemain, furieuse, en disant que sa fille était mineure et que nous n’aurions jamais dû lui vendre Alli. Avais-je l’obligation de demander une pièce d’identité à cette patiente ?

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Publié le 31 octobre 2009
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Réponse. Si cette obligation n’est pas clairement énoncée par le Code de la santé publique, le RCP d’Alli indique néanmoins qu’il « ne doit pas être utilisé chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans compte tenu de l’insuffisance de données concernant son efficacité et sa tolérance ». Par ailleurs, le 6 mai 2009, le laboratoire (en accord avec l’Afssaps) a donné des informations importantes concernant le bon usage et la sécurité d’emploi d’Alli. On peut y lire en particulier que « les pharmaciens pourront délivrer Alli dans le respect de l’AMM » ou que « les contre-indications d’Alli sont [entre autres] : âge inférieur à 18 ans ».

Enfin, selon l’article R. 4235-48 du Code de la santé publique, l’acte de dispensation comprend notamment « la mise à disposition des informations et les conseils nécessaires au bon usage du médicament ». Ainsi, tant pour la délivrance de médicaments sous prescription que pour les médicaments sans ordonnance, le pharmacien d’officine joue un rôle de conseiller très important : il se doit de renseigner et de poser un minimum de questions au patient. Dans le cas précis d’Alli, rappelons que ce produit est un médicament récemment rendu accessible sans ordonnance, qui a fait l’objet d’une diffusion large et médiatisée. Dans un tel contexte, il revient au pharmacien d’être vigilant et de jouer pleinement son rôle de conseil auprès des patients afin de limiter les mésusages du produit, à savoir l’utilisation d’Alli dans une situation non validée par l’AMM.

Ici, Alli n’aurait pas dû être délivré à une jeune fille mineure. Si, dans la pratique, il semble difficile de déterminer avec certitude l’âge de la patiente, le pharmacien se doit, dans le doute, de refuser la vente, d’après l’article R. 4235-61 du Code de la santé publique.

Sources : Afssaps (lettre d’information du laboratoire aux médecins), 6 mai 2009 ; Code de la santé publique ; arrêté du 22 avril 2009 modifiant l’arrêté du 22 avril 1990 portant exonération à la réglementation des substances vénéneuses, « Journal officiel » du 30 avril 2009.

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