Passé à l’orange

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Publié le 6 mars 2010
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Les bras m’en tombent. Et, vous pouvez me croire, ce n’est pas la position la plus confortable pour écrire un édito. J’ai trop abusé du Valium, je vais me réveiller, ce n’est qu’un cauchemar : 171 médicaments qui passent à l’orange. Qui parle encore de racler les fonds de tiroirs à pharmacie ? On vient de basculer dans l’acharnement thérapeutique. Bon, je passerai, dans cette liste provisoire, sur le médicament qui n’a jamais été commercialisé et sur celui qui ne l’est plus. Pas grave s’ils sont moins bien remboursés ces deux-là ! Pardonnez mon aigreur devant tous les antiacides et antiH2 disqualifiés. Je ne peux m’empêcher de penser aux prescriptions d’inhibiteurs de la pompe à protons qui vont exploser. Nul doute que leur prix mesuré va générer de substantielles économies. Je me raidis également face aux décontracturants et anti-inflammatoires rétrogradés. Et cette chère Bétadine, mascotte des salles de soins. Vilaine usurpatrice, va ! On comprend mieux pourquoi il y a tant d’infections nosocomiales. Finalement, on n’a qu’à tout dérembourser pendant qu’on y est. Au moins, l’automédication explosera enfin et on verra bien si ce sera suffisant pour renflouer les caisses. D’accord, j’exagère, je caricature mais ce n’est pas de ma faute. J’ai eu la mauvaise idée de me constituer un stock de vasodilatateurs cérébraux tant qu’ils sont encore pas trop mal remboursés. J’ai forcé sur la dose, c’est ballot.

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