l’avis du pharmacologue

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Publié le 1 mars 2008
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Le propylthio-uracile est un antithyroïdien de synthèse comme le benzylthio-uracile (Basdène) et le carbimazole (Néo-Mercazole). Il bloque la biosynthèse des hormones thyroïdiennes en inhibant l’organification de l’iode et le couplage des iodotyrosines en iodothyronines, et en empêchant la conversion périphérique de la T4 (thyroxine) en T3 (triiodothyronine). Cette molécule est indiquée dans le traitement des hyperthyroïdies. La baisse de la T3 circulante est plus rapide en début de traitement qu’avec le carbimazole, d’où son intérêt dans les hyperthyroïdies très sévères. L’usage thérapeutique du propylthio-uracile est ancien : commercialisé en 1946, ce médicament n’était plus disponible en officine depuis 1973. Depuis 1983, il était référencé à la Pharmacie centrale des hôpitaux de Paris. L’ancienneté de son usage médical explique qu’il n’y ait pas d’études cliniques versées au dossier d’AMM de l’Afssaps. Comme les autres antithyroïdiens, le propylthio-uracile n’est pas adapté à la prise en charge des hyperthyroïdies liées aux thyroïdites subaiguës ou du post-partum, aux métastases fonctionnelles des cancers, aux adénomes thyréotropes et aux états de résistance aux hormones thyroïdiennes.

Le passage transplacentaire et dans le lait du propylthio-uracile est inférieur à celui des autres antithyroïdiens de synthèse. C’est pourquoi, selon la Commission de la transparence, il apporte une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) par rapport aux molécules de comparaison chez la femme enceinte ou allaitante. En revanche, chez les autres patients, Proracyl n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V).

Voir la présentation du médicament dans « Le Moniteur » n° 2715 du 9.2.2008.

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