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Glivec : une avancée majeure en cancérologie
IMATINIB
L’imatinib inhibe de façon sélective diverses tyrosines-kinases dont les kinases pathologiques abl-bcr et kit présentes dans la leucémie myéloïde chronique (LMC) et les tumeurs stromales gastro-intestinales malignes kit +.
Il agit par compétition sur le site de fixation de l’ATP de l’enzyme ce qui inhibe la phosphorylation des protéines impliquées dans la transduction du signal. D’où l’arrêt de la croissance ou l’apoptose des cellules cancéreuses exprimant l’enzyme.
La LMC fut la première affection maligne corrélée à une anomalie génétique. Le marqueur spécifique de la maladie, le chromosome Philadelphie, résulte d’une translocation réciproque entre deux chromosomes. Deux gènes sont tronqués : abl et bcr, localisés sur les chromosomes 9 et 22. Deux gènes de fusion sont alors formés : bcr-abl sur le chromosome dérivé 22 et abl-bcr sur le chromosome dérivé 9. Le gène bcr-abl code pour une tyrosine-kinase constitutionnellement activée. Dans le traitement de la LMC bcr-abl positive, les études ouvertes, non contrôlées, ont permis d’obtenir des taux de réponse hématologique complète de 88 % et des taux de réponse cytogénétique majeure (absence ou diminution de métaphases Ph+ dans la moelle osseuse) de 49 % en phase chronique.
Glivec bénéficie depuis 2002 d’une extension d’indication dans le traitement palliatif en première intention chez l’adulte de certains cancers digestifs rares exprimant la protéine kit non résécables et/ou métastatiques. Une étude multicentrique de phase II, randomisée en ouvert, a permis d’évaluer l’imatinib dans cette indication, à la dose de 400 ou 600 mg/j, sur une durée médiane de 7 mois. Aucune réponse complète n’a été obtenue mais le taux de réponses partielles a été, globalement, de plus de 41 %, comparé au taux inférieur à 5 % avec les chimiothérapies essayées jusqu’à présent, avec seulement 3 % d’arrêt du traitement pour effets indésirables. Il n’y a pas eu de différence significative selon la posologie utilisée.
L’imatinib induit des douleurs musculaires, une rétention hydrique, un oedème périorbitaire, un rash cutané transitoire, des nausées et diarrhées, une asthénie modérée, une perturbation du bilan biologique hépatique et, exceptionnellement, une neutropénie. La description d’hémorragies digestives est liée à la fonte tumorale laissant les vaisseaux tumoraux néoformés sans tissu à nourrir.
Médicament orphelin, Glivec a logiquement reçu une amélioration du service médical rendu majeure (ASMR I).
Voir « Le Moniteur » n° 2488 du 03.05.03.
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