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Prendre de court les maladies
Plus un traitement survient tardivement dans la maladie, moins il a de chances de réussir. Une vérité particulièrement criante dans le cas du cancer, où la cure devient aussi plus chère. Des projets pharmaceutiques ont pour but d’anticiper aussi bien dans les cas de maladies inévitables, comme le diabète, que d’épidémies imprévisibles. Le tout en gagnant le pari de la rapidité.
Zirus Un même vaccin contre le sida, la grippe et l’ébola ?
Un seul médicament pour combattre le rhume, le sida, les épidémies de grippe ou les attaques bioterroristes. » La phrase d’introduction de la société Zirus sur son site Internet paraît un brin utopiste. Pourtant, il faut reconnaître que la stratégie de la start-up américaine contre les virus est assez astucieuse. Au lieu de rechercher de nouvelles cibles à la surface des agents infectieux, Zirus se concentre sur les protéines humaines qui sont indispensables à l’entrée ou à la multiplication des virus. La société dispose d’une plate-forme de screening de ces protéines qui procéde en trois étapes : tout d’abord des cellules humaines sont exposées à un virus inoffensif qui va éteindre un gène précis ? dans leur ADN ; les cellules sont ensuite infectées par le virus contre lequel on veut développer une nouvelle drogue ; si les cellules survivent à ce stade, c’est que le virus n’est pas parvenu à provoquer l’infection et qu’il avait donc besoin de la protéine « éteinte » pour se reproduire. Surtout, si la cellule a survécu sans cette protéine, c’est qu’elle n’est pas indispensable et qu’un médicament qui viserait à bloquer sa production a des chances d’être peu toxique. La stratégie de Zirus pourrait bien se révéler payante contre plusieurs virus à la fois : en effet, malgré leurs différences, certains ont recours aux mêmes éléments de la machinerie cellulaire pour provoquer l’infection.
William O’Brien, directeur scientifique de Zirus
« Trouver de nouvelles orientations aux médicaments existants »
« Notre société a identifié un certain nombre de médicaments déjà commercialisés qui pourraient s’avérer actifs contre des virus. Parmi ceux-là, certains ont une faible toxicité et sont pris quotidiennement pour traiter des pathologies chroniques, comme l’hypertension ou l’obésité. L’activité antivirale d’un composé se vérifie en quelques semaines. Puisque le médicament a été cliniquement validé, il est possible de passer directement à la phase III clinique pour tester le nouveau but thérapeutique. Cela est réalisable en moins d’un an et une soumission aux autorités de santé envisageable dans les deux ans. Le premier antiviral de Zirus de ce type est dirigé contre le rhinovirus, mais aussi d’autres virus : nous espérons soumettre sa nouvelle indication thérapeutique aux Etats-Unis courant 2011. »
Carte d’identité :
Création : 2007
Effectif : 7
Localisation : Buford, Etats-Unis
Dates clés :
1999 : le MIT travaille sur une technologie de ciblage de gènes
2002 : la société virtuelle naît à la suite de travaux avec le Center for Disease Control sur le virus Ebola
2007 : création de la société Zirus
2008 : premiers tests conduits sur l’animal
2009 : collaboration avec l’université Emory pour la découverte de nouvelles molécules anti-sida
2010 : collaboration avec le Département de défense américain pour trouver une thérapeutique efficace contre la ricine et le virus de Marburg
Un chiffre : 44,4 milliards d’euros, c’est le budget que pourrait représenter le marché des drogues antivirales en 2018
Genclis Des tests sanguins pour mettre au jour les cancers
En France, une personne sur deux a des chances d’être encore en vie cinq ans après avoir déclaré un cancer, selon les chiffres de l’Institut national du cancer. Le pronostic n’est toutefois pas toujours aussi bon, notamment lorsque le diagnostic survient tardivement. La société lorraine Genclis travaille au développement de nouveaux marqueurs moléculaires pour les tumeurs les plus problématiques. Son idée : quantifier dans un échantillon sanguin certaines protéines anormales qui se retrouvent théoriquement à un taux plus élevé chez les personnes atteintes d’un cancer. Leur premier test sanguin est un outil d’aide au diagnostic du cancer du sein. Genclis poursuit actuellement une étude pilote sur 10 000 femmes avec et sans cancer avéré pour finaliser sa mise au point. Le même type d’étude suivra pour valider cette fois un test sanguin du cancer du poumon. Enfin, la société souhaite s’attaquer à la détection des cancers agressifs de la prostate et de ceux du côlon. Si les tests sanguins de la société se révèlent concluants, Genclis a l’intention d’engager des discussions de partenariats avec les grandes groupes pharmaceutiques impliqués dans le dépistage (Mérieux, Johnson & Johnson, Abbott, Roche, Novartis, GSK…).
Bernard Bihain, PDG de Genclis
« Répondre aux interrogations des médecins »
« Notre société est née de l’écoute des médecins et de leurs interrogations. Dans le domaine du cancer, nous pensons que le problème prioritaire est d’améliorer le diagnostic : que ce soit pour les tumeurs du sein ou du poumon, les cliniciens ont souvent du mal à trancher avec le seul cliché radiographique. Le cancer n’est toutefois pas notre seul secteur d’intervention : nous proposerons en 2011 à notre partenaire Phadia, qui commercialise depuis 2008 une première génération de test sanguin de l’allergie à l’arachide développée par Genclis, un test de seconde génération plus complet qui devrait apporter des informations sur la sévérité de la maladie. »
Carte d’identité :
Création : 2004
Effectif : 38
Capital : 2 millions d’euros
Localisation : Nancy
Dates clés :
2006 : groupe Transmedi avec plate-forme d’imagerie moléculaire au CHU de Nantes
2008 : commercialisation de la première aide au diagnostic dans l’allergie à l’arachide
2007 : découverte du mécanisme d’infidélité de transcription dans les cellules cancéreuses, à la base des tests sanguins des cancers du sein et du poumon
2007 : aide financière de 1 million d’euros de la fondation nationale InNaBioSanté
2010 : essai pilote pour la commercialisation d’un test d’aide au diagnostic du cancer du sein
Nombre de brevets : 3
Un chiffre : un cancer du sein traité au stade métastatique par chimiothérapie coûte plus de soixante fois plus cher qu’un cancer traité tôt par chirurgie et radiothérapie (source NEJM)
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