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Les voies de la dépendance ne sont plus impénétrables
Deux circuits – l’un permet de percevoir et traiter l’information, l’autre d’y répondre par un comportement adapté – et trois grands modulateurs (sérotonine, dopamine et noradrénaline), c’est ainsi que l’on pourrait résumer le fonctionnement du cerveau ! », suggère le Pr Jean-Pol Tassin, directeur de recherche à l’INSERM et neurobiologiste au Collège de France. Dès que l’on absorbe un psychotrope, ces systèmes de modulation entrent en jeu et, en fonction des situations, telle ou telle structure cérébrale est activée. Ainsi, à chaque fois que l’on absorbe un produit qui rend dépendant (médicament, drogue, alcool), la dopamine, la « molécule du plaisir », est libérée et active le circuit de la récompense. Ces substances ne font pas que relarguer de la dopamine, elles dissocient les trois neuromédiateurs qui fonctionnent alors de manière autonome, chacun pour soi. Cette absence de régulation mutuelle, ce découplage, explique l’hyperréactivité d’un individu dépendant à une drogue. Une piste thérapeutique pourrait donc être de recoupler les neuromédiateurs. Il s’agit probablement d’une opération de longue haleine. « Des animaux intoxiqués quelques jours, rapporte le Pr Tassin, mettent ainsi plusieurs mois à recoupler leurs neuromodulateurs. » Les êtres humains ne sont pas génétiquement égaux face à la dépendance. De plus, l’histoire familiale participe à l’addiction, les neuromédiateurs se développant après la naissance, en fonction des circonstances : on est alors plus ou moins vulnérable à la dépendance, à l’aune de sa confiance en soi ou de son estime de soi.
Dernière hypothèse, simplement basée sur l’observation, donc à étayer par de nouveaux travaux : « Les processus de modulation sont vraisemblablement identiques pour les accros au travail, à l’amour passionnel ou aux jeux ! », estime le Pr Tassin.
Source : conférence organisée par l’INSERM en partenariat avec l’INPES.
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