Le pharmacien, acteur du dépistage de la maladie rénale chronique

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Publié le 17 novembre 2016
Par Anne Drouadaine
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Peut-on dépister l’insuffisance rénale chronique à l’officine ? Oui. C’est le constat d’un projet pédagogique coordonné par la faculté de pharmacie de Lille et mené dans 109 officines du Nord-Pas-de-Calais. Durant leur stage de 6e année, les étudiants, futurs pharmaciens, accompagnés de leur maître de stage, ont ainsi réalisé des entretiens pharmaceutiques afin d’optimiser la prise en charge des patients insuffisants rénaux chroniques d’une part, et de repérer et orienter les patients à risque de maladie rénale chronique (MRC) d’autre part. Pour cette seconde approche, 532 patients ont été sélectionnés. Les critères d’inclusion étaient, soit un traitement par lithium, soit un diabète et un âge supérieur à 60 ans, soit une hypertension artérielle et un âge supérieur à 60 ans. Les patients âgés de 70 ans en moyenne n’avaient pas connaissance d’un problème rénal. Un entretien pharmaceutique a donc permis d’informer le patient de ses facteurs de risque de développer une MRC et de déterminer si un bilan biologique de dépistage avait déjà été réalisé. En cas de réponse négative, le patient était orienté vers son médecin traitant avec une incitation à prescrire un bilan. Les deux tiers des patients ont alors évoqué le problème du risque de MRC avec leur médecin et 103 patients ont effectué un bilan rénal, permettant de diagnostiquer, chez 10 % d’entre eux, une insuffisance rénale modérée (avec un débit de filtration glomérulaire estimé inférieur à 60 ml/min/1,73 m2). Une insuffisance rénale légère a également été identifiée chez 53 % des patients ayant réalisé un bilan. Les auteurs estiment donc que l’intervention pharmaceutique facilite le dépistage précoce des patients à risque, en lien avec le médecin.§

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