4 000 officines en grand péril selon l’UNPF

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Publié le 25 octobre 2008
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Les représentants des syndicats ne partagent pas du tout la même vision des chiffres sur le médicament que le ministère de la Santé. Aussi deux réunions contradictoires ont-elles eu lieu avec lui mardi 21 et jeudi 23 et qu’une troisième pourrait se tenir la semaine prochaine. « Fin 2007, selon Fiducial, 16,6 % des officinaux avaient des délais de paiement auprès de leurs fournisseurs supérieurs à 60 jours. Or, c’est le délai maximal fixé par la loi de modernisation de l’économie dont les mesures seront effectives au 1er janvier 2009, expose Catherine Morel, vice-présidente de l’UNPF. 27 % des officinaux ont un découvert bancaire s’échelonnant de 1 500 à plus de 45 500 euros et, sur 2008, les « incidents Banque de France » se multiplient. A tel point que 7 % des officines, toutes catégories confondues, auront cette année de grosses difficultés bancaires ! »

Avec le PLFSS 2009, le gouvernement pourrait en outre ponctionner la marge officinale de 75 millions. « Stop !, crie l’UNPF. 4 000 officines sont en grand péril et 1 800 très rapidement. » Le syndicat a même réitéré une « vieille » proposition de création d’un fonds de restructuration économique des officines financé à la fois par la profession et par l’Etat.

La Mutualité fait pression sur le prix des génériques

Dans le même temps, la Mutualité française a publié le 22 octobre son « Bilan de 25 ans de politique du médicament générique ». Il pointe du doigt le retard français, notant que « de nombreux freins persistent » comme l’instauration des TFR qui « fait perdre au pharmacien son incitation financière à la substitution ». La Mutualité émet donc plusieurs propositions pour mieux développer le marché, notamment en baissant les prix. Comment ? En jouant sur « les deux principaux facteurs sur lesquels il existe encore une marge de manoeuvre importante pour les payeurs » : le PFHT et la marge officinale. Le même jour, la commission des Affaires sociales du Parlement a adopté, dans le cadre du PLFSS, deux amendements visant à faire baisser le prix des génériques. Le premier met en place, à titre expérimental, une procédure d’appel d’offres pour les génériques d’un même groupe. Les trois produits présentant les prix les plus bas dans le même groupe seraient alors inscrits sur la liste des produits remboursables. Pas les autres… Le second amendement vise à élargir le Répertoire. Avec des spécialités qui, bien que n’ayant pas démontré de bioéquivalence avec le princeps, sont supposées offrir des caractéristiques de sécurité et d’efficacité identiques. A la clé, plusieurs centaines de millions d’euros selon Yves Bur, le député qui a fait adopter ces deux textes.

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