Vendre un autotensiomètre : un cas d’école pour l’éducation

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Publié le 6 mai 2006
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La vente d’un autotensiomètre est l’occasion d’entreprendre une démarche d’éducation. Thérèse Dupin-Spriet, maître de conférences en pharmacie clinique à la fac de Lille, en a détaillé la mise en application pas à pas. Préalable indispensable : se former sur la pathologie, connaître les valeurs seuils de la tension (en automesure : PAS #lt; 135 mmHg et PAD #lt; 85 mmHg, moins en cas de diabète) et, surtout, bien choisir et connaître les appareils référencés : agréés par l’Afssaps (agmed.sante.gouv), à gonflage automatique, en se méfiant de l’abondance des mémoires. Plus l’appareil est simple, plus il sera facile à utiliser.

Expliquer, montrer, informer.

Vous êtes maintenant prêt pour l’éducation : prenez votre patient à part, si possible assis, et essayez de comprendre sa motivation à l’achat (surveillance d’un traitement, conseil d’un ami, du médecin ?). Il doit apprendre à se servir de l’appareil en le manipulant. Surlignez les points importants de la notice au fur et à mesure de vos explications. Rappelez qu’il faut prendre 3 mesures le matin et 3 mesures le soir, 3 jours de suite. Fournissez un bloc de relevé de mesures (disponible auprès du Cespharm). Attention à ceux fournis avec l’appareil ! : ils sont parfois compliqués.

Enseignez les bons gestes au patient en les lui faisant exécuter point par point. Se reposer 5 minutes (montre en main) avant toute mesure, enfiler l’appareil à même la peau. Ne pas faire de garrot en relevant la manche. Le positionnement de l’appareil est primordial : à deux doigts du pli du coude, paume vers le haut, avant-bras sur la table pour le modèle à brassard, à deux doigts du poignet, poignet à hauteur du coeur, les bouts des doigts touchant l’épaule opposée pour le modèle radial. Ne pas parler ni fumer pendant la prise. Attention, il ne suffit pas de dire, il faut faire faire au patient tous ces gestes ! Vous avez tout à gagner à déclencher et à montrer les messages d’erreur qui peuvent survenir. Votre patient saura mieux les gérer chez lui. Rappelez-lui les conseils hygiénodiététiques de base sur le sel, sur les comprimés effervescents, sur la canicule…

L’éducation passe aussi par le suivi. Proposez au patient de revenir au bout d’un mois avec son appareil, appelez une semaine après l’achat et inscrivez dans son dossier thérapeutique la marque de l’appareil et la date. Informez le médecin de l’achat pour qu’il pense à demander le relevé des valeurs à son patient. Long et complexe ? Non, mais mieux vaut rédiger une procédure écrite valable pour toute l’équipe !

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