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Comment dit-on « étudiant »?
La mise en place en septembre 2010 de la première année commune des études de santé en France devrait entraîner dans un futur proche un changement profond des études de pharmacie. Et ailleurs, comment cela se passe-t-il ?
France, l’année charnière
Ce qui a changé en septembre 2010
La première année des études de pharmacie est intégrée dans la Première année commune des études de santé (PACES), qui comprend également les études de médecine, d’odontologie et de maïeutique. Les cours sont les mêmes pour les quatre filières durant le premier semestre. A l’issue de celui-ci, une première série d’épreuves entraîne un reclassement des élèves les moins bien notés. Au second semestre, les étudiants choisissent en plus une ou plusieurs unités d’enseignement spécifiques de chaque filière et ils passent le ou les concours correspondants.
Ce qui devrait changer en 2011
Comme le contenu pédagogique de la PACES ne correspond que pour 20 à 30 % à l’ancienne première année de pharmacie, la commission pédagogique nationale des études de pharmacie (CPNEP) a décidé d’engager une réforme en profondeur de l’ensemble du cursus. Son objectif est d’élaborer une formation plus proche des besoins des professionnels et d’intégrer les études de pharmacie dans le système européen LMD (Licence Master Doctorat), et ce bien que les arrêtés précisant le contenu des LMD ne soient pas encore sortis. Le grade de licence sera obtenu après trois ans d’études, celui de master après deux autres années, et enfin une année supplémentaire permettra d’acquérir le diplôme qui autorise l’exercice de la pharmacie. La CPNEP a déjà préparé la 2e et la 3e année de licence (L2 et L3) ainsi que le premier semestre de la 1ére année de master (M1). Chaque année est découpée en semestres et en unités d’enseignement correspondant à un certain nombre de crédits ECTS (European Credit Transfer System). Les contenus ont été retravaillés, qui intégrent notamment des formations à l’éducation thérapeutique du patient, la communication, la gestion, l’économie, ainsi qu’un encouragement au travail en équipe. Les stages devraient également être révisés sous l’impulsion de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF). La CPNEP, dont les travaux étaient suspendus depuis 1 an et demi, les a repris début novembre. La 2e année nouvelle version des études de pharmacie devrait débuter à la rentrée 2011.
Claire Bouquigny
Belgique, une opportunité qui peut séduire
Pas de sélection à l’entrée ni de numerus clausus, mais un travail intensif et continu. Bon an, mal an, la faculté de pharmacie et des sciences biomédicales de l’université catholique de Louvain (UCL) délivre chaque année quelque 120 diplômes de masters en sciences pharmaceutiques, dont environ un tiers à des étudiants français. Absence de sélection en première année, durée des études de cinq ans, qualité de l’enseignement, pas de thèse en fin de cursus, les motifs d’expatriation ne manquent pas… Emmanuel Hermans, professeur-chercheur à l’UCL et président de la commission du programme d’étude, a accepté de nous en décrire le déroulement complet.
Cinq années d’études
« Toutes les universités belges appliquent le système Bologne. Trois ans pour obtenir le baccalauréat en pharmacie, l’équivalent du niveau licence, deux ans pour le master en pharmacie et pour le diplôme de pharmacien. Si le titre de bachelier n’est pas très professionnalisant et n’offre que peu de débouchés, le diplôme de pharmacien ouvre le droit à exercer en officine dans toute l’UE. Au niveau du cycle master, les étudiants qui le souhaitent ont la possibilité de choisir une orientation « finalité approfondie », qui prépare à la recherche en laboratoire, pour une valeur de 30 crédits sur les 120 nécessaires à l’obtention du diplôme en deux ans. Près de 15 % des étudiants retiennent cette voie, quand 85 % lui préfèrent la « finalité spécialisée », qui constitue la formation destinée à la pratique professionnelle pharmaceutique. Toutes deux conduisent à l’obtention du titre de pharmacien. Au-delà s’offrent des occasions de perfectionnement supplémentaires avec un troisième cycle de doctorat, mais aussi des formations de masters complémentaires en trois ans en pharmacie d’industrie, clinique et hospitalière. »
Huit mois de stages
« La formation se veut proche du contexte professionnel. La loi impose six mois de stage en officine au cours de la dernière année de master, auxquels s’ajoutent deux périodes d’un mois, la première se faisant en cours de troisième année que nous encourageons à effectuer en laboratoires de recherche, de biologie clinique, en hôpital, en industrie pour découvrir d’autres environnements professionnels que l’officine. 40 % des étudiants choisissent ces autres voies en fin d’études après avoir suivi une formation de troisième cycle complémentaire. La seconde formation a lieu entre la quatrième et la cinquième année, durant l’été. Ces stages ne sont pas rémunérés. »
La pharmacie clinique en pointe
« Un accent particulier est mis sur la thérapeutique. De plus en plus, en Belgique, on veille à considérer le patient dans son intégralité. Dans ce cadre se développe la pharmacie clinique. Il y a de plus en plus de pharmaciens au sein des services hospitaliers, où ils interviennent directement dans les choix thérapeutiques. La formation de pharmacien clinicien attire nombre d’étudiants, dont le recrutement est largement compensé par la perspective d’économies substantielles dans le cadre de la maîtrise des dépenses de santé. »
Sélection en cours d’études
« Tous les étudiants titulaires d’un certificat d’enseignement secondaire, le baccalauréat pour les Français, peuvent s’inscrire en première année et en années supérieures s’ils ont les équivalences et n’ont jamais redoublé. Il n’y a en pharmacie ni régulation du nombre d’étudiants non résidents ni numerus clausus à l’entrée en école de pharmacie et en cours d’études. Pour autant, il faut savoir que la quatrième année est une année extrêmement exigeante et que le système d’études impose une réussite dans toutes les matières avec 12 de moyenne générale et aucune moyenne inférieure à 10. S’il y a deux sessions d’examens par année, il n’est pas possible de recommencer après un redoublement, sauf cas exceptionnel, comme la maladie. En fin de deuxième cycle, les étudiants subissent un « examen de connaissances générales », qui consiste en une interrogation orale de 30 minutes qui couvre l’ensemble des connaissances en sciences pharmaceutiques. Un examen qui n’est pas sans effrayer les étudiants et incite au travail ! L’obtention du diplôme de master comprend la réalisation d’un mémoire de fin d’études, travail de recherche bibliographique sur un sujet précis, défendu oralement devant un jury. »
Taux de réussite
« Il varie énormément d’une année à l’autre. Le taux de succès en première année flirte avec les 30 % à 40 %. Les chances de réussite augmentent au fur et à mesure que l’étudiant monte dans les années. Un échec en dernière année relève de l’exceptionnel. En quatrième année, le taux de réussite atteint les 85 à 90 %. Des 150 étudiants inscrits à l’UCL en première année, 55 à 60 obtiennent leur baccalauréat en sciences pharmaceutiques. Sur les 150 inscrits en master, diplômés bacheliers de l’UCL, mais aussi des écoles de pharmacie de Mons et de Namur, qui ne proposent que ce premier degré, 120 environ obtiennent le diplôme final. »
Coût
« Chaque étudiant membre de l’UE est tenu au versement de droits d’inscription ordinaires d’un montant de 835 ? euros pour l’année académique 2010-2011. »
Jean-Luc Decaestecker
La Suisse réforme l’après-Bologne
Le processus de Bologne, engagé dès 2005 pour les études de pharmacie dans la Confédération helvétique, ne suffit plus au législateur. A partir de septembre 2011, les étudiants en pharmacie devront, un mois après l’obtention de leur master, passer un examen fédéral sanctionnant leurs études de pharmacie. Cet examen, qui se partagera entre deux parties pratiques et deux épreuves théoriques (spécialités pharmaceutiques en Suisse et droit du système de santé), redonne le contrôle au ministère de la Santé dans la formation des professionnels de santé. C’est d’ailleurs le Conseil fédéral de la Suisse qui élira les neuf membres du jury, au rang desquels figurera une représentante de Pharmasuisse. Pharmasuisse, qui, de son côté, s’investit de plus en plus dans le financement des études de pharmacie en dotant de trois millions de francs suisses, à parts égales, deux chaires à Genève et deux autres à Bâle.
Moins de 50 % de réussite
Ces deux dernières universités sont avec Zurich les trois bastions de formation des quelque 150 nouveaux pharmaciens diplômés (2008 : 133, 2009 : 147, 2010 : 176) qui sortent chaque année des amphis helvétiques. Soit moins de la moitié des 337 jeunes (chiffres 2009) qui entament chaque année des études de pharmacie sans autre barrière que celle du baccalauréat. Aucun concours, aucun examen d’entrée ni numerus clausus n’est requis pour l’entrée à l’université. A noter que la première année du bachelor peut être effectuée à Neuchâtel, Fribourg, Berne ou Lausanne. Jusqu’à la fin du bachelor, les étudiants effectuent un stage de quatre semaines, dont trois obligatoires en pharmacie. La deuxième année du master est réservée au stage de pharmacien assistant. L’étudiant doit au cours du deuxième semestre rédiger son mémoire de fin d’études. A noter que l’effet Bologne – à savoir une plus grande mobilité entre les universités – se fait attendre. « Les différences de curriculum subsistent entre nos trois facs de pharmacie, et empêchent de facto les étudiants de changer en cours d’études », constate Astrid Czock, chef du département science, formation et qualité, et membre de direction de Pharmasuisse, qui note cependant une nette tendance à l’homogénéité. Zurich, réputée pour être très axée sur le scientifique, devrait accorder une place plus large à la pratique.
Marie Luginsland
L’Autriche manque de pharmaciens et… d’étudiants
Seulement 180 nouveaux pharmaciens arrivent chaque année sur le marché du travail autrichien. Trop peu face aux besoins de la république transalpine. Trop peu également rapportés aux 340 étudiants qui débutent chaque année leur cursus à Graz, Insbruck ou Vienne, les trois facs de pharmacie du pays. Beaucoup jettent l’éponge en cours d’études, qu’ils ont embrassées à l’issue de leur matura (équivalent du baccalauréat) sans examen d’entrée ni de concours, ou même de numerus clausus comme en Allemagne, voisine. C’est d’ailleurs ce dernier point qui incite nombre de jeunes Allemands à franchir la frontière pour effectuer leurs études en Autriche. Ce qui n’est pas sans créer quelques tensions du côté autrichien, où le contribuable estime payer la formation des futurs pharmaciens allemands !
Modernisation en vue
L’Ordre et la Fédération des pharmaciens autrichiens travaillent aujourd’hui à la modernisation des études de pharmacie. Il est encore trop tôt pour connaître la teneur de cette réforme, mais le but est de rendre plus attractif un cursus en neuf semestres. A l’issue de ces études universitaires, le futur pharmacien effectue une année d’assistanat (nommée année d’aspirant) en officine ou en hôpital (l’industrie est exclue), complétée en parallèle par des cours spécialisés pour les assistants. A noter que c’est devant l’une des chambres régionales de pharmaciens que l’« aspirant » passera son diplôme final de pharmacie. On est donc loin du processus de Bologne, que l’Autriche n’appliquera pas à la pharmacie, car il est selon l’Ordre « trop éloigné des besoins de la profession ». Pour l’heure, la préoccupation principale des pharmaciens autrichiens est d’ouvrir leur profession aux pharmaciens des pays limitrophes, Hongrie, Slovaquie et bientôt Pologne. Par ailleurs, l’Autriche est le pays de la deuxième chance pour ceux qui n’ont pas de matura mais disposent d’un CAP. Ils peuvent passer une équivalence leur permettant de poursuivre des études universitaires.
Marie Luginsland
L’Espagne, une approche garante de l’autonomie des universités
Depuis juillet 2008, le cadre général des études de pharmacie est défini par un court texte officiel qui se limite à une répartition par matières principales (chimie, biologie, pharmacologie…) des 300 crédits européens correspondant aux cinq années d’études. « Pour le reste, chacune des quinze universités organise l’enseignement comme elle le souhaite », explique Concepció Amat, coordinatrice des études à la faculté de pharmacie de l’UB, l’université de Barcelone. Cette liberté concerne aussi bien le délai d’adoption du nouveau modèle (immédiat dans le cas de l’université de Salamanque alors que celle de Barcelone a préféré l’étaler sur plusieurs années) que la répartition des crédits par module d’enseignement. La quasi-totalité des universités propose une approche généraliste, Barcelone étant la seule à introduire un élément de spécialisation, et encore, en quatrième année avec un choix entre deux mentions : « pharmacie d’officine et analyses cliniques » ou « pharmacie industrielle et recherche ». « Nous nous sommes rendu compte que pas mal d’étudiants choisissaient leurs matières en fonction de motifs non académiques et avons pensé que cela introduirait plus de cohérence, sans préjuger les débouchés professionnels », précise Concepció Amat.
Mobilité « médecine-pharma » limitée
En cinquième année, les étudiants de toutes les facultés effectuent un stage de six mois, en pharmacie ou en hôpital par exemple. D’autre part, et c’est une particularité de l’Espagne, ils doivent rédiger un mémoire de fin d’études mettant en valeur leurs compétences « transversales ou génériques », conformément à la philosophie de Bologne. Celle-ci, dans un pays doté d’une très veille tradition d’enseignement de la pharmacie, ne s’impose pas sans difficulté. « Quoiqu’ils réagissent plutôt bien, les étudiants se plaignent du contrôle continu », observe Concepció Amat. Et le professorat est parfois insuffisant pour mener de front enseignement magistral, travaux en groupes réduits et activités de recherche, importantes outre-Pyrénées. La mobilité entre filières des professions santé (pharmacie et médecine principalement) est prise en compte au travers de 36 crédits communs sur les 60 de la première année. Une innovation intéressante, mais peut-être un peu théorique dans la mesure où le numerus clausus des facultés de médecine limite énormément la mobilité d’une filière à l’autre.
Armand Chauvel
L’Italie ou comment devenir « farmacista » dans le pays de la « dolce vita »
Le système universitaire italien permet de devenir pharmacien après cinq ans d’études. La maturità en poche (équivalent du bac, décroché à 19 ans), les jeunes peuvent s’inscrire dans une des trente facultés de pharmacie que compte la Botte. Sans concours d’entrée pendant des années, la sélection est maintenant quasi incontournable. Surtout en cette rentrée 2010, alors que le gouvernement Berlusconi a décidé d’appliquer à la lettre une loi stipulant que le rapport entre le nombre d’étudiants et le nombre de professeurs dans les facs doit être fixe. La mise en application de cette norme a considérablement réduit le nombre d’inscrits, et chaque faculté a mis en place une sélection. « Dans pratiquement toutes les universités, sauf deux ou trois, il y a maintenant un examen qui porte sur les matières de base : biologie, chimie et mathématiques, confirme Giuseppe Ronsisvalle, président de la Conférence des présidents des facultés de pharmacie italiennes. Mais ce n’est pas un examen qu’il faut forcément réussir. Si 150personnes réussissent mais qu’il y a 200 places, nous prenons quand même 200 personnes. L’idée est surtout de déterminer quelles sont les lacunes des futurs pharmaciens afin de leur proposer ensuite des cours adaptés. » Actuellement, l’Italie compte 45 000 étudiants en pharmacie, dont 55 % de femmes. Cette année, 3 500 places seulement étaient disponibles dans les facultés à la rentrée.
Un choix majoritairement officinal
Le parcours universitaire pour devenir pharmacien mêle chimie, biologie et notions médicales. Il se termine avec un stage de six mois, suivi de la présentation d’une thèse qui permet d’obtenir la laurea (diplôme universitaire italien) de pharmacien. Deux spécialisations sont possibles : officine ou chimie et technologie pharmaceutique, un diplôme plus orienté vers la recherche. 70 % des étudiants optent pour la spécialisation pharmacie. Une fois la laurea validée, le diplômé doit encore décrocher un diplôme d’état qui lui permet d’exercer. Le métier de pharmacien d’hôpital est une spécialisation obtenue après quatre années d’études supplémentaires. Deux cents étudiants sélectionnés suivent chaque année cette formation très demandée. Les autres diplômés peuvent compléter leurs études avec des masters (diététique, environnement, gestion administrative…), mais le plus souvent ils travaillent. 80 % des diplômés ont un CDI au bout de deux ans, selon la Fédération des ordres des pharmaciens italiens (Fofi). « On pense de plus en plus à mettre en place un numerus clausus, confie Andrea Mandelli, président de la Fofi. Même si pour l’instant l’emploi n’est vraiment pas un problème, cela sera peut-être le cas dans quelques années. »
Eléonore Kern
Allemagne, les étudiants disent non à Bologne
Les étudiants allemands descendent rarement dans la rue. Les étudiants en pharmacie encore moins. Pourtant, ils n’hésitent pas à changer le cours de l’histoire. C’est ainsi que les quelque 12 000 étudiants en pharmacie d’Allemagne se sont prononcés contre la marche forcée de l’université dans le processus de Bologne. « Nous refusons la standardisation de nos études et invitons les universités à refuser d’appliquer le processus de Bologne, à savoir de créer des filières bachelor (licence) et master en sciences de la pharmacie », déclare Maria-Christina Scherzberg, étudiante en pharmacie à Sarrebruck et présidente de la BPhD, la fédération allemande des étudiants en pharmacie. Selon elle, il en va de la sécurité du médicament. « Les étudiants qui suivent ces filières n’ont aucun cours en pharmacie clinique par exemple », argumente-t-elle, dénonçant par ailleurs l’imposture de ces filières qui ne peuvent déboucher sur un emploi en officine. Depuis cinq ans maintenant, l’université de Münich propose une formation bachelor/master, rejointe depuis un semestre par l’université de Fribourg. L’apparition de ces nouvelles filières remet en question la base même des études de pharmacie en Allemagne. Elles sont en effet fondées sur quatre années d’université sanctionnées par deux diplômes d’Etat et sur une cinquième année de pratique, dont six mois obligatoires en officine, qui débouche sur un troisième diplôme d’Etat. Le doctorat, qui n’est pas obligatoire, n’est effectué que par 15 % des étudiants environ.
Le système s’est assoupli
« Les pharmaciens allemands tiennent au système de diplômes d’Etat, qui est la marque en Allemagne, comme pour les juristes ou les médecins, du statut de profession libérale », résume Ursula Sellerberg, porte-parole de l’Abda, la Fédération professionnelle des pharmaciens allemands. Elle insiste par ailleurs sur le côté très pratique des études de pharmacie, qui nécessite des places de laboratoires en nombre suffisant dans les 22 facultés de médecine. D’où une grande sélection – sur les quelque 5 000 candidats, la moitié seulement est retenue chaque année, dont deux tiers de filles. Pas de concours ni d’examen pour l’entrée à l’université. Juste une admission sur dossier sur la base d’un numerus clausus qui peut varier selon que le candidat a passé son abitur (équivalent du bac) en Bavière (land réputé pour son niveau scolaire élevé) ou dans la Hesse, par exemple. Autrefois centralisé, l’octroi des places d’université s’est aujourd’hui assoupli avec la réforme de l’autonomie des universités. Les facs peuvent recruter elles-mêmes leurs étudiants sur la base du numerus clausus, mais aussi d’autres critères de leur choix. Une sélection qui, selon les observateurs, pourrait s’assouplir en raison du déclin démographique. Aussi, à titre prophylactique, l’Abda assure la promotion de la profession grâce à un site (http://studier-pharmazie.de/) destiné à « contaminer » les lycéens via leurs réseaux sociaux. Quant à la fédération des étudiants, elle craint que la menace de pénurie dans les décennies à venir ne conduise les politiques à céder sur la qualité des études et n’ouvre ainsi la brèche aux filières bachelor et master.
Marie Luginsland
Les Français en nombre accru à L’UCL
Si pour l’année académique 2005/06 l’Université Catholique de Louvain ne comptait que 61 Français inscrits dans le cursus sciences biomédicales et pharmaceutiques, soit 9,6 % du total des inscrits, ce nombre est passé à 88 en 2009/10, soit cette fois 14,5 % des effectifs, compte tenu de leur baisse globale, de 638 à 605 et plus encore des effectifs belges passés de 518 (81,2 %) à 457 (75,5 %). L’augmentation du nombre d’étudiants français est régulière : 61 en 2005-2006, 70 en 2006-2007, 75 en 2007-2008, 84 en 2008-2009, 88 en 2009-2010.
Repères
La réforme de Bologne, c’est quoi ?
Les ministres européens ont signé en 1999 une déclaration sur l’avenir de l’enseignement supérieur en Europe… à Bologne. Leur but : adopter un système de diplômes facilement lisible et comparable afin de favoriser l’intégration des Européens sur le marché du travail et de rendre le système d’enseignement supérieur européen plus attractif à l’échelon mondial.
L’objectif est aussi de favoriser la mobilité des étudiants d’une université à l’autre, d’un pays à l’autre pour que, au bout du compte, ils trouvent plus facilement un emploi dans toute l’Europe.
Le système repose sur des études de 3 ans (licence), 5 ans (master) et 8 ans (doctorat) et également sur des « crédits ». Schématiquement, ce concept matérialise la quantité de travail nécessaire pour réussir les examens : présence en cours magistral, en travaux pratiques et enseignements dirigés, stages, recherches personnelles, travail en bibliothèque ou chez soi…
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