Grippe A (H1N1) Vaccination générale !

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Publié le 14 novembre 2009 | modifié le 30 août 2025
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Roselyne Bachelot l’avait promis, elle l’a fait. La ministre de la Santé s’est fait vacciner contre la grippe A(H1N1) dans un centre parisien le 12 novembre. Histoire de montrer l’exemple à ceux qui recevront une invitation à le faire de la part de l’Assurance maladie. D’autant que les premiers bilans de pharmacovigilance se montrent rassurants.

Le geste de Roselyne Bachelot incitera-t-il les Français à faire la queue dans les 1 060 centres de vaccination ? A voir. Déjà, les professionnels de santé ne se sont pas précipités. Depuis le 20 octobre dernier, seuls 10 % d’entre eux ont été volontaires, un chiffre « encourageant mais pas satisfaisant » selon la ministre. La campagne de masse a officiellement commencé jeudi 12. Les invitations à se faire vacciner tombent dans les boîtes aux lettres. Et les questions pratiques risquent également de pleuvoir. Voici quelques réponses toutes prêtes.

Que contient l’invitation ?

Elle précise les modalités pratiques de la vaccination et notamment le lieu où elle sera effectuée. Cette invitation comporte, au verso, un bon de vaccination à présenter le jour J. Aussi bien pour la première que pour la seconde injection, il doit être complété uniquement par le centre de vaccination. Il servira à garantir la traçabilité. Un certificat de vaccination, remis à la personne vaccinée, comporte les dates d’injection, le nom du vaccin, les numéros de lots de l’antigène et de l’adjuvant. Il doit être rapporté lors du second passage au centre, qui le tamponne.

Qui est concerné ?

Les autres groupes prioritaires commencent en principe à recevoir les bons depuis le 7 novembre, soit six millions de personnes : entourage familial des nourrissons âgés de moins de 6 mois, professionnels de la petite enfance, sujets âgés de 6 mois à 64 ans avec facteur de risque (soit une des neuf ALD définies pour la prise en charge de la vaccination contre la grippe saisonnière), professionnels de santé et médicosociaux… Le Directeur général de la santé, Didier Houssin, incite notamment les malades chroniques (souffrant d’asthme, de BPCO, de diabète…) à se faire vacciner très rapidement. Surtout, les femmes enceintes (à partir du second trimestre), puis les 6-23 mois pourront participer à cette première vague de vaccination puisque l’évaluation du vaccin non adjuvé qui leur est destiné sera terminée en début de semaine prochaine, a annoncé Jean Marimbert, directeur général de l’Afssaps.

A partir du 25 novembre, les enfants scolarisés prendront le relais (en centre de vaccination pour les enfants de maternelle et de primaire, dans leur établissement scolaire pour les collégiens et lycéens) ainsi que les plus de 65 ans avec facteur de risque (12 millions de personnes au total), sur la base du volontariat.

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Une ou deux doses ?

Les autorités sanitaires maintiennent pour l’instant un schéma vaccinal à deux doses. Compte tenu de la durée prévisible de l’épidémie, la stabilité dans le temps d’une couverture à une dose reste à confirmer. « Mais si nous en avons la confirmation, nous adapterons immédiatement le schéma vaccinal, sauf pour les jeunes enfants qui resteraient à deux doses », assure Roselyne Bachelot.

Invitation perdue, oubli de la date : que faire ?

Après réception de l’invitation, la personne dispose de 10 jours pour se présenter dans un centre de vaccination. Mais ce délai n’est qu’indicatif. Même en se présentant après, la vaccination reste possible. En cas de perte, un rattrapage est prévu, mais la personne doit se rendre à la CPAM pour qu’un nouveau document lui soit remis.

Peut-on choisir la marque de son vaccin ?

Il n’est pas prévu que les personnes venant se faire vacciner choisissent le vaccin.

Les autres vaccinations sont-elles possibles en même temps ?

Si un intervalle minimal de 21 jours doit être respecté entre l’administration d’une dose du vaccin saisonnier et l’administration de la première dose de vaccin contre la grippe A (H1N1), il est possible de se faire vacciner avec un autre vaccin du calendrier vaccinal, mais pas le même jour.

Que disent les premiers bilans de pharmacovigilance ?

Le premier bilan de pharmacovigilance, présenté lundi 9 par les autorités concernant 50 000 personnels de santé vaccinés avec Pandemrix, ne fait « apparaître aucun signal particulier », indique-t-on. Jean Marimbert cite également la Suède, qui a démarré la vaccination il y a plusieurs semaines et ne montre, sur un million de personnes, pas d’effets indésirables plus notables qu’avec le vaccin contre la grippe saisonnière (réactions au point d’injection, fièvre modérée passagère).

Un premier cas de syndrome de Guillain-Barré (une forme légère à base de paresthésies des membres) serait survenu chez une professionnelle de santé 10 jours après une injection de Pandemrix. Si le lien ne peut encore être formellement établi, Didier Houssin a cependant bien précisé qu’il y aurait, statistiquement, forcément de tels syndromes parmi des personnes vaccinées, puisqu’il s’en déclare habituellement 1 700 par an en France. La vaccination contre la grippe serait au contraire un moyen de s’en prémunir, estime-t-il, puisque ce syndrome résulte d’infections virales, et pourrait augmenter en raison de la grippe…

Un dispositif particulier de pharmacovigilance a été mis en place, avec une fiche téléchargeable sur http://www.afssaps.fr ou disponible dans les centres de vaccination et une possible notification directe d’effets indésirables par les patients.

Que doivent faire les officinaux ?

Si vous êtes titulaire, vous avez probablement déjà reçu votre bon. En ce qui concerne les membres du personnel, « ils devront faire une déclaration qui permettra de les identifier auprès de la caisse », indique l’UNPF dans sa lettre d’informations professionnelles du 2 novembre. De son côté, le ministère de la Santé a précisé lundi que les professionnels qui n’ont pas reçu de bon (car absents des bases de données de l’assurance maladie) peuvent se rendre à la CPAM dont ils dépendent pour s’en faire remettre un.

L’entourage des nourrissons de moins de 6 mois non directement identifiés par la CNAMTS doit également suivre cette démarche. Pour l’émission du bon, numéro de Sécurité sociale et date de naissance font, entre autres, partie des renseignements demandés.

Recours plus large aux antiviraux

Certains experts réclament désormais un recours plus large aux antiviraux en médecine de ville et aux urgences. C’est notamment le cas du Dr Jean-Marie Cohen, coordinateur national des groupes régionaux d’observation de la grippe, et du Pr Catherine Weil-Olivier, membre du Comité national de lutte contre la grippe. Il s’agit pour eux d’éviter une évolution vers des formes graves, de freiner le risque de complications et de limiter la transmission potentielle à l’intérieur d’une même famille.

ce que vous en pensez – Assurer des vacations dans les centres de vaccination contre la grippe A(H1N1)

DANIEL PRIEUR, Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin (Haute-Saône)

Exerçant en rural et n’employant pas d’adjoint à plein temps, je peux difficilement m’absenter pour participer à cette campagne, sauf à ce que les autorités du département organisent des nocturnes jusqu’à 22 h pour vacciner les gens, ce que je ne crois pas. Sinon, je le ferais volontiers car la profession tient là une nouvelle occasion de se mettre en valeur.

RODICA BARTHE, Thonon-les-Bains (Haute-Savoie)

Pourquoi pas ? Puisque la santé publique est en jeu, je ferai ce que l’on me demande, mais je conçois cette vacation plus comme un service rendu à la population – en répondant aux questions et en rappelant les mesures de prévention et d’hygiène – qu’au gouvernement. Elle ne valorisera pas forcément l’image du pharmacien, surtout si elle consiste uniquement à effectuer des tâches administratives.

BERNARD GOMBERT, Nîmes (Gard)

Je ne vois pas comment le pharmacien, qui a aussi un rôle social à jouer, pourrait s’y soustraire. Nous sommes prêts à faire des efforts avec mon associé et mon équipe pour nous rendre disponibles dans ces centres de vaccination. Nous avons eu plusieurs cas de grippe, sans pouvoir les étiqueter avec précision et certitude, lors de notre dernière garde. Nous pourrions effectuer en centre le même travail de sensibilisation et de prévention que celui que nous réalisons au comptoir. Si la pandémie devait prendre plus d’ampleur, nous serions prêts à faire tout ce que l’on nous demandera.

Propos recueillis par François Pouzaud

en direct du Net

Enquête flash*

Serez-vous volontaire pour effectuer des vacations dans les centres de vaccination contre la grippe A(H1N1) ?

oui 23,2 %

non 71,7 %

NSP 5 %

(Sur une base de 499 votants.)