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Le phénomène de Raynaud
Qu’est-ce que c’est ?
• Un acrosyndrome vasculaire, c’est-à-dire un ensemble de perturbations réversibles de la vasomotricité des extrémités (ischémie) évoluant par crises.
• Il résulte d’un spasme brutal des artérioles distales de la main (plus rarement des orteils, du nez, du menton ou des oreilles) déclenché par le froid ou le stress.
• En France, la prévalence du phénomène de Raynaud est de 11 % chez la femme et de 8 % chez l’homme, avec des fluctuations géoclimatiques (fréquence plus élevée en région montagneuse ou froide).
Maladie ou syndrome ?
• La maladie de Raynaud ou phénomène de Raynaud dit primaire ou idiopathique, est un trouble vasomoteur fonctionnel déclenché par le froid. Fréquente et généralement bénigne, elle concerne 80 % des cas.
• Le syndrome de Raynaud ou phénomène de Raynaud secondaire, est une forme rare et sévère avec risque de gangrène ou de nécrose. Secondaire à une atteinte organique de la paroi artérielle, à une modification du tonus musculaire artériel ou de la viscosité plasmatique ou sanguine, il est la manifestation d’une maladie générale ou locorégionale sous-jacente : connectivites, vascularites. Il peut être provoqué par certaines activités à l’origine de maladies professionnelles (syndrome vibratoire du marteau-piqueur). Il peut aussi y avoir une cause iatrogène (bêtabloquant non cardiosélectif même sous forme de collyre, dérivés de l’ergot de seigle, bléomycine, ciclosporine, clonidine, sumatriptan).
Quels sont les signes cliniques ?
• La crise, qui dure de quelques minutes à quelques heures, évolue en 3 phases :
– la phase syncopale froide, avec décoloration brutale et engourdissement des doigts ;
– la phase asphyxique, avec cyanose liée au manque d’oxygène et paresthésie ;
– la phase hyperhémique : récupération avec érythrose, picotements et sensation de brûlure puis retour progressif à la normale.
• Le diagnostic, essentiellement clinique, repose sur l’interrogatoire. Une survenue avant 40 ans, une atteinte bilatérale, généralement symétrique et épargnant les pouces, des antécédents familiaux, une absence de troubles trophiques et de maladie sous-jacente sont des critères en faveur d’une maladie de Raynaud. Sinon, des examens complémentaires sont effectués : capillaroscopie, recherche d’anticorps antinucléaires…
Quel traitement ?
• Le phénomène de Raynaud idiopathique ne nécessite de traitement médicamenteux qu’en cas de gêne importante. En revanche, dans le phénomène de Raynaud secondaire, un traitement étiologique est prescrit à chaque fois que c’est possible.
• Les médicaments utilisés dans le traitement du phénomène de Raynaud par voie orale sont des vasodilatateurs artériels périphériques comme Vasobral (dihydroergocryptine + caféine), Praxilène, Di-Actane (naftidrofuryl), Tanakan, Vitalogink, Tramisal (Ginkgo biloba) et Carlytène (moxisylyte). Adalate (nifédipine), un inhibiteur sélectif à effet vasculaire, et Minipress (prazosine), un vasodilatateur périphérique alphabloquant, sont également indiqués.
• D’une manière générale, les effets modestes de ces médicaments doivent être mis en balance avec leurs effets indésirables fréquents.
EN PRATIQUE
En prévention, quelques mesures simples d’hygiène de vie sont conseillées : protection contre le froid (port de gants, chaussettes…), gestion du stress, sevrage tabagique, éviction d’activités traumatiques…
En cas de crise :
• Se réchauffer les mains ou les pieds en les plaçant dans de l’eau tiède (pas chaude) ou, pour les mains, sous les aisselles.
• Rétablir la circulation en bougeant doigts ou orteils en massant les parties atteintes (nez, oreilles, menton) ou en bougeant les bras par grands cercles (mains).
Sources : « Les acrosyndromes vasculaires », cours de 2e année de médecine, Joël Constans, www.roneos2010.totalh.com ; « Conduite à tenir devant un acrosyndrome vasculaire », « Angéiologie », 2004, vol . 56, n° 4, pp 47-50 ; « Raynaud (phénomène de) », 2001, www.therapeutique-dermatologique.org ; « Les phénomènes de Raynaud, un bilan et un traitement sont rarement nécessaires », « Prescrire », novembre 2001, tome 21, n° 222.
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