Sonalto passe dans le giron d’Urgo

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Publié le 17 octobre 2015
Par Stéphanie Bérard
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Urgo est désormais actionnaire majoritaire de Sonalto. L’opération, menée cet été en toute confidentialité, vient d’être annoncée par le laboratoire pharmaceutique. Créée en 2010 par Maxence Petit et Louis Blohorn, Sonalto est une start-up qui commercialise un assistant d’écoute préréglé vendu moins de 300 euros sur les conseils du pharmacien.

« Par le biais de cette acquisition, Urgo complète son offre de produits innovants grâce au savoir-faire d’une jeune entreprise leader sur son marché et ayant su faire évoluer la réglementation encadrant la distribution des appareils auditifs », déclare Urgo dans un communiqué. En effet, alors que Sonalto s’était attiré les foudres des audioprothésistes affirmant que la vente en officine des assistants d’écoute était illégale, unarrêté ministériel permet aux pharmaciens, depuis le 13 août 2014, de commercialiser des « assistants d’écoute préréglés d’une puissance maximale de 20décibels ». Pour entrer dans ce cadre, Octave, de Sonalto, a donc obtenu le statut de dispositif médical.

Les audioprothésistes ne l’entendent pas ainsi

Avec Sonalto, le groupe pharmaceutique investit le créneau de l’aide auditive. « Celle-ci permet d’offrir une solution performante à moins de 300 euros quand les prothèses auditives traditionnelles coûtent, elles, plus de 1 500 euros », selon Urgo, qui espère améliorer le taux d’équipement français des aides auditives (17 %) pour le rapprocher de la moyenne européenne (33 % d’après une enquête OpinionWay datant de 2011).

En entrant dans le giron d’Urgo Healthcare, la division du groupe spécialisée dans la santé grand public, Sonalto, entreprise de cinq salariés, pourra désormais bénéficier d’une puissante force de frappe commerciale. « Elle nous permet de visiter les quelque 23 000 pharmacies présentes sur le territoire français », précise Antoine Bon, directeur général d’Urgo Healthcare.

Sur le terrain, Urgo envoie, en effet, vingt formateurs dans les pharmacies, à raison de 350 à 400 par semaine, pour sensibiliser les équipes à cet assistant d’écoute. « La prise en charge du patient commence par un court entretien d’une dizaine de questions suivi d’un test auditif. Deux assistants d’écoute sont ensuite mis à disposition du patient pour un essai gratuit », précise Urgo dans un dépliant remis aux pharmaciens.

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L’objectif de Sonalto : être présent dans 5 000 points de vente d’ici la fin 2015 (contre 3 000 actuellement). Un chemin tout tracé ? C’est sans compter sur la détermination des audioprothésistes. Deux recours ont été déposés en Conseil d’Etat début 2015 pour faire annuler l’arrêté autorisant la vente des assistants d’écoute en pharmacie.