La santé recrute toujours autant

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Publié le 26 janvier 2008
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L’industrie, du médicament éthique à l’OTC, du dispositif médical aux biotechs, continue de recruter. Et les demandes de profils spécialisés sont plus marquées qu’auparavant.

La croissance du marché des médicaments en France a été plus importante que prévue en 2007, mais le syndicat de l’industrie pharmaceutique (Leem) envisage déjà une décélération en 2008. Christian Lajoux, son président, a même récemment évoqué une perte de 25 à 28 % des 100 000 emplois (industrie + prestataires) d’ici 2015 si l’industrie n’est pas suffisamment soutenue par les pouvoirs publics.

Reste qu’aujourd’hui encore les industries de la santé proposent toujours des débouchés, assurent les cabinets spécialisés. « Le recrutement est moins florissant dans les laboratoires strictement éthiques, comme on a déjà pu le constater en 2007. Le nombre de spécialités nouvelles est plus faible et les mises sur le marché plus difficiles, décrypte Jean-François Roquet, directeur général associé du cabinet FSC, spécialiste du recrutement, ancien président du Syntec. Le secteur a connu également beaucoup de fusions. Enfin, on peut parler d’une baisse, ne serait-ce qu’en nombre de visiteurs médicaux à cause de la réglementation restrictive sur la visite médicale. Mais le monde de la santé, qui compte aussi bien les laboratoires de génériques, les laboratoires d’OTC, l’industrie des dispositifs médicaux que les prestataires, comme les façonniers, ou l’industrie de la chimie finie, qui produit les principes actifs, continue et va continuer de proposer des postes. »

La commercialisation et la production très en vue

Pour Véronique Mougin, responsable du recrutement chez 3S Santé, l’évolution est plutôt sensible dans le profil des candidats recherchés. Dans le domaine de la commercialisation par exemple : « Près de 90 % des demandes que nous avons eues portaient sur des postes de délégués hospitaliers, liées au besoin de promotion des médicaments à l’hôpital. » Autre secteur où des changements se font sentir : la production. « La délocalisation des sites à l’étranger – un phénomène européen – va se poursuivre », précise Véronique Mougin. Les pharmaciens sont toujours demandés, avec des profils plus pointus en relation avec la qualité, les produits injectables ou les biotechnologies par exemple. « Le jeune diplômé qui prépare une thèse de recherche sur les biotechnologies bénéficiera d’une plus-value certaine. »

Les biotechs veulent rattraper leur retard

La France est très retard par rapport à son voisin britannique dans le domaine des biotechs. « Le potentiel de croissance est donc important. Le retard est à combler », estime Pierre Mendiharat, « senior executif division santé » chez Michael Page. L’industrie « classique » s’y est lancée. « Nombre de sociétés de biotechnologies ont des produits à des niveaux de développement clinique avancée », précise Jean-François Roquet. En 2007, les sociétés du secteur (Fovéa Pharmaceuticals, Noevsacs, ERYtech Pharma…) ont ainsi levé le plus important montant boursier depuis 2001. « Ce sont des perspectives intéressantes, d’autant plus que lorsqu’une start-up se développe en taille et en effectifs, l’évolution professionnelle peut être rapide, d’un poste de cadre à un poste d’encadrement important », précise Pierre Mendiharat.

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