Contrefaçon : L’étanchéité n’existe pas

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Publié le 3 juillet 2004
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L’OMS s’alarme du fait que la contrefaçon de médicaments représente 6 % du marché mondial, 10 % selon la Food and Drug Administration américaine. En fait, depuis la publication de notre enquête sur le sujet il y a 18 mois (voir Le Moniteur n° 2473), rien n’a vraiment évolué. Le tiers-monde est touché de plein fouet, les Etats-Unis sont perméables, la France, elle, ne serait qu’exceptionnellement concernée selon le Leem qui s’est associé le 23 juin à la Journée mondiale anti-contrefaçon.

Mais la Direction générale des douanes se montre dubitative : « Certes le nombre de saisies est très faible, mais nous n’avons qu’une dizaine de demandes d’intervention en cours de la part de l’industrie pharmaceutique. Or sans demande, pas de saisie possible. Peu de laboratoires sont prêts à déclarer un soupçon de contrefaçon sur un de leurs produits par crainte de conséquences commerciales. » Côté distribution, la douane pointe le risque lié à « l’utilisation croissante de centrales d’approvisionnement ayant elles-mêmes de multiples sources d’approvisionnement ».

Reste que, de l’avis général, la France est très protégée, notamment par son hyperréglementation et l’interdiction d’achat de médicaments sur Internet. L’industrie souligne tout de même le danger lié à d’éventuelles importations parallèles et à l’élargissement de l’UE à l’est (la Russie est l’un des gros producteurs de contrefaçons). La douane, elle, n’est pas plus inquiète que cela vis-à-vis de l’élargissement mais évoque un autre facteur favorisant : la délocalisation croissante par les laboratoires de leur fabrication en Asie (« Quand vous transférez du savoir-faire, il n’est jamais perdu… »).

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