La généralisation de la vaccination en quête d’une voie légale

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Publié le 31 mars 2018
Par Magali Clausener
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Le gouvernement a annoncé le 26 mars la généralisation de la vaccination antigrippale par les pharmaciens en 2019. Une mesure qui s’inscrit dans son programme « Priorité à la prévention » . Les premiers résultats de l’expérimentation ont en effet été jugés positifs. La nouvelle n’a pas étonné Gilles Bonnefond, président de l’USPO : « A la demande du ministère de la Santé, nous avons réalisé des cartes sur l’évolution de la couverture vaccinale entre 2016 et 2017, à partir de données d’IMS Pharmastat. Nous observons que l’augmentation du nombre de personnes vaccinées contre la grippe est trois fois supérieure à la moyenne nationale en Nouvelle-Aquitaine et en Auvergne-Rhône-Alpes, les deux régions expérimentatrices. » Philippe Gaertner, président de la FSPF, se félicite également de cette évolution « pour les patients et pour les pharmaciens des autres régions ».

Un vecteur législatif

Mais la décision du gouvernement a immédiatement suscité des questions sur les modalités de la généralisation : quel cadre réglementaire ? Quelles populations ciblées ? Gilles Bonnefond et Philippe Gaertner, mais aussi le président de l’ANEPF, Robin Ignasiak, soulignent tout l’intérêt d’inclure les primovaccinants. Interrogée par Le Moniteur des pharmacies, la Direction générale de la santé (DGS) a confirmé qu’un vecteur législatif serait nécessaire à la généralisation. Pour les syndicats, le prochain PLFSS semble être le vecteur approprié. Quant aux populations concernées par la vaccination officinale, « la question n’est pas tranchée. La commission technique des vaccinations de la Haute Autorité de santé a été saisie », répond la DGS. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a effectivement saisi fin février la commission sur l’élargissement des compétences des infirmiers et des pharmaciens en matière de vaccination. Et selon nos informations, la HAS n’a pas encore rendu son avis. Restent la nomenclature de l’acte et sa rémunération. « Nous avons 15 mois pour nous préparer », conclut Philippe Gaertner.

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