GÉNÉRIQUES : Des prévisions au beau fixe
L’institut d’études Eurostaf a sorti sa calculette. Pour 2005, il prévoit un doublement en valeur et un triplement en volume du marché des génériques en France.
En 2005, les génériques devraient représenter entre 6 et 7 % du marché officinal en valeur, soit 1,240 milliard d’euros, ce qui équivaut à un doublement du marché. En volume, il devrait tripler pour représenter entre 590 et 600 millions d’unités. Des indications très précises… mais qui ne sont pas sorties d’un chapeau. « Il est très difficile de donner des chiffres quand on fait de la prospective, mais nous nous sommes basés sur les données du marché, explique Hélène Charbonnière, coauteur de l’étude. Les chiffres que nous citons sont un minimum. Il est vraisemblable qu’il y ait une telle progression d’ici deux-trois ans alors qu’entre 1999 et 2001, l’augmentation des ventes a été très forte. » Les génériques sont ainsi passés de 91,4 millions d’unités en volume en 1999 à 198 millions en 2001. Et le chiffre d’affaires des ventes a bondi de 1,462 MdF (222,743 MEuro(s)) en 1999 à 3,194 MdF (486,946 MEuro(s)) en 2001, selon les chiffres d’IMS Health cités par Eurostaf.
Les indicateurs sont au vert. Pour les auteurs de l’étude, l’année 2002 a constitué un vrai tournant. Elle a été marquée par l’arrivée sur le marché français d’Arrow Génériques, d’Ivax et de Teva ; par la signature d’un accord le 5 juin dernier avec les médecins pour qu’ils prescrivent 25 % de leurs ordonnances en DC, dont la moitié de génériques, même si, regrette Hélène Charbonnière, « il n’y a pas de sanction prévue contre eux en cas de non-respect ».
L’élargissement du champ du Répertoire des génériques devrait également contribuer à la croissance du marché. Des princeps à fort CA ont déjà pu être génériqués mais, entre 2002 et 2005, près de 10 % du marché officinal en valeur va également voir tomber ses brevets. Dans la liste, on compte au total 25 spécialités, dont Mopral, Zyrtec. A cela, il faut ajouter, depuis le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2003, l’élargissement de la notion de génériques aux molécules tombées dans le domaine public (paracétamol, aspirine par exemple).
Une croissance soutenue.
Si la forte montée des génériques reste pour Eurostaf l’évolution la plus crédible, l’institut d’études a également élaboré des scénarios pessimistes. « Les perspectives de croissance dépendent des stratégies de défense mises en place par les laboratoires de princeps, explicite Hélène Charbonnière, du caractère plus ou moins stratégique de leurs produits généricables. » Feront-ils la démarche de baisser leurs prix au niveau du tarif de référence quand celui-ci sera défini ? Une hypothèse jugée très peu vraisemblable car « cela implique pour les laboratoires d’engager des moyens pour défendre ces médicaments souvent anciens auprès des officinaux notamment, alors qu’ils ont des produits plus récents à promouvoir ».
Au contraire, les auteurs de l’étude, rédigée avant la seconde lecture de la loi, ont misé sur la mise en place de ce tarif de référence pour appuyer les génériques. En estimant qu’il ferait pression sur les assurés pour consommer du générique, « dans la mesure où la différence entre le prix du médicament et le tarif de remboursement reste à leur charge »… Le Parlement a finalement décidé que ce système ne s’appliquerait qu’à certains groupes génériques, ceux pour lesquels le taux de pénétration des génériques sera jugé insuffisant. « C’est une demi-mesure, mais cela ne révise pas mon jugement, précise Hélène Charbonnière. Je maintiens que la croissance sera très soutenue. »
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