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Guillaume Nebout, « La vaccination est le service le plus innovant pour les officines »
Test de grains de beauté, mesure de l’âge des artères, vaccination… Les services déployés par Walgreens Boots Alliance dans le reste de l’Europe pourraient inspirer les officines françaises.
Les pharmaciens français sont-ils plus réticents que leurs confrères européens à s’engager vers les services aux patients ?
G.N.Non, mais le contexte réglementaire est quelque peu différent en France. Je crois fortement à l’intérêt de ces services dans les pharmacies. Ce sont des facilitateurs d’accès à la santé : le pharmacien est le seul professionnel disposant d’un doctorat, accessible gratuitement et sans rendez-vous pour un conseil, six jours sur sept. Quand les entretiens pharmaceutiques ont été lancés en France, les officinaux ont répondu positivement, et, aujourd’hui, plusieurs centaines de milliers d’entretiens ont été réalisés.
Parmi les pharmaciens européens, lesquels sont les plus engagés dans les services ? Pourquoi ?
G.N.Incontestablement, la Grande-Bretagne et l’Irlande sont les deux pays les plus précurseurs. Cela peut s’expliquer par les spécificités de leur modèle dont découle une certaine coordination entre les professionnels de santé et une forte demande du grand public. Par exemple, en Grande-Bretagne, la possibilité de vacciner contre la grippe dans les pharmacies est perçue comme une solution pour désengorger les salles d’attente des cabinets médicaux. En France, il faut faire un travail de communication concertée auprès des médecins, des pharmaciens et des autorités de santé. Mais les pharmaciens français ne doivent pas avoir de complexes : la France est dans le peloton de tête des programmes de services.
Comment, et avec quels critères, identifiez-vous les services novateurs ?
G.N.Nous avons créé une plateforme baptisée Healthcare Innovation Plateforme dont le rôle est d’identifier les innovations dans tous les pays du monde pour, ensuite, les proposer en les adaptant aux services en pharmacie au sein de notre groupe. Cette plateforme aide également à mettre en place ces services. Elle a par exemple permis d’identifier et de déployer la mesure de l’âge vasculaire, aujourd’hui présente en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, en Italie et bientôt dans d’autres pays européens.
Quels services novateurs avez-vous lancé ou vous apprêtez-vous à lancer ?
G.N.La vaccination est un service sur lequel il faut mettre l’accent. J’y crois beaucoup. Si en France la réglementation change pour autoriser la vaccination dans les officines, cela changera le regard du patient sur le pharmacien. Il sera vraiment perçu comme un professionnel de santé à part entière. Dans les pays où ce service a été lancé, la couverture vaccinale s’est nettement améliorée. Autre service possible : le pharmacien pourrait mettre en avant des facteurs de risques comme pour les risques cardiovasculaires ou le diabète, à travers un protocole et un test, avant d’orienter les patients vers le médecin. C’est encore embryonnaire et des technologies permettent dorénavant de le formaliser davantage. Concernant le test d’angine, par exemple, on pourrait en faire davantage comme en Grande-Bretagne, si la réglementation changeait. En effet, les pharmaciens sont autorisés à prescrire directement un antibiotique, une fois effectué le test et répondu à un protocole précis, médicalement validé. Un autre service intéressant : en Italie, les pharmacies proposent de mesurer la densité osseuse.
Le service consistant à scanner les grains de beauté va-t-il se déployer ailleurs ?
G.N.Ce service a permis de faire 40 000 tests en Norvège. Il est en train de se développer en Grande-Bretagne qui pâtit d’un déficit de dermatologues important. Le principe est simple : le pharmacien prend la photo du grain de beauté à l’aide d’un appareil adapté, puis la transfère à un dermatologue expert qui peut l’analyser. Le service a été lancé dans 75 pharmacies, majoritairement à proximité de Londres, et il est pour le moment payant. En France, ce service pourrait fonctionner, particulièrement dans les zones rurales.
Y a-t-il d’autres services à l’étude qui peuvent être déployés en France ?
La mesure de l’âge vasculaire est en cours de déploiement, le nombre d’appareils de mesure a été doublé. Nous étudions également des services liés à l’adhérence au traitement. Un autre service possible serait l’adaptation du traitement pour les patients sous AVK, sur le modèle de la Grande-Bretagne où les pharmaciens peuvent adapter la posologie suivant les résultats de l’INR effectué en pharmacie.
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