Resolor

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Publié le 21 janvier 2012
Par Géraldine Galan
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Le prucalopride est le premier agoniste 5-HT4 sélectif disponible dans le traitement de la constipation chronique. Sa sélectivité lui confère une sécurité d’emploi en évitant les potentiels effets indésirables cardiaques qui ont causé le retrait du marché du cisapride (Prepulsid).

Indication

Resolor est indiqué en seconde intention dans le traitement symptomatique de la constipation chronique chez les femmes pour qui les laxatifs n’ont été suffisamment efficaces. Les laxatifs étant eux-mêmes prescrits après échec des mesures hygiénodiététiques (et en complément de celles-ci).

Mode d’action

Le prucalopride stimule la motricité intestinale du fait de son action agoniste sélective sur les récepteurs 5-HT4 intestinaux à la sérotonine.

Posologie

• Chez les femmes de 18 à 65 ans, il est recommandé d’administrer 2 mg de prucalopride par jour en une prise.

• Au-delà de 65 ans le traitement doit être initié à 1 mg par jour. Par la suite, la dose peut être augmentée à 2 mg si nécessaire.

• L’excrétion rénale est la principale voie d’élimination du prucalopride. Aussi, chez les patientes souffrant d’insuffisance rénale sévère, la dose quotidienne ne doit pas dépasser 1 mg. Aucun ajustement de dose n’est nécessaire si l’insuffisance rénale est légère ou modérée.

• Dans l’attente de résultats d’études, le traitement n’est pas recommandé chez les hommes ou les patientes de moins de 18 ans.

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• Si la prise quotidienne de Resolor n’est pas efficace au bout de 4 semaines, l’intérêt de la poursuite du traitement doit être discuté.

• Les études ont été menées sur des périodes de trois mois. Si le traitement doit se prolonger au-delà, son intérêt doit être réévalué à intervalles réguliers.

Contre-indications

• L’insuffisance rénale nécessitant une dialyse.

• La perforation ou l’obstruction intestinale.

Grossesse et allaitement

Le traitement par Resolor n’est pas recommandé au cours de la grossesse ou de l’allaitement. Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace au cours du traitement.

Effets indésirables

Les effets secondaires du prucalopride apparaissent surtout en début de traitement et disparaissent en quelques jours lors de sa poursuite. Les plus fréquemment rapportés au cours des études cliniques (20 % des patientes) ont été des maux de tête et des symptômes gastro-intestinaux à type de douleurs abdominales, nausées ou diarrhées. Des dyspepsies, des rectorragies, des flatulences, des pollakiuries (mictions fréquentes) et des vertiges ont également été signalés. Du fait de la possible apparition de vertiges, la conduite de véhicules doit être envisagée avec prudence en début de traitement.

Interactions médicamenteuses

• Le prucalopride a un faible potentiel d’interaction.

• La prudence est requise chez les patientes traitées de façon concomitante par des médicaments susceptibles d’allonger l’intervalle QT.

• Les substances apparentées à l’atropine peuvent réduire les effets du prucalopride sur les récepteurs 5-HT4.

Dites-le-au patient

– Resolor peut être administré indifféremment par rapport aux repas.

– La prudence est requise au volant. en début de traitement à cause du possible risque de vertiges.

FICHE TECHNIQUE

Boîtes de 28 comprimés pelliculés, liste I, non remb. SS.

• Prucalopride 1 mg pour un comprimé pelliculé blanc rond et biconvexe, PAHT : 46,68 €, AMM : 494 162.7.

• Prucalopride 2 mg pour un comprimé pelliculé rose rond et biconvexe, PAHT : 70,18 €, AMM : 494 165.6.

Shire 01 46 10 90 00

LA CONSTIPATION CHRONIQUE

> Qu’est-ce que c’est ?

Le diagnostic de constipation chronique repose classiquement sur la présence, pendant une durée supérieure à 12 semaines au cours des 12 derniers mois, d’au moins deux symptômes parmi les suivants :

• moins de trois selles par semaine ;

• selles dures ;

• difficultés d’exonération ;

• sensation d’exonération incomplète et/ou d’obstruction ;

• nécessité de manœuvres digitales pour aider à l’évacuation.

> Quelles sont les étiologies ?

La constipation peut être liée :

• à un trouble de la motricité colique caractérisé par une diminution de l’activité motrice ;

• à un trouble de l’exonération (dyschésie), dû à une anomalie de fonctionnement des sphincters anaux.

Les étiologies de la constipation sont nombreuses. La constipation, occasionnelle ou chronique, est le plus souvent fonctionnelle ou primitive : elle peut être liée à l’hygiène de vie (alimentation pauvre en fibres, insuffisance d’activité physique, manque de boissons…), à des variations hormonales ou à un blocage psychologique notamment.

La constipation peut également être secondaire à une pathologie digestive (maladie de Hirschsprung, tumeur…), neurologique (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, séquelles d’AVC…), psychiatrique (dépression, troubles psychotiques…) ou endocrinienne (hypothyroïdie). De nombreux médicaments peuvent aussi être responsables d’une constipation (opiacés, anticholinergiques, inhibiteurs calciques, bêtabloquants, diurétiques…).

> La dépendance aux laxatifs

L’utilisation de laxatifs au long cours, et particulièrement les laxatifs stimulants, peut entraînerune dépendance : l’arrêt du traitement est responsable d’un effet rebond. Plus rarement, leur utilisation sur du long terme entraîne la « maladie des laxatifs », responsable d’hypokaliémie et de mélanose rectocolique.

Delphine Guilloux

L’AVIS DU PHARMACOLOGUE
Denis Richard, hôpital Laborit (Poitiers)

Prucalopride : une sélectivité digne d’intérêt

Le prucalopride est le premier agoniste sélectif des récepteurs sérotoninergiques 5-HT4 essentiellement exprimés par les neurones du système nerveux entérique : il respecte les récepteurs 5-HT1, 5-HT2, 5-HT3 ainsi que les canaux potassiques cardiaques. Sa structure présente des analogies avec celle du cisapride, autre agoniste 5-HT4 connu pour augmenter la motilité entérique mais dont l’index thérapeutique défavorable, en raison de sa faible sélectivité (toxicité cardiaque) a finalement conduit à son retrait progressif du marché. La stimulation 5-HT4 augmente la contraction des fibres musculaires lisses longitudinales de l’intestin sans augmenter le tonus des fibres circulaires, ce qui accélère et renforce le tonus évacuateur. De plus, ce médicament a un impact positif sur les sécrétions intraluminales, ce qui concourt aussi à faciliter l’exonération. Le prucalopride est éliminé sans subir de catabolisme par le CYP450, ce qui réduit le risque d’interactions cinétiques.

Ce nouvel agoniste sérotoninergique fait l’objet d’essais cliniques depuis plus d’une décennie dans le traitement de la constipation. Les essais pivots de phase III, en double aveugle contre placebo, montrent que le prucalopride est efficace et bien toléré sur 12 semaines. A la dose journalière de 2 mg, il a un effet favorable chez les sujets souffrant de constipation chronique : il double approximativement le nombre de défécations versus placebo et améliore la qualité de vie des patients.

Toutefois, les études n’allant pas au-delà de trois mois de traitement, il est permis de s’interroger sur la tolérance du prucalopride au long cours : bien que sélectif des récepteurs 5-HT4, est-il totalement dépourvu d’effets cardiaques ? Peut-il être à l’origine de vasospasmes, comme le tégaserod, un autre agoniste 5-HT4 commercialisé aux Etats-Unis puis retiré du marché de ce fait ? Comme pour toute mise sur le marché de nouvelle molécule, une certaine prudence s’impose.

L’AVIS DE LA HAS

La Commission de la transparence n’a pas émis d’avis sur Resolor. Le prucalopride n’a donc pas de SMR (service médical rendu), ni d’ASMR (amélioration du service médical rendu). La population cible n’est pas déterminée.