Les produits lavants
EN PRATIQUE : LES DIFFÉRENTS TYPES DE PRODUITS
AU COMPTOIR : « Un syndet, qu’est-ce que c’est ? »
« Le dermatologue m’a recommandé d’utiliser un syndet : qu’est-ce que c’est au juste ? »
Votre réponse
« Votre peau supporte certainement mal le savon, c’est pourquoi votre dermatologue vous a conseillé l’utilisation d’un syndet. Ne contenant pas de savon, il n’a pas le pouvoir décapant de celui-ci et donc n’agresse pas la peau. Il convient aux peaux les plus fragiles. »
Nettoyer la peau doit permettre d’éliminer les salissures hydro- et liposolubles tout en respectant son équilibre physiologique (pH, flore cutanée) et le film hydrolipidique qui l’hydrate et la protège.
Différents types de produits lavants sont utilisables pour la toilette quotidienne selon le type de peau et les préférences de chacun.
Le visage et le cou sont nettoyés matin et soir avec un produit spécifique. En effet, la peau du visage est plus fragile que celle du corps.
Dix types de produits
– Les savons
Ils ont pour principaux avantages d’être simples, pratiques et économiques. Bons émulsionnants et moussants, ils ont aussi des propriétés détergentes, leur conférant un bon pouvoir nettoyant mais altérant le film hydrolipidique de surface. Leur pouvoir alcalin entraîne une élévation du pH cutané. Si le pouvoir tampon d’une peau saine lui permet de revenir à un pH normal (en moyenne 5,5, variable selon les individus et les zones corporelles) en deux heures, ce n’est pas le cas d’une peau fragilisée ou agressée, d’où un risque d’irritations.
Les savons peuvent contenir des opacifiants, colorants, parfums, antiseptiques voire conservateurs.
Différentes catégories de savons existent.
-#gt; Le savon de Marseille ne contient aucun des additifs cités ci-dessus, c’est pourquoi il est parfois préféré au savon classique. Son pH reste cependant très alcalin, donc il est desséchant.
-#gt; Les savons à la glycérine ont un pouvoir desséchant moindre.
-#gt; Les savons surgras sont additionnés d’agents surgraissants (5 % au maximum) visant à réduire en partie l’effet agressif du savon et à protéger la peau : lanoline, huile d’amande douce, de bourrache, de ricin, cold-cream…
– Les syndets solides ou pains dermatologiques
Ces détergents synthétiques, encore appelés « savons sans savon », sont insensibles à la dureté de l’eau et gardent un pouvoir moussant même en eau de mer. Leur pouvoir nettoyant est légèrement inférieur à celui des savons mais ils entraînent moins de tiraillements. Ils ne modifient pas ou peu l’acidité de la peau et respectent le film hydrolipidique. Comme dans le cas des savons, des actifs peuvent leur être incorporés : jusqu’à 25 % d’agents surgraissants, des antiseptiques, du soufre (en cas d’acné)… Ils nécessitent un rinçage soigneux car leur mousse, pourtant moins abondante que celle du savon, s’élimine moins bien. Les syndets solides se délitent rapidement dans l’eau, d’où la nécessité de les poser sur un porte-savon.
– Les mousses
Elles sont obtenues par la dispersion de gaz dans un liquide en présence d’un émulsionnant. Cette formulation offre l’avantage de permettre une concentration réduite en agent lavant, potentiellement irritant. Il n’est plus nécessaire de frotter pour faire mousser le produit, ce qui facilite le rinçage en ne laissant pas de résidu lavant sur la peau.
– Les gels douche
Ce sont, selon les cas, des savons ou des syndets. La texture gel est obtenue par l’addition de macromolécules lipophiles épaississantes. Ils ont les mêmes propriétés que leurs équivalents solides, avec l’avantage d’un conditionnement plus hygiénique.
– Les crèmes de bain, de douche ou les gels-crèmes
Souvent élaborés sans savon, ces produits contiennent une forte proportion de substances grasses. Ils évitent donc le dessèchement de la peau mais c’est au détriment de la mousse.
– Les produits pour bain moussant
Ils procurent plaisir et détente du fait de l’abondance de la mousse produite et des parfums qu’ils renferment. La forte proportion de tensioactifs anioniques qu’ils renferment entraîne un effet desséchant, en partie compensé par l’addition de surgraissants et d’émollients. Leur formule nettoyante rend inutile l’utilisation d’un autre produit de toilette, qui risque au contraire d’entraîner un surplus de tensioactifs et donc des irritations. Pour la même raison, respecter toujours la quantité de produit à utiliser et rincer la mousse à l’eau claire avant de sortir du bain.
– Les huiles pour le bain
Les huiles minérales ou végétales qu’elles renferment sont rendues hydrodispersibles par une forte concentration de tensioactifs non ioniques. Souvent parfumées, elles pallient les effets desséchants de l’eau calcaire ou de certains produits en laissant sur la peau un film protecteur qui ne s’élimine pas au rinçage. Les huiles peuvent être étalées directement sur la peau humide ou diluées dans l’eau du bain.
– Les sels de bains
Ce sont des cristaux de carbonate ou de bicarbonate de sodium, de chlorure de sodium ou de borate de sodium. Ils adoucissent l’eau du bain, la colorent et la parfument. Ils peuvent diminuer le pouvoir moussant du savon.
– Les galets effervescents
Les agents effervescents sont un mélange d’acide citrique et de bicarbonate de sodium. Pour bénéficier pleinement de leur effet détente, il est conseillé de les mettre dans l’eau une fois installé dans le bain et de les placer derrière le dos.
– Les nettoyants antichlore et antisel
Les gels douche après-soleil antichlore et/ou antisel (Furterer, Phyto…) sont constitués de tensioactifs spécifiques (hydrolysats de protéines) choisis pour leur haute rinçabilité et leur capacité à éliminer le chlore et le sel.
Vos conseils
-#gt; L’eau seule ne suffit pas à nettoyer : elle n’enlève que les saletés hydrosolubles. Un produit nettoyant adapté est indispensable même pour celles qui ne se maquillent pas.
-#gt; Appliquer toujours le produit sur une peau humide après l’avoir bien émulsionné.
-#gt; Rincer abondamment (même le bain moussant) afin d’éliminer les impuretés et de ne laisser aucune trace de tensioactifs sur la peau, sources d’irritations.
-#gt; Sécher soigneusement la peau après la toilette de manière à éviter l’évaporation de l’eau, cause de déshydratation.
-#gt; Atténuer le dessèchement lié à l’eau calcaire en utilisant une huile ou des sels de bain.
-#gt; Adapter la température de l’eau à l’effet recherché : froide ou fraîche pour une action stimulante et tonifiante ; tiède pour un action relaxante ; chaude pour un effet décontractant.
-#gt; Dans le cadre d’un bain à visée traitante, recommander de se doucher avant pour profiter au maximum des effets des actifs (relaxants, adoucissants ou tonifiants).
POUR APPROFONDIR : Le principe d’un soin lavant
La qualité première d’un agent nettoyant est sa détergence (capacité à enlever les souillures). Elle s’effectue en deux temps : le mouillage de la surface et la mise en suspension des particules à éliminer.
– Le syndet est constitué de tensioactifs de synthèse, c’est-à-dire des molécules amphiphiles (à la fois hydrophiles et lipophiles) capables de former des micelles (agrégat de molécules identiques présentant une extrémité hydrophile et une autre hydrophobe).
– Le savon est un sel d’acide gras résultant de l’action d’une base (soude ou potasse) sur une graisse animale (suif) ou végétale (huile d’olive, de palme…). Il se comporte donc lui aussi comme un tensioactif. Il en résulte deux caractéristiques : la propriété de s’orienter aux interfaces et de faire chuter la tension interfaciale (entre l’eau et la surface solide ou un liquide hydrophobe), et celle de solubiliser aussi bien les corps gras que les corps aqueux par formation de micelles.
Les savons (et certains syndets) ont aussi une action bactéricide résultant de la solubilisation de la membrane des bactéries sous l’action de ces micelles. Ces deux actions (détergente et bactéricide) sont spontanées : la seule mise en contact de la solution avec les milieux provoque l’action.
– Les laits ou lotions ne sont ni détergents ni bactéricides mais ont un pouvoir solubilisant grâce aux huiles et tensioactifs qu’ils contiennent. Cette action, contrairement à celle du savon, n’est pas spontanée : c’est l’action mécanique de frotter avec un coton qui va permettre la mise en suspension des produits à éliminer. Selon sa catégorie (anionique, cationique, amphotère…) et sa concentration, le tensioactif va être utilisé comme mouillant, émulsionnant, nettoyant ou moussant.
EN PRATIQUE : POUR LA PEAU SENSIBLE
AU COMPTOIR : « Je ne supporte même plus le lait de toilette ! »
« Ma peau est irritée, elle picote quand j’applique mon lait de toilette : il est pourtant hypoallergénique ! »
Votre réponse
« Votre peau est particulièrement sensible et réactive en ce moment. Il faut absolument stopper l’application de votre lait. Je vous conseille d’utiliser une eau micellaire adaptée aux peaux réactives : elle va non seulement nettoyer mais aussi diminuer les sensations de picotements et d’échauffements. »
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à se plaindre d’une peau réactive, et les peaux claires et très claires, montrent une plus grande sensibilité à ce phénomène. L’atteinte est habituellement localisée au niveau du visage mais peut atteindre le cuir chevelu (souvent associé à des pellicules) ou d’autres zones du corps.
Une peau sensible négligée peut évoluer vers l’érythrose, la couperose voire la rosacée. Il faut donc supprimer tout ce qui peut irriter la peau et, pour commencer, utiliser des produits lavants particulièrement doux et apaisants, voire, pour les cas extrêmes, sans parfum ni conservateur. L’objectif est d’abaisser le seuil de réactivité de la peau et de reconstituer le film hydrolipidique déficient.
Les facteurs favorisants
Le plus souvent, les modifications cutanées observées sur les peaux sensibles sont transitoires. Elles sont secondaires à des facteurs externes variés.
– L’environnement : vent, froid, soleil, variations de température, climatisation, pollution…
– L’hygiène de vie : surmenage, alcool, tabac, plats épicés…
– L’utilisation de cosmétiques inadaptés ou l’application de certains médicaments (antiacnéiques par exemple).
– Des soins trop agressifs : peelings, dermabrasion…
– Les conditions de travail : utilisation de détergents, solvants, contacts répétés avec l’eau…
L’hygiène du visage
-#gt; L’utilisation de savons, d’autres détergents agressifs ou de lotions alcoolisées est déconseillée. De même, il faut éviter de rincer le visage à l’eau du robinet : une eau très calcaire et/ou fortement chlorée aggraverait les irritations.
-#gt; Le choix du produit va donc se porter, selon les préférences :
– sur un lait et une lotion adaptés à ce type de peau ou à rincer à l’aide d’une eau thermale ;
– sur une émulsion ou un fluide sans rinçage ;
– sur une eau micellaire.
Lorsque la peau est particulièrement sensible, différents produits doivent parfois être testés. Lorsque plus aucun nettoyant n’est supporté, on peut essayer une eau micellaire ou un syndet spécifique pour peaux sensibles ou irritées. S’il s’agit d’une irritation due au calcaire de l’eau, se rabattre sur une émulsion, un fluide sans rinçage ou une eau micellaire.
– Les actifs
Ce sont des agents anti-inflammatoires, apaisants et anti-irritants (bisabolol, avoine, allantoïne, calendula, Centella asiatica, énoxolone, phytophénol, vitamine B5, xanthine, glycocolle…), associés à des tensioactifs très doux. Les nettoyants spécifiques antirougeurs contiennent des actifs astringents et veinotoniques (Ruscus, hamamélis, mélilot, flavonoïdes…).
– Votre conseil
-#gt; Appliquer la lotion ou l’eau micellaire à l’aide d’un coton et recommencer jusqu’à ce qu’il soit propre.
-#gt; Finir la toilette avec une pulvérisation d’eau thermale apaisante et décongestionnante (Avène, La Roche-Posay, Uriage…) ou par un soin spécifique antirougeurs (spray Rosakalm…). A renouveler dans la journée si nécessaire.
-#gt; Sécher la lotion, l’eau thermale ou l’eau micellaire par tamponnements, sans frotter.
-#gt; Ne pas faire de gommage en période de crise et les limiter dans tous les cas à un par mois.
-#gt; Effectuer toujours des gestes doux pour ne pas irriter ou sensibiliser davantage la peau.
L’hygiène du corps
-#gt; Choisir un syndet ou un gel nettoyant sans savon adapté aux peaux sensibles et irritées. Le produit doit être le plus neutre possible et il faut en particulier se méfier des parfums, de certains extraits végétaux et de tous les produits contenant des huiles essentielles. Les bains moussants, les sels de bains peuvent être irritants. Rappeler qu’il faut rincer soigneusement le produit.
-#gt; Eviter les bains chauds qui favorisent rougeurs et prurit ou les douches à trop forte pression.
POUR APPROFONDIR : L’AVIS DU SPÉCIALISTE
« L’eau micellaire constitue un progrès galénique »
Comment agit une eau micellaire ?
L’eau micellaire est constituée de tensioactifs très doux (des esters d’acides gras) qui, à une certaine concentration, s’organisent en micelles capables d’éliminer les salissures hydrophiles ou lipophiles. Comme pour un lait démaquillant, plusieurs passages sont nécessaires pour que la peau soit parfaitement propre.
A qui s’adresse-t-elle ?
Au départ, aux peaux sensibles, avec l’idée d’une galénique simple, proche de l’eau. Le fait de pouvoir emprisonner à l’intérieur de la micelle différentes substances hydrophobes permet de cibler tous les types de peau avec des actifs spécifiques. Seules les peaux sèches peuvent la trouver inconfortable : elle a un effet asséchant plus important qu’un lait. Pour ces dernières, une gelée micellaire qui contient des épaississants peut être une alternative à un lait ou à l’eau micellaire. La gelée procure aussi un effet de fraîcheur recherché par certaines peaux sensibles et irritées.
Sont-elles avant tout un phénomène de mode ?
Bien sûr, le choix d’une eau micellaire est une question de goût. Elle constitue un progrès galénique qui a séduit aussi bien les consommatrices que de nombreux médecins. Leur rapidité et simplicité d’utilisation est un plus. Une eau micellaire est une lotion monophasique : pas besoin de mélanger deux phases pour remettre des actifs en suspension.
EN PRATIQUE : POUR LA PEAU SÈCHE
AU COMPTOIR : « Ma peau tiraille après la douche »
« J’ai la peau très sèche. Qu’il s’agisse du visage ou du corps, elle tiraille après l’avoir lavée ! »
Votre réponse
« Une peau sèche nécessite des produits d’hygiène adaptés. Pour le visage, évitez l’eau : utilisez un lait et une lotion ou, mieux, un lait sans rinçage. Pour la douche, adoptez un gel-crème sans savon. »
L’objectif est de nettoyer en douceur en apportant des actifs relipidants et hydratants. Ils vont compenser la déficience de film hydrolipidique cutané et améliorer le confort cutané.
Cibler la cause
La sécheresse peut être constitutionnelle (peau génétiquement sèche), liée à une dermatose (atopie…), à des facteurs hormonaux (ménopause…) ou occasionnelle (soleil, produits agressifs, certains traitements). Déterminez-le grâce à quelques questions : « Depuis combien de temps votre peau est-elle sèche ? », « La sécheresse touche-t-elle le corps et le visage ? », « Avez-vous été exposé à des conditions climatiques difficiles ? », « Prenez-vous un traitement tel un antiacnéique, un diurétique ? »…
Le dialogue pourra aussi révéler une pathologie à l’origine de la sécheresse cutanée : diabète, hypothyroïdie, dermatite atopique…
L’hygiène du visage
-#gt; Les produits sans rinçage conviennent très bien à ce type de peau. Ils évitent l’effet desséchant de l’eau voire d’une lotion. Ils nécessitent en revanche plusieurs applications.
-#gt; Le lait ou la crème démaquillante, dont la texture apporte plus de confort aux peaux sèches, sont à rincer à l’aide d’une lotion adaptée ou d’une eau thermale.
-#gt; Une eau micellaire est plutôt à conseiller en été (elle sera moins asséchante).
-#gt; L’eau calcaire et/ou chlorée est à éviter. Pour celles qui ne peuvent s’en passer, conseiller un syndet surgras.
– Les actifs
Ce sont des agents relipidants et hydratants (céramides, squalanes, acides gras, phospholipides, stérols, triglycérides, huiles végétales, insaponifiables…).
L’hygiène du corps
-#gt; Choisir un savon surgras ou, mieux, un syndet surgras et éviter les savons alcalins et les bains moussants.
-#gt; Recommander une huile de bain pour les peaux particulièrement sèches.
-#gt; Les crèmes de douche (Ictyane crème lavante, Elancyl crème de douche, Crèmes lavantes Rogé Cavaillès, Roger #amp; Gallet, Laino…) ou les produits dits « 2 en 1 » sont bien adaptés aux peaux sèches car enrichis en agents surgraissants. Il faut cependant préciser qu’ils ne remplacent pas l’application d’un véritable soin hydratant.
Votre conseil
-#gt; Un gommage peut être réalisé deux fois par mois pour le visage, un peu plus souvent pour le corps.
-#gt; Eviter les agressions mécaniques (frottements) et les bains trop chauds.
-#gt; Eviter toute lotion à base d’alcool sur le visage.
POUR APPROFONDIR : La dermatite atopique
La dermatite atopique est une dermatose chronique prurigineuse et inflammatoire évoluant par poussées. Elle se manifeste par des lésions sèches et érythémateuses qui vont s’épaissir progressivement. La xérose, importante, est la première cause de prurit. Le grattage entraîne un épaississement de la peau (lichénification) et favorise le risque de surinfection.
Chez le nourrisson, les poussées sont favorisées par la transpiration et l’occlusion. Après amélioration, vers 2 ans voire 4 à 7 ans, l’enfant garde souvent une sécheresse cutanée. Chez l’adulte, la dermatite atopique est rare. Lorsqu’elle persiste ou récidive, elle se présente sous la forme de lésions sèches lichénifiées au niveau des mains et des paupières, avec prurit et xérose intenses.
– Conseils pour l’hygiène corporelle
-#gt; Recommander des bains ou douches tièdes (pour ne pas aggraver le prurit) et de courte durée (10 minutes), voire un jour sur deux.
-#gt; Eviter les bains en piscine (aggravation par les produits désinfectants), les savons détergents, les bains moussants.
-#gt; Durant les poussées, conseiller un surgras sans savon ou un produit de toilette contenant un antiseptique (sels de cuivre ou de zinc comme dans Dermalibour, Cu-Zn d’Uriage, Evozema…), voire une huile de bain.
EN PRATIQUE : POUR LA PEAU GRASSE
AU COMPTOIR : « Ma fille commence à avoir des points noirs »
« Ma fille de 11 ans commence à avoir des points noirs et sa peau devient luisante. Doit-elle consulter un dermatologue ? »
Votre réponse
« Vous pouvez bien sûr consulter un dermatologue, mais pour une peau à tendance grasse, ou pour une acné débutante comme c’est le cas de votre fille, une bonne hygiène avec des produits destinés aux peaux grasses à tendance acnéique peut être suffisant dans un premier temps.
Selon ses préférences, elle peut opter pour un gel moussant ou une eau micellaire, rapides d’utilisation.
Elle peut aussi commencer à utiliser une crème matifiante.
Le plus important est de nettoyer correctement la peau du visage matin et soir. »
La sécrétion sébacée est variable d’un individu à l’autre. Elle augmente à l’adolescence avec la puberté. On parle alors de « peau jeune à problèmes » ou de « peau grasse à tendance acnéique ».
Elle peut aussi être provoquée par le stress, la pollution, des cosmétiques inadaptés… L’objectif est de nettoyer efficacement sans agresser ni délipider de manière excessive : cela entraînerait une réaction exagérée des glandes sébacées et aggraverait l’hyperséborrhée.
L’hygiène du visage
Les produits destinés aux peaux grasses doivent être doux et non comédogènes. Il est préférable d’utiliser des produits qui se rincent.
-#gt; Syndet nettoyant.
-#gt; Crème nettoyante ou mousse démaquillante (Eau Précieuse, Boréade, Bactopur…) : ces deux formes dessèchent moins la peau qu’un gel nettoyant classique.
-#gt; Eventuellement un lait fluide à rincer à l’eau ou à l’aide d’une lotion adaptée, aux propriétés astringentes.
– Les actifs
Ce sont des séborégulateurs (sels de zinc…), des antiseptiques et antifongiques (triclosan, chlorhexidine, hexamidine, bardane, pyrithione zinc, capryloylglycine, climbazole, piroctone olamine, acide undécylénique…), des kératolytiques (acide salicylique, alphahydroxyacides…), des agents astringents (pensée sauvage, hamamélis…), des anti-inflammatoires et adoucissants (acide glycyrrhétique, bisabolol, allantoïne, calendula, ortie…).
L’hygiène du corps
Utiliser pour les régions du corps concernées (épaules, dos, torse) les mêmes produits à rincer que pour l’hygiène du visage : gel, syndet ou crèmes moussantes.
On peut également conseiller des produits légèrement antiseptiques de temps en temps car les peaux grasses développent une flore saprophyte abondante.
Votre conseil
-#gt; Nettoyer la peau matin et soir pour la débarrasser en douceur du sébum, de la sueur et des salissures en insistant sur les zones à imperfections.
-#gt; Pour le visage, recommander un soin exfoliant et désincrustant une à deux fois par semaine, sauf si la peau est irritée. Un masque purifiant peut être appliqué une fois par semaine.
-#gt; Pour le corps, une peau grasse peut se permettre un gommage deux à trois fois par semaine (sauf en cas d’irritations).
-#gt; Si la peau est fragilisée, conseiller durant quelques temps un produit de toilette pour peau sensible.
-#gt; Pas de toilette trop fréquente sous prétexte de vouloir purifier la peau en éliminant l’excès de sébum : l’inverse se produirait.
-#gt; Ne pas utiliser de produits trop délipidants et irritants : savons, produits trop forts en alcool, produits contenant de trop fortes concentrations d’antiseptiques…
-#gt; Pour les patients sous isotrétinoïne, conseiller un gel nettoyant surgras au cold-cream qui compense le dessèchement sévère de la peau durant toute la durée du traitement.
-#gt; En cas d’acné, rappeler l’importance de la régularité d’utilisation des produits.
POUR APPROFONDIR : Les peaux masculines sont plus grasses
Du fait de l’imprégnation hormonale par les androgènes, les peaux masculines sécrètent plus de sébum et sont donc plus grasses que les peaux féminines.
Les lésions acnéiques y sont généralement plus nombreuses et plus sévères.
La teneur en collagène et en élastine au niveau du derme est également plus importante, rendant la peau plus épaisse, plus élastique et plus ferme. Le vieillissement d’une peau masculine correspond à celui d’une peau grasse : les rides sont d’apparition plus tardive mais plus profondes.
Avec l’âge et les agressions diverses auxquelles la peau est quotidiennement soumise (rasage, savonnage, hygiène de vie…), les hommes peuvent présenter une déshydratation et un dessèchement parfois importants accompagnés d’irritations, de rougeurs, de couperose…
– Votre conseil
-#gt; Les produits lavants doivent respecter ces particularités en privilégiant rapidité et simplicité d’utilisation : savon surgras, syndet solide ou liquide, éventuellement crème ou mousse lavante. Un savon surgras peut convenir, sauf si la peau est irritée.
-#gt; Avant le rasage, il est nécessaire d’éliminer les impuretés et d’humidifier le poil.
-#gt; Expliquez qu’un gommage une à deux fois par semaine favorise une coupe plus fine du poil et évite les poils incarnés à l’origine d’inflammation voire d’infection.
-#gt; Pour le corps et les cheveux, les gels douche 2 en 1 sont à conseiller aux hommes pressés et sans problème cutané ou capillaire particulier.
EN PRATIQUE : POUR LA PEAU DU BÉBÉ ET DU JEUNE ENFANT
AU COMPTOIR : « Le gel pour le corps convient-il pour laver les cheveux de mon bébé ? »
« Mon bébé n’a pas beaucoup de cheveux et ils sont très fins. Faut-il quand même utiliser un shampooing ? »
Votre réponse
« Tant que les cheveux de votre bébé sont fins et peu nombreux, vous pouvez les laver avec le gel nettoyant pour le corps. Faites-le tous les jours durant les premiers mois car la sécrétion de sébum est importante. »
L’objectif est de nettoyer en préservant la barrière cutanée et en renforçant le film hydrolipidique déficient.
Le visage
-#gt; L’utilisation d’un lait de toilette avec ou sans rinçage ou d’un fluide nettoyant est très pratique car elle permet des gestes d’une grande douceur. Chez certains bébés à la peau très sensible, les laits sans rinçage peuvent entraîner des irritations : conseiller alors le rinçage à l’aide d’une eau thermale ou utiliser une eau micellaire.
-#gt; Les produits nettoyants destinés aux peaux sensibles et intolérantes conviennent généralement aux peaux des bébés.
-#gt; Les lingettes sont à réserver pour le change ou occasionnellement pour le visage et les mains. Elles sont composées de cellulose non tissée imbibée d’une émulsion nettoyante très fluide. Certaines peaux de bébé ne les supportent pas (en raison de la présence de conservateurs) et les lingettes sont à déconseiller en cas de dermatite atopique.
Le bain
-#gt; Il doit être donné chaque jour. Le bébé est lavé de préférence à l’aide d’un syndet surgras liquide car plus hygiénique. Une huile nettoyante est utilisée en cas de sécheresse importante (peaux atopiques). Le bain moussant est à réserver – ponctuellement – aux plus grands : son pouvoir détergent étant plus important qu’un syndet, choisir toujours un produit spécifique pour la peau de bébé (les tensioactifs sont plus doux).
-#gt; Le shampooing doit être réalisé chaque jour au cours du bain jusqu’à trois à quatre mois, période durant laquelle la sécrétion de sébum est importante. Puis, vers un an, les cheveux étant plus secs, deux à trois shampooings par semaine suffisent. On peut utiliser au choix un shampooing spécifique bébé qui a l’avantage de ne pas piquer les yeux ou un produit corps et cheveux « 2 en 1 ». Chez les bébés qui ont peu ou pas de cheveux, l’utilisation d’un shampooing spécifique est superflu : le syndet suffit.
Votre conseil
-#gt; Le rinçage des produits doit être particulièrement soigneux.
-#gt; Pour éviter tout risque de dessèchement ou gerçure, fréquents en hiver, rappeler qu’il faut sécher (même après passage d’une lingette) par tamponnement sans oublier les petits plis cutanés.
-#gt; Eviter les éponges et gants de toilette ou les nettoyer et les changer souvent.
-#gt; La durée des bains est courte au début, puis augmentée progressivement selon l’âge et le goût de l’enfant.
-#gt; Ne pas utiliser de savons alcalins ni d’antiseptiques, sauf recommandation médicale (mycoses, dermites du siège…). Lorsqu’un problème infectieux de ce type se pose ou lors des épidémies de gastroentérites, recommander aux personnes qui s’occupent du bébé un lavage fréquent des mains, éventuellement avec un gel antibactérien utilisable sans eau (Assanis, Baccide…).
POUR APPROFONDIR : Toilette et soins en cas d’érythème fessier
L’érythème fessier touche plus d’un nourrisson sur deux. Il s’agit d’une irritation de la peau due aux frottements de la couche ou à la macération de l’urine et des selles. Aussi bien pour prévenir que pour traiter l’érythème fessier, les fesses doivent rester propres et sèches, quitte à les laisser à l’air autant que possible. Changer les couches fréquemment (toutes les deux heures) voire utiliser des couches en coton. Lors du change, laver les fesses et les cuisses avec un produit doux sans rinçage ou un nettoyant surgras (à rincer à l’eau tiède ou avec un spray d’eau thermale). Sécher soigneusement par tamponnement. Eviter laits de toilette et lingettes. Appliquer ensuite une crème protectrice, couvrante, non occlusive, hydratante et apaisante.
EN PRATIQUE : POUR L’HYGIÈNE INTIME
AU COMPTOIR : « Quel savon utiliser au quotidien ? »
« Le médecin m’a recommandé Saforelle au cours d’une mycose génitale. Est-ce que je peux l’utiliser tous les jours ? »
Votre réponse
« Saforelle est un savon dont le pH est adapté au cours d’une infection mycosique. Il peut être poursuivi quelque temps pour éviter les récidives. Mais, une fois le problème stabilisé, je vous conseille de choisir un produit plus proche du pH vaginal car il respecte la flore naturelle et donc évite tout déséquilibre à l’origine d’infections. »
La flore commensale vaginale comporte essentiellement des germes saprophytes qui constituent la flore de Döderlein. Ces lactobacilles maintiennent un pH acide compris entre 3,5 et 4,5 qui limite le développement des germes pathogènes. Les produits lavants pour hygiène intime doivent donc respecter cette physiologie et être adaptés à une toilette quotidienne.
Quel produit choisir ?
-#gt; En l’absence de tout problème infectieux, il est possible d’utiliser un syndet corporel dont le pH acide se rapproche de celui de la muqueuse génitale. Les formes mousse ont l’avantage d’être moins irritantes qu’un nettoyant en gel.
-#gt; Les produits spécifiques pour l’hygiène intime, qu’ils soient à pH acide ou alcalin, contiennent des actifs visant à réduire les irritations ou à hydrater la muqueuse vaginale. Ils sont donc intéressants en cas de petits désagréments ou d’irritations.
Votre conseil
-#gt; Choisir un produit adapté au pH physiologique. Après une infection, conseiller durant quelque temps un produit d’hygiène intime, à alterner ensuite avec un gel doux nettoyant corporel (syndet).
-#gt; Attention à l’utilisation excessive de déodorants intimes, susceptibles d’irriter les muqueuses ! Préférer en cas de voyage ou d’inconfort les lingettes intimes (Femilyane, Lactacyd, Preven’s, Rogé Cavaillès…).
-#gt; Privilégier les produits liquides, plus hygiéniques. Les pains doivent être réservés à l’usage personnel.
-#gt; Rappeler qu’une toilette intime est une toilette externe. Des douches vaginales trop fréquentes, une hygiène trop obsessionnelle déséquilibrent la flore vaginale avec pour conséquence une irritation locale et un risque accru de sécheresse vaginale et d’infections bactériennes ou fongiques. Les savons antiseptiques (Solubacter ou Septivon…) ne doivent être utilisés que pendant de courtes durées.
-#gt; En cas d’utilisation de spermicide, une toilette au savon classique est contre-indiquée dans les six heures qui précèdent et qui suivent le rapport. Conseiller une toilette à l’eau ou avec un pain au chlorure de benzalkonium (Pharmatex).
-#gt; Ne réaliser aucune toilette intime, ni douche vaginale durant les heures qui précèdent un prélèvement vaginal pour ne pas fausser les résultats.
POUR APPROFONDIR : Les actifs des produits pour hygiène intime
La base lavante est constituée de tensioactifs doux. L’acide lactique ou le lactosérum sont utilisés comme acidifiants dans les produits à pH acide. Les actifs employés sont divers.
– Des agents assainissants : la sauge (Ligne bleue) et le thym (Ligne verte) dans Saugella, le nymphéa blanc pour Hydralin Apaisa, le Melaleuca pour Myleuca, la bardane pour Saforelle…
– Des agents hydratants : l’extrait d’olivier dans le Gel Surgras Toilette Intime Spécial Sécheresse de Rogé Cavaillès, la glycérine dans Derm’Intim…
– Des agents apaisants et anti-inflammatoires : le calendula, la mauve et le tilleul dans Alkagin, l’extrait d’avoine dans la Mousse Apaisante Intime Rogé Cavaillès, la camomille dans la Ligne Rose de Saugella, le tilleul dans Lactacyd Mousse, l’avoine et le glycocolle dans Derm’Intim…
Gyn Hydralin a pour actif le glycocolle (antiprurigineux). Il a un statut de médicament (indication : traitement symptomatique des prurits génitaux au cours d’infections mycosiques).
COMMUNIQUEZ ! LES PRODUITS LAVANTS
RÉALISEZ VOTRE VITRINE : Un produit lavant, ça ne se choisit pas à la légère!
Le concept
#gt; L’événement : la toilette
#gt; Le message : tous les produits ne conviennent pas à tous les types de peaux
#gt; Les produits : références lavantes pour peaux sèches, acnéiques, sensibles, mixtes à grasses et réactives
#gt; La couleur : blanc et bleu
Les slogans
#gt; « Soins lavants, laissez-vous tenter par le sur mesure »
#gt; « Soins lavants, le sur mesure enfin abordable »
#gt; « Des produits lavants sur mesure »
Les fournitures
– Cinq boules transparentes
– Caillebotis
– Serviettes éponge blanches
– Panneau de polystyrène extrudé
– Chute de toile cirée bleue
– Carton plume
– Lettres adhésives ou peinture en bombe noire
Plan de la vitrine
En fond, un panneau de 2,5 m de hauteur environ et cinq boules transparentes exposant les produits à suspendre au plafond. Au sol, une toile cirée ou en papier. Un caillebotis supporte d’épaisses serviettes éponge blanches sur lesquelles sont présentés quelques produits.
Disposition des produits
Choisir des boules transparentes d’un diamètre suffisant pour que les conditionnements puissent être présentés. Accrocher l’ensemble aux grilles du plafond à l’aide de fil et de crochets suffisamment solides.
Réalisation du panneau pour le slogan
Utilisez deux chutes de polystyrène extrudé de même taille ou du carton-plume pour constituer un panneau à deux pans. Le slogan, le choix des références et les prix sont à inscrire de préférence à l’aide de lettres adhésives ou d’un alphabet pochoir.
DES CONSEILS POUR VOTRE RAYON : Disposer les produits selon la cible
Les produits lavants gagnent à être exposés dans différents secteurs en fonction des personnes concernées (femmes, bébés, adolescents…).
Topologie et exposition
Les produits d’hygiène du corps et du visage suscitent des attentes très différentes.
Si vous avez suffisamment de place, optez pour un rayon « Hygiène » dans lequel sont exposés les produits lavants pour le corps, les produits lavants pour le visage et les shampooings. Il suffit de présenter un assortiment « court », c’est-à-dire deux gammes dont l’une est spécifique des peaux fragiles et atopiques,
l’autre s’adressant à toute la famille et permettant de mettre en avant les grands conditionnements, plus économiques. Quant aux nombreuses autres gammes de soins lavants, elles doivent être présentées, non pas dans ce rayon « Hygiène », mais dans les univers dédiés aux différents types de clientèles : bébés, femmes, hommes, adolescents…
Si la surface de l’officine est restreinte, mieux vaut d’emblée privilégier la répartition des produits lavants dans chaque rayon concerné.
Une dernière alternative est de présenter l’offre sur une gondole, surtout si les prix pratiqués sont attractifs.
Un pont entre chaque univers
Les soins lavants pour peau sèche et/ou fragiles peuvent constituer un lien entre le monde de l’enfant et celui de la femme. Dans cet univers, les produits « visage et corps » sont regroupés au sein du même meuble que ceux destinés à l’hygiène intime (en bas d’étagères). Comme ce dernier peut également être rapproché des préservatifs, la jonction est toute trouvée avec le coin « adolescents », « peaux acnéiques », puis le rayon « homme ».
L’argument clé des références doit être mis en avant sur les stop-rayons : « peau atopique », « peau réactive ».
Information et promotion : en association
Vos clients ne connaissent pas toujours leur propre type de peau. Sachez leur donner la bonne information pour les aider à choisir. Proposez-leur une animation reposant sur la base d’un diagnostic de peau, sans obligation d’achat. A cette occasion, remettez une fiche de conseils établie en fonction des différentes particularités cutanées. On pourra y lire les conseils d’hygiène et des indications sur les grands types de produits à privilégier. En amont, réfléchissez à une politique d’échantillons que vous remettriez avec la fiche conseil.
En parallèle, l’espace « Promotions » doit mettre l’accent sur trois ou quatre offres à prix étudié, soit une par grand type de peaux et un produit familial. Dans cet espace, comme dans l’ensemble des rayons, pensez à indiquer très clairement les prix de façon à ce que les clients puissent disposer de l’information sans avoir besoin de prendre dans les mains le produit lavant, souvent lourd et encombrant.
LES MOTS POUR CONVAINCRE : Se mettre dans la peau de l’utilisateur
Tout le monde fait attention à son coeur. Pas forcément à sa peau. Pourtant, certains produits de nettoyage qui pullulent en grandes et moyennes surfaces décapent. Mais pas dans le bon sens du terme. En officine, la difficulté de concilier les attentes des clients et des prescripteurs s’ajoute à la multitude de références disponibles.
Les attentes inexprimées
« Que vous a conseillé votre médecin pour votre hygiène de peau ? » L’ordonnance doit être un déclic pour poser les questions ouvertes. Cette entrée en matière permet de jauger le niveau d’information dont dispose déjà la personne avant d’aller plus loin. La question ouverte est à préférer à celle du type « Est-ce que le médecin vous a conseillé un soin ? »
Chaque situation peut être saisie au vol pour répondre aux attentes inexprimées. Avec l’âge, la peau devient sèche. Raison de plus pour oser le conseil associé à une femme sous traitement hormonal substitutif de la ménopause. Et les sportifs ? Qui a le réflexe de se dire que cette clientèle prend forcément plus de douches que la moyenne et sera réceptive à un conseil approprié ? Même chose pour les hommes, de plus en plus séduits par la dermocosmétique.
Tous les mêmes ?
« Oui, bon, allez, ne me faites pas rire, ce n’est jamais qu’un produit pour se laver. Et, entre nous, ce sont tous les mêmes ! » Contrecarrer cette objection n’est possible que si l’on sait exposer les avantages en prise directe avec les attentes du client : « C’est parfumé [ou ça ne l’est pas] », « C’est facile à glisser dans un sac de sport », « La présentation en flacon-pompe est pratique », « Voici un modèle familial économique », « La formule respecte le pH cutané ». Saisissez chaque occasion de combattre la légende « C’est bon pour bébé, c’est bon pour maman ». Evitez systématiquement les termes compliqués comme « syndet ». Parlez plutôt de « soin adapté spécifique ».
Enfin, l’échantillonnage est un geste d’accompagnement important qui fait plaisir. Certaines personnes sont comme ça : elles ont besoin d’essayer, d’analyser la proposition avant de l’adopter. Ce n’est que partie remise.
En collaboration avec Christine Caminade, pharmacienne et formatrice, responsable de l’organisme de formation Christine Caminade Conseil.
DOCUMENTEZ-VOUS
LIVRES
Introduction à la dermopharmacie et à la cosmétologie
Marie-Claude Martini, éditions Tec #amp; Doc
Ce livre fait la part belle aux formes galéniques, matières premières et systèmes véhiculaires des produits cosmétiques. Les typologies cutanées sont décrites ainsi que de nombreuses dermatoses (impétigo, teignes, verrues, aphtes, engelures, mycoses…), avec les conseils associés pour chaque cas. L’hygiène du nourrisson, les produits solaires, les shampooings, les dentifrices, les produits pour les ongles, les amincissants ne sont pas oubliés. Un chapitre consacré à la phytocosmétique détaille la composition des principales plantes utilisées et leurs applications.
Conseil en cosmétologie
Marie-Noëlle Estrade, éditions Pro-Officina
L’ouvrage est adapté au conseil à l’officine. Les différents produits d’hygiène et de soins du visage et du corps sont passés en revue. Chaque type de peau est analysé (y compris la peau sénescente et la peau du bébé) pour orienter le choix et le conseil. Les actifs et leurs propriétés sont cités. Les soins spécifiques (hygiène intime, contour de l’oeil, hygiène capillaire…), un chapitre sur la photoprotection et le maquillage complètent le propos.
INTERNET
Operasavon
Pour tout connaître sur le savon, sa composition, son mode d’action et… savoir d’où vient la mousse !
Dermaptene
Réalisé par des médecins, ce site des allergies cutanées propose différents lexiques dans le domaine de la dermatologie et détaille la composition, le mode d’utilisation et les indications de différents produits nettoyants : savon, syndet, lait de toilette, lotion et bain moussant.
Les produits gommants
Le gommage consiste à éliminer la partie la plus superficielle de la couche cornée par frottement à l’aide de petites particules solides qui désincrustent les impuretés. Il active la microcirculation cutanée et favorise le renouvellement cellulaire. La peau, plus lisse et plus souple, est également plus réceptive aux actifs des produits de soins. Les peaux épaisses ou à tendance grasse sont celles qui en ont le plus besoin. Le gommage est en revanche déconseillé sur les peaux irritées ou sensibles ou en cas de rougeur. Il est aussi recommandé avant et après une épilation. Avant pour dégager le poil ou affiner la couche cornée. Après afin d’éviter que le poil ne repousse sous la peau.
-#gt; En pratique : effectuer de petits massages circulaires en insistant sur les zones calleuses du corps (coudes, genoux, talons) ou sur les zones plus épaisses du visage (front, nez, menton). Rincer abondamment.
Les nettoyants antibactériens
-#gt; Les antiseptiques (Septivon, Cytéal, Mercryl…) ne sont pas des nettoyants d’usage courant. Ces médicaments sont employés en cas d’infections bactériennes ou risques d’infections sur une peau altérée. Ils sont irritants car très détergents et peuvent causer lors d’utilisation excessive des démangeaisons ou des allergies.
-#gt; Les gels nettoyants ou pains dermatologiques Cu-Zn d’Uriage et Dermalibour Moussant d’A-Derma sont en revanche des gels nettoyants doux antibactériens respectant le film hydrolipidique et s’adressant aux peaux atopiques et aux peaux des bébés. Leur emploi est cependant à limiter aux traitements de dermites irritatives étendues telles que l’érythème fessier.
-#gt; Les savons déodorants (Septosan de Stiefel) contiennent des agents antibactériens (triclosan et trichlorocarbanilide) qui limitent la prolifération des bactéries responsables de la dégradation chimique de la sueur.
-#gt; Cette action antibactérienne se retrouve également dans les produits destinés à l’hygiène masculine (Nobacter) pour prévenir l’irritation liée au rasage, ainsi que dans les nettoyants destinés aux peaux acnéiques.
La peau sensible
-#gt; Une peau sensible présente une hyperréactivité qui se traduit par un abaissement du seuil de tolérance à des stimuli extérieurs habituellement bien tolérés. Cet état peut évoluer par crises de quelques jours à quelques mois. Il peut s’observer sur tous les types de peaux, même si les peaux fines et plutôt sèches sont plus particulièrement concernées. La peau a tendance à rougir facilement et à s’irriter, ce qui entraîne des sensations de tiraillements, picotements et brûlures. Même l’eau est parfois mal supportée. Les mécanismes d’action responsables de cette hyperréactivité sont mal connus. On évoque une altération de la fonction barrière de la peau, la rendant plus sensible aux agressions extérieures, ainsi que des perturbations de la microcirculation entraînant oedèmes et libération de médiateurs inflammatoires. Ces perturbations (dont la libération de radicaux libres) accélèrent le vieillissement cutané.
-#gt; Une peau irritée est une peau sensible qui relève d’un mécanisme non immunologique.
-#gt; Peut être considérée comme une peau allergique, une peau sensible mettant en jeu un mécanisme immunologique.
La peau sèche
Rêche et rugueuse au toucher, elle est inconfortable, avec des sensations de tiraillements. Elle manque à la fois de lipides et d’eau, d’où une perte de souplesse et d’élasticité. Le film hydrolipidique est déficient en sébum, rendant la peau fragile et irritable face aux agressions extérieures. Il existe une tendance aux squames, dartres et rougeurs et à l’apparition précoce de ridules fines et nombreuses. On retrouve également une irrigation vasculaire déficiente (sensation de peau froide) et une anomalie du processus de kératinisation : la peau est fine. La peau sèche se généralise avec l’âge. L’exacerbation de cette tendance conduit à des problèmes d’atopie cutanée : eczéma, ichtyose…
La peau mixte
Cette notion concerne uniquement le visage. C’est une peau qui présente simultanément des zones grasses au niveau de la ligne médiofaciale du visage (front, nez, menton) et des zones normales ou sèches sur les joues et les tempes. En fonction de la répartition des glandes sébacées et sudoripares, ces zones présentent une teneur en eau et en lipides variable. Ce type de peau est facilement irritable. Des produits doux, pour peaux normales/mixtes ou sensibles sont indiqués. Les formes mousse, crème lavante, lait et lotion adaptées sont à privilégier. Les gels moussants, en revanche, sont à éviter car ne convenant pas aux zones les plus sèches. Un gommage peut être utilisé une à deux fois par semaine sur les zones grasses, une fois tous les quinze jours sur les zones sèches. En cas de différence marquée entre les deux zones, l’utilisation de deux produits s’avère nécessaire.
La peau grasse
La peau grasse présente un aspect luisant et des pores dilatés. Elle est épaisse, résistante et inégale (grain irrégulier). En principe peu fragile et peu irritable, elle est aussi plus confortable, sauf si elle est l’objet de soins inadaptés ou agressifs (traitements antiacnéiques) : elle peut alors présenter des signes de dessèchement, de déshydratation ou d’irritations. Les rides, qui apparaissent plus tardivement que sur une peau sèche, sont moins nombreuses mais plus profondes, le relâchement cutané est également plus important.
La cause de la peau grasse est une hypersécrétion de sébum qui débute souvent à la puberté mais peut perdurer à l’âge adulte. Elle concerne le visage, le cuir chevelu mais aussi le haut du torse et le dos. Cette hyperséborrhée favorise la survenue de dermatoses : acné, dermite séborrhéique, calvitie, pellicules.
L’acné est une dermatose inflammatoire chronique du follicule pilosébacé, héréditaire, faisant intervenir une hyperséborrhée, une hyperkératinisation et une prolifération bactérienne à l’origine de l’inflammation.
La peau de bébé
La fragilité de la peau des bébés est due à plusieurs facteurs. La couche cornée, plus mince, est plus perméable. Les glandes sébacées, fonctionnelles durant plusieurs semaines après la naissance, cessent ensuite leur activité jusqu’à la puberté, d’où un film hydrolipidique déficient et une sécheresse cutanée plus ou moins importante. L’activité sudorale peu abondante et le système mélanocytaire immature rendent la peau sensible aux agressions extérieures et aux rayons solaires. Enfin, le pouvoir tampon de la peau fonctionne moins bien que chez l’adulte et ses fonctions immunitaires immatures la rendent plus sensible aux infections.
Adapter le pH en cas d’infections
Les infections sont favorisées par une mauvaise hygiène mais peuvent aussi être la conséquence d’une modification de la flore commensale pour des raisons hormonales (règles, grossesse, suite de couches, ménopause…) ou autres : la prise de médicaments (antibiotiques, corticoïdes…), certaines pathologies (diabète…), un excès d’hygiène, le stress, la fatigue… En cas d’infections vaginales ou urinaires bactériennes, conseiller un gel lavant à pH acide (Lactacyd Femina, Hydralin Apaisa, Femilyane, Ecogyn, Derm’Intim…). Les levures, en revanche, se multiplient en milieu acide : en cas de mycoses, il faut préférer un savon alcalin (Gyn-Hydralin, Saforelle, Myleuca, Mousse Apaisante Rogé Cavaillès, Saugella Rose, Alkagin…). Afin de limiter les récidives, éviter tout ce qui favorise la macération (pantalons trop serrés, dessous synthétiques, transpiration…) et laver les sous-vêtements à 70 °C.
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