L’équipe fusionnelle

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Publié le 13 septembre 2003
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Leur histoire

Sonia Abecassis, après 14 ans d’assistanat, a fait une création à Corbeil-Essonnes (91) il y a douze ans. Son équipe compte environ 25 collaborateurs, dont 6/7 pharmaciens, 12 préparateurs, 2 BP, 1 apprenti CAP, 2 femmes de ménage, 1 comptable et 1 secrétaire.

Pourquoi ça marche ?

– Le point de vue du titulaire. A un confrère qui l’interrogeait sur les raisons de la cohésion de son équipe, Sonia Abecassis a simplement répondu : « J’aime bien mes collaborateurs, ou plutôt, je les aime tout court. » Plus pragmatiquement, son verdict sur les ingrédients d’une équipe qui marche tient en quatre mots : sélection, écoute, dynamisme, responsabilisation. « J’ai moi-même un caractère dynamique et je choisis donc des collaborateurs dynamiques. Par principe, lors des recrutements, on exclut les mous, les lents, ceux qui manquent de rigueur. Il est important que l’équipe soit homogène. Ici, soit on s’adapte, soit on est rejeté. De toute façon, j’ai un principe auquel je ne déroge pas. Je préfère avoir moins de personnel mais un personnel performant. » Une attitude qui peut sembler abrupte mais qui a le mérite d’être franche.

« Ici, il n’y a pas de frontière de grades. Nous nous tutoyons tous. Mais attention, chacun assume ses responsabilités ! Je suis très présente à l’officine et les membres de l’équipe comptent sur moi un peu comme sur une maman qui serait là pour apporter une solution lorsqu’ils ne la trouvent pas tout seul. Je ne suis pas derrière eux en permanence, mais j’essaie de me rendre disponible et accessible aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan personnel. »

– Le point de vue des collaborateurs. La formation permanente et les challenges, internes à l’officine (comme la prise en charge des clients en moins de cinq minutes) ou bien fixés par le groupement dont dépend la pharmacie, sont autant d’éléments qui accroissent la compétence de chacun tout en canalisant les énergies sur un objectif commun, le développement de l’officine.

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« La réussite de l’équipe, l’ambiance de travail viennent de la titulaire, confie Magalie Pinard, préparatrice à la pharmacie Abecassis depuis douze ans et responsable dermocosmétique. Elle a beaucoup de caractère, elle est dynamique et très gaie et elle sait donner l’impulsion. Grâce à elle, l’équipe est soudée. » « Elle nous a donné le goût d’aller voir plus loin que le comptoir, on ne s’ennuie pas, renchérit Lætitia Gomarin, préparatrice présente depuis quatre ans. Elle nous confie à chacun la gestion complète de certaines gammes et nous en fournit les chiffres régulièrement, c’est valorisant ! » Une position partagée par Aurore Robert, préparatrice en charge de la diététique, pour qui « la délégation des tâches fait que l’on s’investit plus facilement dans son travail, et moralement c’est mieux ».

L’AVIS DU CONSULTANT

– Les valeurs fortes

Quand on n’aime pas les gens, on ne peut pas réussir dans ce métier. L’esprit de service n’est possible que si l’on donne de soi. La disponibilité est également essentielle. Faute de quoi, un manager ne peut avoir un bon relationnel avec ses collaborateurs. Mais attention, ne pas confondre « se dire toujours disponible » et « se rendre réellement disponible à bon escient ». Autres bases du management : la délégation des tâches par la responsabilisation et l’exemplarité.

– L’excès de style

La loi des similitudes est nécessaire (« il est important que l’équipe soit homogène ») mais pas suffisante. On risque de passer à côté de la différence, de la complémentarité qui peuvent justement enrichir un groupe. L’uniformité n’a jamais été un facteur de progrès (attention au groupe fermé exclusif !). Par ailleurs, un titulaire qui tutoie son équipe – et réciproquement – ne traduit pas forcément une bonne entente et une proximité. Le tutoiement relève de la spontanéité, même s’il y a une évidente incidence générationnelle.

Enfin, il faut prendre garde à une relation paternaliste trop installée et limitante (« ils comptent sur moi un peu comme sur une maman »). Le management, c’est parvenir à instaurer des relations d’adulte à adulte pour responsabiliser, autonomiser, développer l’esprit d’initiative.