Sur le front de la santé connectée
Il est tombé dans la marmite du digital pendant ses études de pharmacie, option Industrie. Depuis, il ne cesse de se battre pour intégrer l’e-santé « de qualité » dans l’exercice officinal. À la Faculté de Montpellier, David Sainati avait déjà son blog, Philapharm, consacré à la prévention. « Le soir, j’écrivais des articles sur les sujets que nous avions abordés en cours pendant la journée. C’était une manière d’apprendre à coder, créer un site et intégrer une communauté de blogueurs », explique-t-il. Ce boulimique de travail, hyper organisé, a aussi créé un journal commun aux facultés de médecine, dentiste et pharma à Montpellier, ou encore participé à L’Hôpital des nounours, une association investie auprès des enfants. Le tout, en travaillant en officine le week-end tout au long de sa scolarité. Son activité de blogueur lui donne une visibilité inédite à l’époque où les applications mobiles se multiplient sur le marché. C’est ainsi que Merck Médication Familiale le repère et lui propose de faire une étude de marché. Objectif : développer une plateforme où les pharmaciens pourraient commander en ligne et y trouver des services. « Là, j’ai vite vu que les applis existantes étaient sans valeur ajoutée ».
DU RÊVE à la réalité.
Il fait de ce constat la base son projet pour intégrer HEC Entrepreneurs. Il veut alors « évaluer les applications et faire une sorte de Vidal des applis ». Quand le jury de l’école lui demande des détails sur son « modèle économique »… il cale. Et pour cause, celui qui n’a pas froid aux yeux ignorait le sens de cette expression.
Son parcours l’a fait progresser sur ce point. À HEC, il bûche la compta. Et l’histoire lui donne un coup de pouce. Le groupe de protection sociale AG2R La Mondiale lui demande de lui fournir un catalogue d’applications labélisées en vue de le proposer à ses clients. Ainsi démarre Medappcare. Depuis, la startup a multiplié ses sources de revenu. Le business model compte sur les éditeurs de logiciels qui souhaitent labéliser leurs applis et objets connectés.
ENSEIGNER l’e-santé
Il développe aussi le conseil et la formation. Et après l’univers de la santé humaine, David Sainati espère décliner sa stratégie sur les marchés du vétérinaire et du handicap. Aujourd’hui, le jeune ascète place son entreprise au cœur de ses préoccupations. Ce passionné se paie au smic depuis deux ans. Mais son regret est ailleurs. « Les pharmaciens m’appellent pensant que la vente des objets connectés est la solution à leur perte de chiffre d’affaires. Or ce n’est qu’une brique au sein d’une démarche entière. C’est à eux de s’intéresser à la santé connectée et à leurs patients ! » Infatigable, David sensibilise ses confrères pour qu’ils s’engagent sur le parcours santé de demain, équipés des bons outils. Il enseigne l’e-santé à l’université de Montpellier, rencontre les groupements de pharmacies. Il projette aussi de monter un village de startups au prochain Pharmagora. Histoire de montrer qu’il n’est pas l’unique petit gaulois.
David Sainati
26 ANS FONDATEUR DE MEDAPPCARE
MEDAPPCARE C’EST…
→ Un label de qualité pour les applications et objets connectés en santé.
→ L’assurance pour le pharmacien de pouvoir conseiller des outils connectés fiables, du point de vue éthique, technique, médical et réglementaire.
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