l’avis du pharmacologue

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Publié le 17 mai 2008
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La miltéfosine ou hexadécylphosphocholine, molécule cytostatique de la famille des alkylphospholipides, est un analogue de la phosphocholine connu depuis vingt ans. Commercialisée en France sous la forme d’une solution pour application cutanée, Miltex, elle est destinée au traitement des métastases cutanées du cancer du sein. Elle peut aussi être administrée per os dans le traitement de la leishmaniose viscérale, hors AMM. Son mécanisme d’action demeure mal connu. Sa parenté chimique avec la phosphocholine, un constituant des membranes cellulaires, suggère qu’elle entraîne une altération des membranes des cellules tumorales et de Leishmania donovani. Elle inhibe la protéine-kinase C, la phospholipase C et la biosynthèse de la phosphatidylcholine : son action est donc très différente de celle des autres médicaments cytostatiques. La miltéfosine respecte certaines lignées cellulaires comme les macrophages ou les cellules-souches de la moelle osseuse. L’étude de phase III la plus récemment versée au dossier de Miltex en vue de la sortie de la réserve hospitalière à la Haute Autorité de santé montre que son application prolonge le temps médian jusqu’à l’échec du traitement de 35 jours (56 jours versus 21 jours pour le placebo). Les effets indésirables de Miltex sont limités et essentiellement locaux (érythème, prurit, sécheresse cutanée, desquamation, tiraillement cutané, brûlure…). Le passage systémique de la miltéfosine est quasiment nul. Pour la HAS, Miltex constitue un apport thérapeutique important en tant que traitement local palliatif du cancer du sein avec métastases cutanées, seul ou en association aux traitements systémiques nécessaires.

Voir la présentation de Miltex dans « Le Moniteur » n° 2723 du 29.3.2008.

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