Abilify : un gain en tolérance

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Publié le 20 mai 2005
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ARIPIPRAZOLE

L’aripiprazole est un antipsychotique atypique. C’est un agoniste partiel des récepteurs dopaminergiques D2 et sérotoninergiques 5-HT1. Il exerce aussi une activité antagoniste sur les récepteurs 5-HT2. Son affinité pour les récepteurs D4, 5-HT2C et 5-HT7, comme pour les récepteurs alpha-1-adrénergiques et histaminergiques H1, reste faible. Il n’a pas d’affinité significative pour les récepteurs cholinergiques. L’efficacité de l’aripiprazole a été démontrée cliniquement en phase aiguë sur l’ensemble de la symptomatologie psychotique, incluant les manifestations déficitaires associées (notamment dépressives). L’une des particularités de cette molécule est l’absence de composante sédative.

Son profil de tolérance métabolique et cardiaque surtout distingue l’aripiprazole des antipsychotiques atypiques déjà commercialisés. Son administration induit peu ou pas de prise de poids et n’entraîne pas de modification de l’espace QT. Il semble que cette molécule n’induise pas d’hyperprolactinémie. Les effets indésirables rapportés à court terme diffèrent de ceux décrits avec d’autres antipsychotiques atypiques : insomnies, nausées, constipation, céphalées surviennent de façon transitoire pour s’abolir au terme de deux semaines environ de traitement. C’est donc la diminution de l’incidence des effets indésirables extrapyramidaux qui explique qu’Abilify* bénéficie d’une ASMR de niveau III par rapport à l’halopéridol (Haldol), et la réduction de l’incidence des prises pondérales ou des troubles lipidiques qui justifie une ASMR de niveau IV par rapport à l’olanzapine (Zyprexa).

La molécule, bien absorbée par voie orale (biodisponibilité de 87 %, indépendante de la réplétion gastrique), subit un métabolisme hépatique important impliquant les cytochromes CYP3A4 et CYP2D6, avant d’être éliminée avec une demi-vie variable selon le phénotype du CYP2D6 (d’environ 75 h pour les métaboliseurs rapides contre 146 h pour les métaboliseurs lents). Il est encore trop tôt pour apprécier la place que prendra l’aripiprazole dans la stratégie thérapeutique. Il s’intègre dans une famille incluant déjà l’amisulpride (Solian), la clozapine (Leponex), l’olanzapine (Zyprexa) et la rispéridone (Risperdal, Risperdalconsta).

Voir « Le Moniteur » n° 2581 du 07.05.05.

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* Abilify est commercialisé par Bristol-Myers Squibb et Otsuka Pharma.