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Revendre : un casse-tête
En tant qu’outil de financement, la SEL connaît depuis plusieurs années un essor spectaculaire. Mais, en l’absence des holdings, le régime à l’IS est désavantageux dans le cadre d’une transmission.
Lors du dernier Pharmagora, Interfimo est revenu sur le scénario d’acquisition d’un fonds par une SEL, mettant en oeuvre les avantages financiers de l’impôt sur les sociétés (IS). La SEL est une société assujettie à l’IS (sauf cas particulier des sociétés de famille et unipersonnelles) et à même d’accueillir des associés extérieurs qui n’y exerceront pas. En phase de remboursement de l’emprunt, l’IS offre une visibilité financière bien meilleure que l’IR. Comme l’a expliqué Luc Fialletout, directeur général adjoint d’Interfimo, à l’IS, une plus grande partie du bénéfice est disponible pour rembourser les emprunts. « Lorsque c’est une SEL qui rembourse l’emprunt d’acquisition d’un fonds, les bénéfices qui y sont consacrés ne supportent que l’IS (à 15 % jusqu’à 38 120 Û et à 33,33 % au-delà) parce qu’ils ne sont pas imposés entre les mains des associés. A contrario, lorsqu’une personne physique ou morale rembourse un emprunt sous le régime de l’IR, il déduit ses intérêts d’emprunt mais rembourse son capital sur des bénéfices qui ont préalablement supporté des charges sociales et l’impôt sur le revenu. Le disponible du pharmacien s’entend donc après impôts et remboursement d’emprunt. »
Pour Interfimo, le choix d’acquérir en SEL tient pour une bonne part à la prise en compte de cet effet de levier. Cependant, à l’IS, les associés devront appréhender la problématique liée à la revente de la pharmacie. « Lors de la revente, pour déterminer la valeur des parts, le cédant va devoir composer avec une mauvaise carte : le « mistigri fiscal », explique Luc Fialletout. En plus du passif de la société, ce mistigri va venir peser sur la valeur de l’actif net ou de 100 % des parts représentatives de la pharmacie. Le cédant sera alors le plus souvent amené à vendre ses parts à prix réduit : certes, l’acquéreur pourra déduire une partie de ses intérêts (l’équivalent de trois années de rémunération), mais, ce faisant, il perdra le bénéfice de l’abattement forfaitaire de 10 %. Surtout, il ne pourra plus profiter à son tour de l’effet de levier précédent, c’est-à-dire de l’IS pour ses propres remboursements. Il ne pourra pas non plus donner le fonds en garantie à la banque. » Un abattement sur le prix des parts sera dès lors négocié par l’acquéreur pour tenir compte de ces inconvénients.
Une décote de 20 à 30 %
Vendre le fonds et dissoudre la société permet à l’acquéreur d’échapper à ce mistigri fiscal. Mais cette solution est très onéreuse car le cédant est confronté à une double imposition. D’une part, la société doit s’acquitter d’une plus-value sur la vente de fonds plus fortement taxée qu’à l’IR (33,33 % au lieu de 27 %). D’autre part, le pharmacien est imposé sur un boni de liquidation à titre personnel. En effet, l’argent dégagé par la vente du fonds appartient à la société tant qu’il n’a pas été distribué aux associés. Le retrait de cet argent de la société est réalisé sous la forme de dividendes taxables à l’impôt sur le revenu, à la CSG et contributions sociales, avec toutefois l’opportunité nouvelle d’un prélèvement libératoire.
Les premières reventes de parts de SEL commencent à arriver sur le marché et permettent de dégager quelques tendances : en pratique, ces cessions de parts de sociétés à l’IS se font de manière intelligente. « Le prix de cession des parts de SEL est amputé de 20 % à 30 % par rapport à la valeur de marché de la pharmacie », observe Luc Fialletout. Selon lui, cette décote correspond à peu de chose près au coût supplémentaire qu’aurait à supporter le cédant s’il avait dû dissoudre la SEL pour ne revendre que le fonds.
Cependant, le pharmacien propriétaire de la SEL peut faire l’économie de sa dissolution si la société est réutilisée pour l’achat d’une autre officine. Mais encore faut-il qu’il soit en cours de carrière et disposé à laisser l’argent résultant de la vente du premier fonds dans la société.
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