Valdoxan : un mode d’action innovant

Réservé aux abonnés
Publié le 17 juillet 2010
Mettre en favori

L’agomélatine inaugure une classe d’antidépresseurs n’interagissant pas avec la recapture des monoamines. Il s’agit d’un agoniste mélatoninergique actif sur les récepteurs à la mélatonine (MT1 et MT2) et antagoniste des récepteurs sérotoninergiques 5-HT2c. Il participe à la régulation de l’horloge interne concourant à la resynchronisation des rythmes circadiens perturbés par une avance de phase : il induit une avance de la phase du sommeil, de la phase de la baisse de la température corporelle et de la sécrétion de mélatonine. La biodisponibilité de l’agomélatine est plus importante chez la femme et en cas de prise de contraceptifs oraux, alors qu’elle est réduite par le tabac.

L’efficacité de l’agomélatine a été démontrée versus placebo dans 6 essais pendant 6 à 8 semaines. Le maintien de l’action antidépressive à 6 mois a été prouvé dans une étude versus placebo, mais une autre étude n’a pas montré de différence entre les deux groupes. L’agomélatine est significativement plus efficace que la fluoxétine et la sertraline sans qu’il soit facile d’apprécier l’intérêt clinique de cette différence ; deux études versus venlafaxine ne permettent pas de dégager une réelle différence d’efficacité entre les deux antidépresseurs.

Les effets indésirables du traitement sont réduits (nausées, troubles du transit, vertiges, céphalées, somnolence) mais une surveillance hépatique s’impose tout au long du traitement. Cette bonne tolérance, susceptible de permettre une meilleure adhésion au traitement antidépresseur, explique que, malgré une efficacité modeste, Valdoxan apporte une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) dans la prise en charge de l’épisode dépressif majeur.

Publicité

DENIS RICHARD, pharmacologue, analyse pour vous l’originalité pharmacologique, le degré d’innovation et l’intérêt thérapeutique des nouveaux principes actifs arrivant à l’officine.