Etudes biaisées sur l’aluminium

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Publié le 30 septembre 2017 | modifié le 31 mars 2025
Par Anne Drouadaine
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Alors que l’extension de l’obligation vaccinale approche, le quotidien Le Parisien lance un pavé dans la mare en annonçant, dans son édition du 21 septembre, l’existence d’un rapport passé sous silence par l’ANSM évoquant la neurotoxicité de l’aluminium présent dans les vaccins. L’ANSM a démenti dès le lendemain. En fait, l’Agence a soutenu financièrement des travaux de recherche fondamentale, en l’occurrence ceux du professeur Gherardi, neurologue, dont l’hypothèse de travail a été la suivante : l’incorporation des particules d’aluminium dans les cellules immunes est à l’origine de leur diffusion systémique et potentiellement des effets neurologiques.

D’après les résultats, certains polymorphismes génétiques exposeraient plus au risque de développer une myofasciite à macrophages en cas d’accumulation d’aluminium dans l’organisme.

Par ailleurs, contrairement à ce qui était imaginé, les plus faibles doses d’aluminium ont induit une plus forte accumulation dans le cerveau en raison d’une plus petite taille des nanoparticules. Cependant, dans cette étude, c’est un complexe aluminium-nanodiamants fluorescents qui a été étudié et non la pharmacocinétique de l’aluminium seul. En outre, les doses administrées aux souris (400 microgrammes/kg) ont été nettement supérieures aux doses injectées chez l’homme.

D’autres biais méthodologiques ont été relevés, tels que l’utilisation d’un nombre insuffisant de souris (cinq par groupes) et d’espèces différentes d’une étude à l’autre.

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« L’apport de l’étude aux connaissances sur la sécurité des vaccins semble significatif, sans être encore déterminant. Réplications et approfondissements sont nécessaires », a précisé dans un avis du 8 mars 2017 le conseil scientifique de l’ANSM.§