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Le CFA, un ami qui vous veut du bien
Florence Hertel, pharmacienne et responsable pédagogique au CFA d’Avignon, pose à Jean-Robert Gracis, pharmacien, directeur du CFA pharmacie de Toulouse, des questions que se posent tous les titulaires. Morceaux choisis.
Florence Hertel : Certains confrères reprochent aux CFA la disparition du CAP et de la mention complémentaire. Ils nous disent qu’on les met dans une situation inextricable. Non seulement ils n’ont plus d’apprentis mais, de plus, ils se plaignent du nombre élevé des heures de cours…
Jean-Robert Gracis : Les CFA sont des prestataires de services qui ne décident en rien de l’apparition ou de la disparition des diplômes. L’Education nationale met en place des diplômes et des référentiels tandis que l’équipe enseignante essaie au mieux de se mettre en adéquation avec la réalité officinale. Nous ne décidons pas du volume horaire des cours.
F.H. : Lors du recrutement des apprentis pour le bac pro, puis-je espérer pouvoir proposer aux pharmaciens de bons profils de jeunes, dynamiques et volontaires ?...
J.-R.G. : Nous n’avons pas le droit de sélectionner les jeunes mais nous pouvons, en leur montrant le programme, orienter les candidats les plus intéressés par l’officine. Il faut pour ce bac pro des jeunes qui veulent faire une filière officine et poursuivre en brevet professionnel car on ne prépare pas un bac pro commerce dans une officine pour ensuite aller travailler dans une grande surface. Aux pharmaciens également de choisir les bons profils car n’oublions pas que ce sont eux qui choisissent et embauchent leurs apprentis.
F.H. : Beaucoup de CFA n’ont pas ouvert la section car les pharmaciens interrogés ont soulevé le problème de l’alternance (présence à l’officine diminuée), l’absence de matières scientifiques et le fait que ces apprentis ne peuvent pas servir au comptoir…
J.-R.G. : L’apprenti va être présent 1 900 heures à l’officine sur deux ans, ce qui représente l’équivalent de 15 mois à temps plein. Quand ce jeune fait pendant 15 mois du déballage et du rangement de commande, quand il manipule des boîtes de médicaments et qu’il tarife, il s’imprègne de l’officine et de sa culture comme le faisait un CAP, avec la différence qu’il est apte à seconder le pharmacien dans le marchandisage, la gestion… Rien ne l’empêche de se renseigner sur le médicament, d’ouvrir le Vidal et de poser des questions. Quant au fait de ne pouvoir le faire servir, il s’agit pour moi d’un argument de défense. Est-ce qu’un CAP en apprentissage vendait des médicaments et donnait des conseils ?
F.H. : Une fois titulaire du bac pro commerce, l’élève peut partir travailler ailleurs ou bien ne pas avoir le niveau pour réussir le BP de pharmacie s’il souhaitait devenir préparateur…
J.-R.G. : Ce bac attire des apprentis qui n’ont pas le bac. Premièrement, le bac pro permet au jeune d’obtenir le sésame pour entrer en BP, avec le double avantage de l’avoir fait en apprentissage dans une optique professionnelle et d’avoir appris l’environnement commercial particulier de l’officine. Il permet à des jeunes motivés d’acquérir un niveau et un apprentissage leur permettant d’intégrer la profession qu’ils convoitent. Pour moi, c’est comme le CAP avec cependant un niveau supérieur et une meilleure dynamique pour l’entreprise pharmacie. On aura le bac pro + le BP, le tout en quatre ans.
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