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Rejetez les ordonnances avec Phealing
Repérer immédiatement une fausse ordonnance au comptoir, c’est ce que propose Phealing, une start-up lyonnaise qui a déjà lancé un logiciel de détection des erreurs de délivrance en temps réel. « Notre outil croise les informations portant sur les fraudes avec celles figurant sur l’ordonnance présentée au comptoir. Il permet ainsi de déceler les erreurs et de signaler une suspicion de falsification de l’ordonnance », explique Thibault Ozenne, cofondateur de Phealing.
Grâce à son intelligence artificielle, le logiciel de Phealing lit les données des ordonnances et des médicaments scannés en parallèle du logiciel de gestion officinal. Lorsque le pharmacien reçoit une alerte du conseil régional de l’Ordre des pharmaciens (Crop), de l’agence régionale de santé (ARS) ou bien encore des syndicats pharmaceutiques, il renseigne un formulaire web de Phealing en reportant les informations du signalement : nom du médecin, numéro du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), nom et prénom du patient s’ils sont indiqués, classe des médicaments, début et fin du signalement. Le pharmacien peut aussi ajouter un commentaire, par exemple : « Absence de carte Vitale mais attestation de droits ». Le logiciel reçoit toutes ses informations et les traite. En cas d’ordonnance suspecte, l’alerte est émise en deux secondes, via la « vignette » du logiciel, présente en permanence sur l’écran.
Le logiciel compte faire plus
Certains pharmaciens testent déjà cette solution dans leur officine. « C’est un rempart qui permet d’évaluer plusieurs critères de suspicion en temps réel », souligne notamment Thomas Gendre, pharmacien à Wassy (Haute-Marne) et conseiller ordinal. « Je reçois plusieurs signalements par semaine de cas, qui ont généralement peu de chance d’être repérés. En plus de nous prévenir en direct lorsqu’une ordonnance est falsifiée, c’est une sentinelle au comptoir pour remonter l’information aux institutions », estime Etienne Gatignol, pharmacien à Aix-Les-Bains (Savoie). A terme, Phaeling espère que les autorités (ARS, Crop, etc.) transmetteront directement les informations relatives aux fraudes au logiciel. Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), qui adhère à la détection des erreurs de prescription et de délivrance, craint cependant que « cela soit compliqué pour que les autorités intègrent les signalements dans la solution ».
Pour autant, la start-up travaille au déploiement de son logiciel et est en lien avec les syndicats pharmaceutiques, l’Ordre des pharmaciens et l’Assurance maladie. « L’idéal serait de lancer rapidement une expérimentation dans une, deux ou trois régions, durant deux à trois mois. La Bretagne, le Grand-Est et la Nouvelle-Aquitaine sont intéressés par un tel projet », explique Thibault Ozenne. Des régions particulièrement concernées par la falsification des ordonnances puisque trois à cinq signalements sont effectués par jour, selon le cofondateur de Phealing. Et de conclure : « Avec notre solution, les signalements seraient nationaux et non plus régionaux, sachant que les fraudeurs sont organisés et se déplacent sur le territoire. Toutes les pharmacies disposeraient des mêmes informations et d’une détection instantanée. »

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