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De crise en crise
En 2022, le Covid-19 mais aussi la guerre en Ukraine, la poussée de l’inflation… ont maintenu la France en haleine. Alors que le Sars-Cov-2 sévit toujours, des cas de monkeypox font leur apparition dans le pays, le système de santé sature, les prix grimpent, la pénurie d’énergie guette et la température monte au niveau planétaire. Pendant ce temps, les pharmaciens, en première ligne durant la pandémie, mettent en œuvre de nouvelles missions en essayant de faire fi d’un PLFSS menaçant.
COVID-19 : ÇA CONTINUE ENCORE ET ENCORE
La pandémie de Covid-19 est loin d’être terminée, alimentée par de nouveaux variants. Si les Français abandonnent progressivement les gestes barrières et tombent le masque, les pharmaciens continuent de tester et de vacciner.
→ 30 novembre 2021 : un arrêté publié au Journal officiel (JO) autorise les étudiants en pharmacie à partir de la 4e année à vacciner dans les officines dès le 1er décembre. Un renfort bienvenu après la généralisation du rappel du vaccin anti-Covid-19 à toutes les personnes de plus de 18 ans.
→ 3 décembre 2021 : le variant Omicron arrive en France. La Direction générale de la santé (DGS) renforce les mesures de dépistage. Les professionnels de santé doivent contrôler le pays de provenance de toute personne venant se faire tester après un séjour à l’étranger.
→ 7 décembre 2021 : la vaccination réalisée le dimanche et les jours fériés par les pharmaciens qui le souhaitent est majorée de 5 €.
→ 22 décembre 2021 : la campagne de vaccination des enfants de 5 à 12 ans est lancée. Les pharmaciens ne sont pas des effecteurs mais doivent fournir aux professionnels de santé autorisés à vacciner cette population les tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) sérologiques.
→ 23 décembre 2021 : un arrêté permet aux pharmacies de devenir des centres de vaccination éphémères contre le Covid-19 à partir de 20 heures les jours ouvrés (après la fermeture des officines), ainsi que les dimanches et jours fériés.
→ 28 décembre 2021 : la grande distribution est autorisée par arrêté à vendre des autotests « à titre exceptionnel » et jusqu’au 31 janvier 2022. Entre le 28 décembre 2021 et le 2 janvier 2022, les enseignes écoulent près de 500 000 boîtes, sachant qu’une seule peut contenir plusieurs autotests.
→ 17 janvier 2022 : le variant Omicron prédomine désormais en France. On dénombre, entre le 17 et le 23 janvier, plus de 358 245 nouveaux cas en moyenne par jour. La vaccination se poursuit : au 25 janvier, près de 65 % des 18 ans et plus ont reçu une dose de rappel.
→ 21 janvier 2022 : un arrêté autorise de nouveaux professionnels de santé (orthophonistes, pédicures-podologues, orthoptistes, etc.) à réaliser, dès le prélèvement nasopharyngé, oropharyngé, salivaire ou nasal, des tests Covid-19 sous la responsabilité des professionnels de santé déjà habilités. La demande de tests explose en effet : durant la semaine du 10 janvier, plus de 11 millions de tests antigéniques (TAG) et par reverse transcription-polymerase chain reaction (RT-PCR) ont été effectués. Dans ce contexte, les grandes et moyennes surfaces (GMS) peuvent continuer à vendre des autotests jusqu’au 15 février.
→ 30 janvier 2022 : le premier rappel de vaccination contre le Covid-19 est obligatoire pour les soignants.
→ 4 février 2022 : à la suite d’un arrêté paru au JO, le vaccin Nuvaxovid (Novavax), à protéine virale, figure dans la liste des vaccins autorisés à être utilisés dans la stratégie vaccinale contre le Covid-19. Quinze jours plus tard, le 17 février, la Haute Autorité de santé (HAS) décide de suspendre provisoirement le vaccin Janssen en raison des risques d’infarctus du myocarde. Il peut cependant être employé chez les personnes à risque de forme sévère de Covid-19 qui présentent une contre-indication à un vaccin à ARNm.
→ 9 février 2022 : compte tenu du nombre très élevé de contaminations, l’Assurance maladie lance un nouveau téléservice, « Lister mes cas contacts », pour que les patients positifs préviennent eux-mêmes leurs cas contacts.
→ 14 mars 2022 : les Français n’ont plus besoin de présenter leur pass vaccinal dans les lieux où il était obligatoire : théâtres, cinémas, restaurants… Ils peuvent aussi tomber le masque dans les lieux fermés comme les commerces. Exception faite des transports collectifs de voyageurs. Le pass sanitaire est maintenu également dans les établissements de santé, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et toutes les structures recevant des personnes fragiles. L’obligation vaccinale continue aussi de s’appliquer pour les soignants. C’est en outre le 14 mars que la campagne du deuxième rappel (ou « quatrième dose ») contre le Covid-19 est lancée pour les personnes âgées de 80 ans et plus, ainsi que les résidents en Ehpad et en unités de soins de longue durée (USLD).
→ 31 mars 2022 : le tarif des TAG baisse, passant de 25,01 € à 16,50 €, et l’honoraire pour les autotests est désormais de 1 € contre 2 € auparavant bien que le prix du matériel reste inchangé à 3,35 €. Le même jour, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV) recommande l’administration d’un deuxième rappel vaccinal aux professionnels de santé et du secteur médicosocial, sans limite d’âge et sans caractère obligatoire. Le ministère de la Santé tergiversera encore plusieurs mois à ce sujet.
→ 1er avril 2022 : le vaccin Cormirnaty (Pfizer/BioNTech) est disponible sous forme prête à l’emploi pour les personnes de 12 ans et plus. Le variant Omicron BA.4 commence à prédominer en France.
→ 7 avril 2022 : le deuxième rappel du vaccin anti-Covid-19 est élargi aux personnes âgées de 60 à 79 ans.
→ 21 avril 2022 : une fois n’est pas coutume, le prix d’achat maximal des autotests Covid-19 spécifiques pour enfant de moins de 12 ans passe de 3,70 € à 4 € et le prix limite de vente de 4,10 à 5,20 €.
→ 16 mai 2022 : le port du masque dans les transports en commun n’est plus obligatoire.
→ 29 juin 2022 : la France subit une septième vague. Le dépistage bat son plein : plus de 2,4 millions de tests ont été enregistrés du 22 au 28 juin, soit une augmentation de 39 % par rapport à la semaine précédente. Le sous-lignage BA.5 du variant Omicron prend peu à peu la place du variant BA.4 avec 59 % des contaminations.
→ 13 juillet 2022 : la HAS recommande d’élargir le deuxième rappel de vaccination anti-Covid-19 aux patients de moins de 60 ans identifiés comme étant à risque de forme grave de Covid-19, ainsi qu’aux femmes enceintes dès le premier trimestre de grossesse et aux personnes vivant dans l’entourage ou en contacts réguliers avec des sujets immunodéprimés ou vulnérables. Il n’y a toujours pas de recommandation pour les soignants.
→ 26 juillet 2022 : le deuxième rappel contre le Covid-19 est étendu à tous les professionnels de santé (dont les pharmaciens), quel que soit leur âge ou leur état de santé et à l’ensemble des salariés du secteur de la santé (dont les préparateurs) et du secteur médicosocial, aux aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables, aux professionnels du transport sanitaire, ainsi qu’aux pompiers, quels que soient leur âge, leur mode d’exercice et leur état de santé.
→ 1er septembre 2022 : l’Agence européenne des médicaments (EMA) approuve les vaccins bivalents ciblant Omicron BA.1 de Pfizer/BioNTech et de Moderna.
→ 12 septembre 2022 : une huitième vague de Covid-19 se profile : la circulation du Sars-CoV-2 s’accélère sur tout le territoire métropolitain entre le 12 et le 18 septembre. Le variant BA.5 représente 93 % des séquences. L’EMA approuve le vaccin bivalent de Pfizer/BioNTech ciblant les sous-lignages BA.4 et BA.5 du variant Omicron.
→ 20 septembre 2022 : la HAS intègre les vaccins bivalents dans la stratégie de vaccination pour l’automne.
→ 26 septembre 2022 : les pharmaciens peuvent commander les premiers vaccins bivalents. Il s’agit de Spikevax Original/Omicron BA.1 de Moderna. Les doses disponibles sont faibles pour le moment (576 000). Le vaccin Comirnaty Original/Omicron BA.4-5 de Pfizer/BioNtech sera disponible à la commande le 3 octobre.
→ 29 septembre 2022 : le gouvernement installe le nouveau Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), créé le 31 juillet, qui doit apporter son expertise afin d’éclairer les décisions des pouvoirs publics. Les missions du Covars s’inscrivent dans l’approche « une seule santé » (One Health), élargie aux risques sanitaires liés aux agents infectieux atteignant l’homme et l’animal, aux polluants environnementaux et alimentaires et au changement climatique.
→ 3 octobre 2022 : la campagne automnale avec les vaccinsbivalents débute. Elle cible les personnes âgées de plus de 60 ans, les résidents d’Ehpad et d’USLD, les personnes à risque de forme grave de la maladie, les personnes vivant dans l’entourage ou en contact régulier avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables et les professionnels des secteurs sanitaire et médicosocial. L’administration de la dose de rappel doit respecter un délai de trois mois pour les personnes de 80 ans et plus, pour les résidents en Ehpad ou en USLD et pour les personnes immunodéprimées quel que soit leur âge, et de six mois pour les autres. Les rappels sont effectués de préférence avec les vaccins bivalents quel que soit le ou les vaccins utilisés précédemment.
→ 20 octobre 2022 : le Covars rend son premier avis sur la pandémie de Covid-19 en France. Il préconise notamment : de faciliter, d’amplifier et d’accélérer la campagne de vaccination ; de communiquer sur le port du masque ; de « promouvoir le dépistage et maintenir la promotion des tests antigéniques et autotests et un accès simple et facile aux tests PCR pour la surveillance moléculaire des virus circulants » ; d’amplifier l’usage de Paxlovid ; d’associer et de consulter les instances de la démocratie sanitaire.
→ 27 octobre 2022 : pour protester contre les économies prévues par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023, soit 250 millions d’euros sur les actes courants, les biologistes décident de ne plus transmettre les résultats des tests RT-PCR sur le SI-DEP, le système d’information national de dépistage populationnel. Un mouvement qui perturbe le suivi de l’épidémie de Covid-19. Ce n’est que le début du mouvement de protestation (Voir « Pharmaciens et système de santé : des hauts et des bas »).
→ 28 octobre 2022 : le variant BA.5 reste omniprésent en France, mais un nouveau sous-lignage BQ.1.1 a fait son apparition.
→ 9 novembre 2022 : un quatrième vaccin bivalent est approuvé en France, celui de Moderna adapté aux variants BA.4 et BA.5. La HAS l’intègre dans la stratégie vaccinale de rappel contre le Covid-19.
→ 10 novembre 2022 : deux ans après le début de la pandémie, Sanofi a enfin le feu vert de l’Europe pour son vaccin anti-Covid-19. Développé avec GSK, VidPrevtyn Beta obtient son autorisation de mise sur le marché (AMM) par l’EMA.
PHARMACIENS ET SYSTÈME DE SANTÉ : DES HAUTS ET DES BAS
Si la nouvelle convention consacre le rôle du pharmacien en tant qu’acteur de santé publique, le système de santé garde les stigmates des deux années de crise sanitaire.
→ 3 décembre 2021 : la cour d’appel de Paris confirme le jugement rendu il y a un an par le tribunal de commerce de Créteil (Val-de-Marne), à savoir la condamnation d’E.Leclerc pour publicité mensongère. En 2017, l’Union des groupements de pharmaciens d’officine (UDGPO) avait en effet attaqué en justice la société Le Galec, groupement des magasins E.Leclerc, pour sa campagne de publicité mettant en avant la présence de docteurs en pharmacie dans les parapharmacies du groupe.
→ 5 décembre 2021 : l’Ordre des pharmaciens a adopté un projet de nouveau code de déontologie. Ce texte prend en compte le numérique, la pratique de l’exercice coordonné ou encore le signalement des victimes de violences conjugales. Mais les modifications apportées par le ministère de la Santé ne conviennent pas, notamment en ce qui concerne certains points juridiques. Au 21 novembre 2022, l’Ordre est en attente d’un nouveau calendrier.
→ 6 décembre 2021 : le Comité économique des produits de santé (CEPS) annonce aux syndicats pharmaceutiques de nouvelles baisses de prix des médicaments génériques pour un montant de 56 millions d’euros. Les syndicats avaient demandé au CEPS de repousser ces mesures jusqu’à la fin de l’épidémie.
→ 16 décembre 2021 : le Conseil constitutionnel censure 27 dispositions de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2022, considérées comme « cavaliers sociaux ». Il censure notamment l’article 67 qui prévoyait « un mécanisme de pénalités à l’encontre des pharmaciens titulaires d’officine en cas de manquement à l’obligation de désactivation de l’identifiant unique figurant sur l’emballage de certains médicaments signalés », c’est-à-dire des sanctions pour les officinaux ne pratiquant pas la sérialisation.
→ 20 décembre 2021 : l’Assurance maladie et les syndicats représentatifs des professionnels de santé libéraux signent un nouvel avenant relatif aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). L’accord renforce le dispositif d’accompagnement à la création des CPTS et augmente les aides financières proposées. Il intègre également une nouvelle mission socle à la suite de la pandémie de Covid-19 : la réponse aux crises sanitaires graves.
→ 24 décembre 2021 : la LFSS pour 2022 est publiée au Journal officiel (JO). Plusieurs articles concernent la pharmacie en 2022 : la relance de la substitution des biosimilaires (article 64) ; l’expérimentation du remboursement des substituts nicotiniques délivrés sans ordonnance pour une durée de deux ans dans trois régions (article 66) ; l’assouplissement du renouvellement exceptionnel, permettant la délivrance de médicaments et de dispositifs médicaux pour un mois lorsque l’ordonnance pour pathologies chroniques est expirée (article 78) ; l’élargissement de la prise en charge intégrale de la contraception hormonale à toutes les femmes de moins de 26 ans (article 85).
→ 5 janvier 2022 : le tribunal judiciaire de Paris estime que Sanofi a « commis une faute en manquant à son obligation de vigilance et à son obligation d’information » sur les risques de son médicament Dépakine pour le fœtus.
→ 11 janvier 2022 : la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2021-2022, qui devait s’achever le 31 janvier, est prolongée jusqu’au 28 février.
→ 3 février 2022 : Mon espace santé, le nouvel outil numérique de santé des patients, est officiellement lancé. Tous les assurés sociaux disposeront d’un espace santé, qui comprendra le dossier médical partagé (DMP), un agenda pour les rendez-vous médicaux et un catalogue d’applications santé et bien-être « labellisées ». A charge ensuite aux professionnels de santé et aux établissements de santé d’alimenter le DMP grâce aux logiciels métiers référencés Ségur du numérique en santé, qui devront être installés notamment en 2023.
→ 20 février 2022 : un décret paru au JO du 20 février pérennise les mesures exceptionnelles mises en place lors du premier confinement en mars 2020 afin d’assouplir les conditions des interruptions volontaires de grossesse (IVG) médicamenteuses à domicile. Le recours à la téléconsultation avec un médecin ou une sage-femme conventionnée reste autorisé. Les médicaments nécessaires à l’IVG sont délivrés directement à la patiente, après réception de la prescription via une messagerie sécurisée par la pharmacie choisie par la patiente.
→ 24 février 2022 : la Russie attaque l’Ukraine dans la nuit du 23 au 24 février. Cette guerre marque le début d’une hausse des prix de certains produits en France et en Europe. Elle pose aussi la question de la fourniture d’énergies aux pays de l’Union européenne, en particulier après les sanctions prises contre la Russie.
→ 9 mars 2022 : la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et l’Assurance maladie signent la nouvelle convention pharmaceutique.
→ 16 mars 2022 : première augmentation du point conventionnel de 3 %.
→ 30 mars 2022 : Philippe Besset est réélu à la tête de la FSPF pour trois ans.
→ 7 avril 2022 : un arrêté publié au JO modifie celui du 29 septembre 2006 relatif aux programmes de dépistage des cancers et intègre la remise des kits de dépistage du cancer colorectal par les pharmaciens. C’est la première mission mise en application de la nouvelle convention pharmaceutique signée le 9 mars.
→ 14 avril 2022 : un arrêté fixe la liste des groupes biologiques similaires substituables par le pharmacien d’officine. Il s’agit du pegfilgrastim et du filgrastim, celui-ci remplaçant la somatotropine initialement prévue par la LFSS pour 2022. Le même jour, un autre arrêté publié au JO crée deux premiers groupes de médicaments hybrides : « médicaments pour les maladies obstructives des voies respiratoires : adrénergiques en inhalation » et « médicaments pour les maladies obstructives des voies respiratoires : autres médicaments en inhalation pour les maladies obstructives des voies respiratoires ».
→ 23 avril 2022 : un décret et deux arrêtés parus au JO actent l’extension des compétences vaccinales des pharmaciens, conformément à la nouvelle convention nationale pharmaceutique signée le 9 mars. Les pharmaciens sont donc autorisés à administrer, uniquement sur prescription médicale, les vaccins contre 14 pathologies : rage, diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, papillomavirus humains (HPV), pneumocoque, hépatites (A et B), méningocoques (A, B, C, Y et W). La cible de la vaccination contre la grippe saisonnière est étendue aux adolescents à partir de 16 ans.
→ 24 avril 2022 : Emmanuel Macron est réélu président de la République.
→ 20 mai 2022 : cinq jours après la nomination d’Elisabeth Borne au poste de Première ministre, le nouveau gouvernement est formé. Brigitte Bourguignon succède à Olivier Véran, et devient ministre de la Santé et de la Prévention. Brigitte Bourguignon était, depuis le 6 juillet 2020, ministre déléguée chargée de l’Autonomie auprès du ministère des Solidarités et de la Santé.
→ 24 mai 2022 : la prime pour l’embauche d’apprentis est prolongée au-delà du 30 juin 2022.
→ 9 juin 2022 : Bruno Maleine est élu président du conseil central de la section A de l’Ordre des pharmaciens, succédant à Pierre Beguerie qui ne s’est pas représenté.
20 juin 2022 : Jérôme Parésys-Barbier est réélu président de la section D (pharmaciens adjoints d’officine et autres exercices).
→ 21 juin 2022 : l’Ordre des pharmaciens, la FSPF, l’USPO, France Medicines Verification Organisation (France MVO, l’organisme chargé de mettre en œuvre la sérialisation des boîtes de médicaments) et la DGS rappellent, dans une lettre ouverte adressée aux pharmaciens, que la sérialisation est une obligation réglementaire à respecter pour toutes les pharmacies. Au 1er mai 2022, seulement un tiers des officines réalisent la sérialisation. Dans les autres pays de l’Union européenne, presque la totalité des pharmacies pratiquent la sérialisation. Le retard de la France pourrait être sanctionné d’une amende de 400 à 600 millions d’euros.
→ 4 juillet 2022 : à la suite des élections législatives, François Braun devient ministre de la Santé et de la Prévention. Agnès Firmin-Le Bodo, pharmacienne qui exerçait au Havre (Seine-Maritime), est nommée ministre déléguée à l’organisation territoriale et aux professions de santé, et est rattachée au ministère de la Santé et de la Prévention. Le même jour, Carine Wolf-Thal est réélue à la présidence du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP).
→ 12 juillet 2022 : face aux tensions d’approvisionnement en paracétamol, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la FSPF et l’USPO se mobilisent pour assurer la couverture des besoins durant la période estivale. Tous recommandent aux pharmaciens de limiter leurs commandes et de réguler les quantités dispensées dans la mesure du possible.
→ 13 juillet 2022 : dans son rapport annuel « Charges et produits », qui contribue à la préparation du PLFSS pour l’année suivante, l’Assurance maladie propose 1,213 milliard d’euros d’économies pour 2023, soit 198 millions d’euros de plus qu’en 2022.
→ 17 juillet 2022 : la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP) revalorise de 4 % les pensions de retraite de base.
→ 29 août 2022 : dans un contexte de crise énergétique, la Première ministre, Elisabeth Borne, a appelé chaque entreprise à établir son propre plan de sobriété.
→ 31 août 2022 : pour les salariés de l’officine, la valeur du point augmente à nouveau de 3 % et passe de 4,776 € à 4,919 €.
→ 1er septembre 2022 : le système de collecte des déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) produits par les officines, confié à l’écoorganisme Dastri, n’est plus gratuit pour les pharmaciens.
→ 20 septembre 2022 : l’ANSM publie de nouvelles règles de bonnes pratiques de préparation qui prévoient, entre autres, l’amélioration des démarches d’analyse de risque, avec l’étude de la pertinence et de la faisabilité technique de la préparation. Ces nouvelles règles, opposables, entreront en vigueur le 20 septembre 2023.
→ 21 septembre 2022 : les étudiants, les syndicats pharmaceutiques et l’Ordre des pharmaciens s’alarment de la situation dans les facultés de pharmacie. En effet, environ 1 100 places restent à pourvoir en 2e année de pharmacie, soit un tiers des places disponibles. En cause : la réforme de la première année commune aux études de santé (Paces) et la faible attractivité du secteur. La profession s’inquiète d’une désertification du milieu pharmaceutique.
→ 22 septembre 2022 : le ministère de la Santé et de la Prévention, en accord avec les représentants de la profession, revient à la charge sur la sérialisation : un calendrier est fixé pour que 60 % des officines soient connectées au répertoire national de vérification des médicaments (NMVS) fin septembre 2022, puis 80 % à mi-novembre et 100 % fin décembre 2022.
→ 23 septembre 2022 : dans le cadre du Ségur du numérique en santé, les pharmaciens doivent actualiser leur logiciel de gestion d’officine (LGO). Ils bénéficient d’un délai supplémentaire pour signer le bon de commande de leur mise à jour et pour l’installer. Ils ont désormais jusqu’au 15 mars 2023 pour passer commande et bénéficier de la prise en charge par l’Etat, au lieu du 18 décembre 2022, et jusqu’au 28 avril 2023 (contre le 31 mars 2023) pour faire leur mise à jour.
→ 30 septembre 2022 : l’Assurance maladie présente les résultats de la lutte qu’elle mène contre les fraudes. En 2021, avec 19 millions d’euros, les pharmaciens se situent au deuxième rang des professions libérales qui en commettent le plus, après les infirmières (39 M€). Mais les résultats en 2022 risquent d’être beaucoup plus élevés pour la profession en raison de fraudes sur les TAG réalisées par certains pharmaciens en 2021.
→ 3 octobre 2022 : François Braun lance au Mans (Sarthe) le volet santé du Conseil national de la refondation (CNR) en présence de 400 personnes dont les représentants des professionnels de santé.
→ 17 octobre 2022 : un décret interdit « toute publicité lumineuse, éclairée ou numérique, en cas de menace pour la sécurité d’approvisionnement en électricité ». Les pharmacies doivent aussi éteindre leur croix verte si elles ne sont pas de garde. Le 7 octobre, un précédent décret concernait déjà l’extinction des enseignes et autres publicités lumineuses entre 1 h et 6 h du matin dans les commerces.
→ 18 octobre 2022 : la campagne de vaccination antigrippale 2022-2023 démarre.
→ 20 octobre 2022 : première réunion des syndicats de pharmaciens avec l’ANSM pour évoquer les ruptures de stocks et les problèmes d’approvisionnement de médicaments, de plus en plus fréquents. D’autres réunions doivent suivre afin de trouver des solutions. Selon le rapport d’activité de l’ANSM, publié le 5 octobre, le nombre de signalements de ruptures de stock et de risque de ruptures s’est élevé en 2021 à 2 160, soit une baisse de 11 % par rapport à 2020.
→ 7 novembre 2022 : mise en œuvre de deux nouvelles missions des pharmaciens d’officine dans le cadre de la convention pharmaceutique : la vaccination des adultes et des jeunes de 16 ans et plus ; l’entretien court pour les femmes enceintes.
→ 11 novembre 2022 : un arrêté du 17 octobre paru au JO du 11 novembre met fin au diplôme de brevet professionnel pour les préparateurs en pharmacie. Les dernières entrées en formation ont lieu en 2022. La dernière session d’examen se déroulera en 2024, avec une session supplémentaire en 2025 pour d’éventuels redoublants. Le diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques (Deust) de préparateur/technicien en pharmacie devient la seule formation dès la rentrée 2023.
→ 1er et 2 décembre 2022 : les médecins libéraux ferment leur cabinet pour protester, entre autres, contre le transfert de compétences et des mesures qui pourraient être coercitives pour l’installation. Ils réclament également une augmentation des tarifs de consultation. Des revendications qu’ils font valoir alors que les négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie ont démarré le 9 novembre. A partir du 1er décembre, les biologistes ferment à nouveau leurs laboratoires, après un premier mouvement du 14 au 16 novembre et la « grève du SI-DEP », fin octobre, pour protester contre les mesures économiques du PLFSS pour 2023.
Paxlovid : ce traitement si peu utilisé
C’est le 21 janvier 2022 que la HAS accorde un accès précoce au Paxlovid en traitement curatif. Ce médicament se présente sous forme de comprimés (2 comprimés de nirmatrelvir PF-07321332 et 1 comprimé de ritonavir) à prendre par voie orale deux fois par jour pendant cinq jours. « Il est recommandé de l’administrer dès que possible après le diagnostic positif à la Covid-19 et au maximum dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes », précise la HAS. Il est destiné aux populations à risque élevé de forme sévère de la maladie Son utilisation, dans le cadre de cet accès précoce, a débuté le 4 février 2022. Le Paxlovid a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe le 28 janvier 2022. Il peut être prescrit dans le cadre de son AMM en France depuis le 6 mai 2022. Il a d’ailleurs obtenu le 25 avril un avis favorable de la HAS pour son remboursement. Avancée thérapeutique, ce traitement est cependant peu utilisé par les médecins libéraux et hospitaliers. Selon une étude d’EPI-PHARE, le taux brut global d’utilisation en France est estimé à 18 patients pour 100 000 habitants, avec des taux particulièrement élevés en Martinique, Guadeloupe, Côte d’Or, Paris et Pyrénées-Atlantiques. Les raisons ? Le COVARS en liste plusieurs dans son avis du 20 octobre 2022 : une information insuffisante des professionnels de santé ; la perception par les soignants et les patients d’une moindre gravité du variant Omicron ; les contre-indications et interactions médicamenteuses et une information insuffisante des professionnels sur la gestion de ces interactions ; une disponibilité insuffisante dans les officines. Pourtant, dès le 7 mai 2022, le Paxlovid est disponible chez les grossistes-répartiteurs : les pharmaciens peuvent le commander directement et non plus auprès du laboratoire. En outre, le 12 octobre, un numéro vert pour les interactions est mis en place. Ce « dispositif d’appui à la prescription », accessible aux médecins et aux pharmaciens 5 jours sur 7 de 9 heures à 18 heures, permet d’obtenir une réponse à toutes les questions sur l’indication ou les interactions médicamenteuses de Paxlovid. Dans son avis du 20 octobre, le COVARS préconise de lever les réticences à l’utilisation du traitement, de clarifier la démarche dans les situations à risque d’interactions médicamenteuses, et de faciliter les prescriptions, notamment grâce à la prescription anticipée conditionnelle pour les patients à risque.
La course aux vaccins se poursuit
Disposer d’un vaccin contre le Covid-19 paraissait improbable en mars 2020. Pourtant, grâce à la technologie de l’ARN messager, dès fin 2020, Pfizer/BioNTech et Moderna proposaient leurs vaccins anti-Covid-19. Et l’apparition de nouveaux variants, en particulier Omicron, a poussé les deux laboratoires à adapter leurs formules afin qu’elles soient plus efficaces. Là encore, la mise au point de ces nouveaux vaccins a été rapide avec la technologie de l’ARNm. Ces vaccins bivalents comportent deux valences et agissent contre la souche initiale du coronavirus Sars-CoV-2 et contre le variant Omicron de ce virus. Dès juillet 2022, Pfizer et Moderna demandent l’autorisation d’un premier vaccin bivalent ciblant le sous-lignage BA.1 du variant Omicron. Alors qu’ils ne l’ont pas encore obtenue, ils déposent chacun, en août 2022, un dossier pour deux vaccins bivalents Sars-CoV-2 et BA.4/BA.5 du variant Omicron. Le 1er septembre, l’Agence européenne des médicaments rend un avis favorable pour les premiers vaccins bivalents adaptés au variant BA.1, malgré l’absence de données cliniques, et le 12 septembre pour les vaccins bivalents ciblant BA.4 et BA.5. Au total, quatre vaccins bivalents sont approuvés, et le seront également dans la stratégie vaccinale nationale dans la foulée. Le 10 novembre, l’EMA accorde une autorisatioin de mise sur le marché (AMM) au vaccin développé par Sanofi/GSK. Un vaccin « classique », adjuvanté contenant un fragment de protéine S de la variante Beta du Sars-CoV-2. Il est aussi préconisé en rappel. Si la course aux vaccins se poursuit, Pfizer/BioNTech et Moderna dominent de très loin la compétition mondiale.
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