Médicaments à domicile : l’Ordre des pharmaciens s’en prend aux offres de livraison

© L’ordre des pharmaciens dénonce la pratique de livraison à domicile, qui se développe de plus en plus - DR

Médicaments à domicile : l’Ordre des pharmaciens s’en prend aux offres de livraison

Publié le 7 juillet 2017
Par Matthieu Vandendriessche
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Trop, c’est trop ! Les différentes offres de livraison de médicaments à domicile, dont la dernière en date a été lancée par le groupement Pharmabest avec La Poste, ont fini par chauffer l’ordre des pharmaciens.

Dans un communiqué diffusé ce vendredi 7 juillet, l’instance rappelle que la dispensation des médicaments de prescription médicale obligatoire par un pharmacien, au domicile d’un patient qui ne pourrait pas se déplacer, est gage de sécurité.

« Le pharmacien ne peut pas donner les mêmes conseils si la personne n’est pas en face de lui. Il ne peut pas prendre en compte les éventuels signaux pathologiques qui peuvent le conduire à poser des questions supplémentaires sur son état de santé, comme un état de fatigue ou des troubles liés aux effets indésirables, et ainsi adapter son traitement en concertation avec le prescripteur », indique Carine Wolf-Thal, présidente du conseil national de l’ordre des pharmaciens.

Pour Alain Delgutte, président du conseil central A de l’Ordre, la livraison à domicile ne doit pas être systématique. « C’est la connaissance du patient qui permet au pharmacien d’apprécier s’il peut organiser une livraison à domicile de son traitement ». Cette dispensation au domicile est souvent effectuée gratuitement par l’officine, contrairement aux offres de portage de La Poste, qui sont toutes payantes.

En outre, l’Ordre insiste sur le fait que les bonnes pratiques qui s’appliquent aux conditions de transport et de stockage imposées à la distribution pharmaceutique garantissent la qualité des produits.

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Se posent également la question de l’alimentation du dossier pharmaceutique, du respect des bonnes pratiques de dispensation (disposer de l’original de l’ordonnance avant la dispensation) et du contrôle de la chaîne pharmaceutique en cas d’absence de la personne livrée.