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Les médicaments des troubles de l’érection
Mode d’emploi, précautions et remboursement différencient les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 et l’alprostadil.
Une place stratégique
– Les médicaments d’aide à l’érection sont indiqués chez tout homme, sauf celui dont le cœur ne supporterait pas d’activité sexuelle (laquelle équivaut à monter 1 à 2 étages) : insuffisance cardiaque, coronaropathies très sévères…).
– Les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE-5) sont prescrits en première intention, même chez les coronariens – sous couvert d’une épreuve d’effort – et les patients à risque cardiovasculaire. Les injections intracaverneuses sont recommandées en cas de contre-indications ou de non-réponse aux IPDE-5, voire de préférence.
– Ni durée, accoutumance, effets indésirables ou limite d’âge.
Deux modes d’action
• Inhibiteurs de la PDE-5. Sildénafil, tadalafil et vardélafil se prennent par voie orale et nécessitent une stimulation sexuelle pour induire une érection. Délais, durée d’action et prise aux repas varient (tableau). Prise : ponctuelle, avant un rapport ou quotidienne pour Cialis 2,5 et 5 mg).
• Alprostadil. Cette prostaglandine E1 induit une érection indépendante de toute stimulation sexuelle. L’administration, intracaverneuse ou intra-urétrale, nécessite un apprentissage. La dose doit permettre une érection complète cinq à dix minutes après l’injection.
Des effets indésirables
• Communs : céphalées, vertiges, hypotension, rare priapisme (érection prolongée et douloureuse pouvant induire des lésions péniennes). Une érection > 3 heures est une urgence.
• Spécifiques. IPDE-5 : rougeurs du visage, congestion nasale, troubles digestifs, visuels et auditifs, douleurs dorsales. Alprostadil : douleur à l’érection, hématome, saignement urétral et irritation vaginale chez la partenaire (intra-urétral).
Interactions absolues
• IPDE-5 : hypotension grave avec les dérivés nitrés (trinitrine, dinitrate d’isosorbide, nicorandil…) et donneurs de monoxyde d’azote (linsidomine, molsidomine et stimulants sexuels, type « poppers », puissants vasodilatateurs). Déconseillés : ritonavir, lopinavir, saquinavir, pamplemousse (jus).
• Alprostadil : prudence en association aux vasodilatateurs ou antihypertenseurs. Risque accru de saignement sous AVK.
Remboursement
Oui pour l’alprostadil intracaverneux sur ordonnance d’exception (séquelle de chirurgie, sclérose en plaques, paraplégie, séquelles de chirurgie, de radiothérapie ou du priapisme, neuropathie diabétique avérée).
Particularités
• Les deux types de médicaments des troubles de l’érection ont un mode d’action différent.
• Les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE-5) se prennent par voie orale, à la demande ou en prise quotidienne. Ils diffèrent par leur délai, leur durée d’action, leur prise par rapport à la nourriture.
• L’alprostadil nécessite un apprentissage.
• Aucun n’est remboursé, sauf l’alprostadil dans certains cas.
Repères
La dysfonction érectile (DE) est l’incapacité persistante ou répétée d’obtenir et/ou de maintenir une érection suffisante pour une activité sexuelle satisfaisante (au moins trois mois). Les causes sont nombreuses, en raison de la participation nerveuse et vasculaire du mécanisme de l’érection : vasculaires (traumatiques, hyperlipidémie, HTA, diabète, athéromateuses, tabac), altérations nerveuses centrales (SEP, paraplégies, Parkinson, AVC…) ou périphériques (diabète, prostatectomie…), psychologiques (absence de désir…), pathologies (dépression…), médicaments (diurétiques thiazidiques, anti-H2, antidépresseurs, NLP, hypolipémiants…), déficit en testostérone…
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