« Maintenant, c’est moi qu’on réclame ! »

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Publié le 12 novembre 2005
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Agnès Paytra, 43 ans, est depuis mai 2004 l’heureuse titulaire de la Pharmacie Paytra sur la place de la Bastille à Etampes, dans l’Essonne. Heureuse parce que, hormis quelques petits soucis, ces 17 mois se sont plutôt bien passés. A croire que son expérience d’assistante l’avait bien préparée à cette reprise d’officine. « J’avais atteint la limite d’âge, sourit-elle. Je me suis dit : « J’ai la quarantaine, si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais »… »

Pragmatique, Agnès fait appel à un cabinet d’avocats qui gère l’administratif. « Heureusement ils se sont occupés de tout. C’est important lors d’une première installation. » Son emprunt représente la quasi-totalité du fonds, l’apport ayant principalement servi pour les frais de notaire et autres frais annexes. « Le taux était sur douze ans, à 4,2 % je crois, à la BNP. » Deux mois après l’installation, la pharmacie subit un braquage à main armée. « Rien de grave, il n’y a pas eu de blessure, mais ça refroidit… »

Cette quadra aguerrie a-t-elle vécu l’installation telle qu’elle l’avait prévue ? « C’est vrai que je m’attendais à avoir beaucoup de travail, mais tant qu’on n’est pas dedans on ne se rend pas vraiment compte. »

« On ne se rend pas compte du travail qu’il y a derrière… »

Agnès dirige une équipe qui était déjà en partie présente lors du rachat de l’officine et avec laquelle le travail se « passe bien ». Non, décidément, son seul étonnement aura été la charge de travail, considérable : « On ne se rend pas compte surtout du travail qu’il y a derrière… Il y a beaucoup d’administratif. J’en faisais déjà lorsque j’étais assistante, mais ce n’était pas la même chose. Pour la comptabilité, par exemple, je n’étais pas préparée. Tout le reste je l’avais déjà plus ou moins fait. » Alors, pour soulager cette charge de travail, elle délègue. « J’ai quelqu’un qui s’occupe du tiers payant, de la télétransmission… »

Et du côté de la clientèle ? « Je m’attendais peut-être à ce que ce soit plus dur, mais le contact s’est très bien passé. Il faut dire que je n’ai pas changé grand-chose. » Mais il est vrai aussi que le contact n’est pas le même selon que l’on est assistante ou titulaire. « C’est vrai que la clientèle vous considère différemment. C’est le titulaire qui tranche en cas de litige. Maintenant, c’est moi qu’on réclame. »

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Pour ce qui est des contacts avec les représentants, là encore Agnès Paytra ne voit pas de grande différence entre ce qu’elle effectuait en tant qu’assistante et en tant que titulaire : « Je passais déjà les commandes en tant qu’assistante, c’est pareil… » Et si vous lui demandez si c’était à recommencer, la réponse fuse sans hésitation : « Tout de suite ! Bien sûr qu’il y a eu des hauts et des bas, un braquage, des problèmes techniques, une panne de la croix… Mais bon, tout va très bien. »