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A(H1N1), le tube de l’été
Après le premier colloque sur la grippe A(H1N1) organisé le 1er juillet, il est difficile d’affirmer que la France soit tout à fait prête à la pandémie. D’autant qu’elle ne dispose que d’un court délai. L’été sera laborieux.
A l’heure où certains bouclent leurs valises, le virus A(H1N1) s’installe en France, doucement mais sûrement. « Nous sommes bien au début d’une pandémie », souligne Françoise Weber, directrice générale de l’Institut de veille sanitaire. Son taux d’attaque (proportion de la population atteinte à partir du moment où un cas est introduit) s’élève à 50 %, contre 10 % pour la grippe saisonnière. Les complications et décès sont susceptibles de toucher des adultes jeunes, des femmes enceintes et des personnes qui ne sont pas porteuses de facteurs de risque, contrairement à la grippe saisonnière. Sa transmission, extrêmement facile, rend possible une vague estivale. « Si le profil du virus se confirme, l’impact sanitaire de la grippe A(H1N1) sera très supérieur à celui de la grippe saisonnière » a également déclaré Françoise Weber.
Les autorités françaises n’ont que l’été pour se préparer à une fin d’année déjà annoncée comme redoutable : les scientifiques évoquent un risque accru de virulence de A(H1N1) dès l’automne. La ministre de la Santé se veut pourtant rassurante (« L’OMS considère que la France est l’un des pays les mieux préparés »), notamment parce qu’un plan national de lutte et de prévention contre le H5N1 avait été élaboré lors de la grippe aviaire. Dans ce cadre, la France a acquis « 1 milliard de masques antiprojections destinés aux malades, 723 millions de masques de protection dits FFP2 pour les personnes exposées et 33 millions de traitements antiviraux », précise Roselyne Bachelot. Elle a annoncé que, si l’épidémie se poursuit, le dispositif de prise en charge des patients pourrait être élargi aux généralistes dès la seconde quinzaine de juillet.
Difficile de savoir qui vacciner et quand vacciner
Finalisant leur production de vaccins contre la grippe saisonnière pour l’hémisphère Nord, les industriels tablent sur une livraison des premières doses du monovalent A(H1N1) « au mieux en septembre », selon Sophie Muller, directrice médicale Vaccins de GSK. Jérôme d’Enfert, directeur médical de Roche, indique que le laboratoire a augmenté sa capacité de production de Tamiflu, désormais utilisable chez l’enfant de moins de un an, la femme enceinte et allaitante. Et la durée de péremption est désormais de sept ans au lieu de cinq.
Moins rassurante, Thanh Le Luong, directrice générale de l’INPES, a annoncé, « dès cet été et à l’automne, de nouvelles campagnes pour préparer [le public] à un éventuel passage au stade 6 » du niveau d’alerte pandémique ! Des incertitudes pèsent en outre sur la stratégie vaccinale qui sera adoptée.
L’approvisionnement sera progressif : il faudra donc définir qui vacciner en priorité. Ainsi que l’acceptabilité d’un risque, même mineur, pour les populations vaccinées les plus fragiles. Impossible de savoir « s’il est possible de bloquer une épidémie en vaccinant massivement, cela n’a été fait nulle part dans le monde », rappelle Antoine Flahault, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique. Et mettre en quarantaine la population ? L’effet d’une fermeture des écoles par exemple reste à vérifier. Quant aux restrictions de voyages, elles sont « inefficaces », assène Marc Barthélemy, chercheur au Commissariat à l’énergie atomique. « Même une réduction de 50 % du trafic aérien ne fonctionnera pas. »
Alors, notre système de soins est-il fin prêt ? « Sans doute pas, conclut Didier Houssin, directeur général de la Santé. Ce qui nous attend est une épreuve pour les patients comme pour les professionnels de santé et les industriels. »
En attendant…
Les entreprises pourraient subir jusqu’à 40 % d’absentéisme au plus fort de la pandémie. Se préparer, c’est s’équiper dès maintenant du matériel de protection. Tous les professionnels de santé sont appelés à vérifier leur dotation de kits (masques FFP2 et chirurgicaux) effectuée en 2006-2007 (en prévision du risque de grippe aviaire) et, si besoin, à demander à être réassortis auprès de leur DDASS. On peut aussi se procurer les masques auprès des fabricants agréés (http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe_aviaire/masque.htm). Dès fin septembre, le groupe PHR mettra à disposition, dans ses pharmacies adhérentes, des kits de protection gratuits pour les clients : 2 masques, 1 flacon de gel hydroalcoolique, 1 paquet de mouchoirs et 1 fiche de conseils. Il lancera parallèlement une campagne dans la presse et sur la radio, un site d’information spécial A(H1N1) et un numéro de téléphone gratuit pour tous les clients. L’INPES met aussi gratuitement à votre disposition des affiches, des dépliants, des autocollants et des fiches (http://www.inpes.sante.fr). Pensez enfin à vous inscrire au service d’alerte électronique gratuit DGS-urgent (https://dgs-urgent.sante.gouv.fr) pour avoir en temps réel toute nouvelle information sanitaire. A.-L.M.
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